Faut-il avoir encore des « Né vers  » en ce 21e siècle ?

Comme à chaque 31 décembre, des milliers de Burkinabè célèbrent leur anniversaire. Pas toujours parce qu’ils sont réellement nés à cette date, mais souvent parce que leur naissance n’a jamais été enregistrée à temps, et que dans l’état civil, le 31 décembre devient la « date par défaut » qu’on leur attribue ou qu’ils choisissent souvent eux-mêmes.

Pourquoi le 31 décembre ?

Au Burkina Faso, toute naissance doit être déclarée à l’officier de l’état civil dans les 2 mois suivant l’accouchement. Passé ce délai, il n’est possible d’inscrire l’enfant sur les registres que par un jugement supplétif, une démarche souvent longue, coûteuse ou même inconnue des familles. (Organisation des Nations Unies)

Dans la pratique, de nombreuses naissances ne sont pas déclarées à temps, surtout en milieu rural ou pour les familles qui n’ont pas un accès facile aux services d’état civil, ou par ignorance. Ce qui entraîne l’absence d’acte de naissance officiel.

Et parmi ceux qui le sont tardivement, il arrive que les officiers ou les familles optent pour une date symbolique, le 31 décembre, qui ferme l’année civile.

Ce choix n’est pas totalement arbitraire : il permet souvent à l’individu d’être inclus dans les statistiques officielles, d’obtenir une pièce d’identité et d’accéder aux droits fondamentaux (scolarisation, santé, sécurité sociale…). Sans date ou sans acte officiel, une personne court le risque d’être un citoyen invisible. (amade.org).

Pour certains, le 31 décembre est vraiment leur date de naissance. Pour d’autres, c’est plutôt la « date par défaut » adoptée par nécessité administrative.

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L’importance de l’état civil :

Avoir un acte de naissance est un droit fondamental. Il ouvre l’accès à l’éducation, aux soins, à la protection juridique et à la citoyenneté elle-même. (Source: UNICEF)

 La nécessité de simplifier l’enregistrement

Des initiatives innovantes, comme des plateformes numériques ou des systèmes mobiles d’enregistrement, commencent à faciliter le travail des services d’état civil, permettant d’enregistrer les naissances directement depuis les centres de santé. (Burkina24)

Une prise de conscience collective

Chaque 31 décembre, lorsqu’on entend « Joyeux anniversaire ! », ce n’est pas seulement une fête : c’est aussi un rappel du chemin à parcourir pour que chaque Burkinabè ait une identité pleinement reconnue.

À tous ceux qui fêtent aujourd’hui leur Anniversaire en ce jour, MoussoNews vous souhaite un très joyeux anniversaire.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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