Bobo-Dioulasso : une plainte pour escroquerie rejetée par le tribunal

En 2025, Dame Sara (nom d’emprunt) a porté plainte contre son amant, Alain (nom d’emprunt), pour escroquerie présumée portant sur une somme de 9 500 000 F CFA. Les faits se sont déroulés à Bobo-Dioulasso, où le prévenu, employé de commerce, réside.
Selon la plaignante, Alain lui aurait soutiré au total 11 800 000 F CFA en lui promettant un voyage d’affaires en Chine. Sara, gestionnaire d’une boutique familiale de vêtements et de chaussures pour femmes, cherchait à développer son activité grâce à un circuit d’approvisionnement extérieur. Connaissant Alain comme un commerçant voyageant régulièrement en Chine, elle l’a sollicité pour l’accompagner dans ce projet.
D’après le dossier, Alain aurait convaincu Sara de lui remettre de l’argent par tranches, sous prétexte de préparer son visa et le voyage. Il aurait également présenté ces fonds comme une dette à rembourser dans un délai de quatre mois. Finalement, le voyage n’a jamais eu lieu et la victime n’a récupéré que 2 300 000 F CFA, laissant un reliquat de 9 500 000 F CFA.
L’affaire a été examinée le 30 décembre 2025 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. À la barre, Sara a expliqué avoir fait confiance à son compagnon, affirmant que cette situation lui a valu d’être chassée du domicile familial.
De son côté, Alain reconnaît avoir reçu de l’argent, mais conteste toute manœuvre frauduleuse. Il soutient qu’il s’agissait d’un prêt et nie avoir promis un voyage en Chine. Aucun document écrit n’existait entre les deux parties.
Le ministère public a estimé que les faits constituaient une escroquerie et a requis 12 mois de prison avec sursis ainsi qu’une amende ferme de 500 000 F CFA. Les avocats de la défense ont plaidé l’absence d’infraction, soutenant la thèse d’une dette civile.
Le tribunal a finalement relaxé le prévenu pour infraction non constituée et déclaré irrecevable la demande de remboursement de la partie civile. Le juge a toutefois indiqué à la plaignante qu’elle pouvait engager une autre procédure pour tenter de récupérer son argent, l’affaire ne relevant pas, selon la juridiction, du pénal.
Source : Justice Infos Burkina
Repris par Aristophane ZEBANGO



