Kandaces : La cohorte 5 passe le flambeau 

La cohorte 5 du programme CoachMoi des Kandaces, porté par l’organisation AfrikaTomorrow, a officiellement achevé son parcours le jeudi 29 janvier 2026 à Ouagadougou. Durant 2 ans, une dizaine de jeunes femmes ont été formée afin de reprendre en main leur vie professionnelle et citoyenne.

Une dizaine de jeune fille de la cohorte 5 du programme CoachMoi des Kandaces a passé le flambeau. Pour Bintou Diallo, présidente de AfrikaTomorrow, cette sortie de promotion dépasse le cadre de formation. « Ce soir, le sentiment qui m’anime, c’est une grande fierté. J’ai vu des filles renaître », déclare t-elle.

A l’entendre, le nom Kandaces puise sa force dans l’histoire africaine, notamment celle du royaume de Kouch, où des femmes reines se sont battues pour l’indépendance de leur peuple. « Il y a une Kandace qui s’est battue contre l’armée italienne. Et c’est grâce à une femme que certaines régions n’ont pas été colonisées », rappelle Bintou Diallo, soulignant la portée symbolique du programme.

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Bintou Diallo, présidente de Afrika Tomorrow.

Une sortie de promotion marquée par l’actualité douloureuse

La cérémonie intervient quelques jours après le décès tragique de l’actrice Halima dont le cri de détresse n’a été entendu qu’après sa mort. « Quand elle était vivante, personne ne l’écoutait. On a préféré protéger la sacralité de la famille au détriment d’une fille qui appelait au secours », déplore la présidente de Afrika Tomorrow.

Pour elle, cette coïncidence douloureuse rappelle l’urgence et la pertinence du programme Kandaces. « Ça me rappelle à quel point ce que nous faisons est salvateur. Ces histoires, je les entends depuis 2014. Elles se répètent. Et souvent, les filles ne sont même pas écoutées »

Reconstruire pour ne pas reproduire

Initialement mixte, le programme s’est recentré exclusivement sur les filles, face à l’ampleur des traumatismes rencontrés. « Quelqu’un de détruit ne peut que reproduire la destruction autour de lui. Et pourtant, on dit que la femme est la mère de l’humanité. Quand on détruit les femmes, on détruit l’humanité à la racine », analyse Bintou Diallo.

En effet, le programme CoachMoi, pilier de Kandaces, mise sur le leadership, l’autonomisation et la reconstruction personnelle. « Ce que j’apprends aux filles, c’est de tomber 6 fois et de se relever 7 fois. D’accepter l’imperfection. Moi-même, je suis imparfaite et c’est parfaitement parfait », lance-t-elle en souriant.

Les impacts du programme de la cohorte 5 sont tangibles. « Nous avons vu une fille qui n’avait pas soutenu depuis cinq ans réussir après le programme », témoigne la présidente, évoquant des histoires de résilience qui se succèdent.

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A cet effet, Hamdiatou Ouédraogo, porte-parole de la cohorte, en est l’illustration vivante. « Le coaching a duré presque deux ans. Il m’a réveillée. J’ai vaincu mes peurs. Avant, je n’osais rien. Aujourd’hui, j’ose tout », affirme-t-elle avec assurance. Grâce au programme, elle a même pris la décision de quitter une association qui ne correspondait plus à ses ambitions. « Je reviens en force avec beaucoup de projets pour 2026 », annonce-t-elle.

Un message aux filles brisées

Marraine de la cohorte, Aminata Glez/Diallo a adressé un message aux bénéficiaires, mais aussi à toutes les jeunes filles en difficulté. « Soyez fortes, restez déterminées. Vous avez du potentiel. Vous avez de la valeur », martèle-t-elle. Elle insiste sur l’importance de la bienveillance et de l’écoute. « Le danger, c’est de se sentir seule. Il y a toujours quelque part une oreille attentive. Et quand il y a des difficultés, c’est souvent parce qu’il y a quelque chose de précieux en vous qui dérange », interpelle-t-elle. 

Au terme de la passation du flambeau, la cohorte 5 laisse derrière elle un message : La reconstruction est possible et le leadership féminin est une nécessité sociale. « Il y a des jours où je suis fatiguée, découragée. Mais des jours comme aujourd’hui me rappellent que je n’ai pas le droit de baisser les bras », conclut Bintou Diallo.

Annick HIEN/MoussoNews

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