Adjara Djenda : De vendeuse ambulante à entrepreneure prospère de la farine de maïs

Partie d’une simple opportunité, Adjara Djenda a su transformer une demande anodine en un commerce florissant. Depuis 8 ans, cette entrepreneure s’est imposée dans la vente de farine de maïs, qui se vends dans plusieurs localités du pays.
Rien ne prédestinait Adjara Djenda à devenir une entrepreneure pleinement implantée dans le farine de maïs à Ouagadougou. À ses débuts, elle sillonnait les rues en vendant des habits. Mais un jour, une connaissance lui confie un besoin urgent : lui trouver de la farine à revendre en petits sachets de 100, 200 ou 300 F CFA. Une demande simple, qui s’est transformée en opportunité onéreuse pour elle.
« À l’époque, le sac de maïs coûtait 12 000 FCFA. J’en ai acheté un, j’ai transformé la moitié pour elle. Elle voulait pour 10.000 f CFA et j’ai gardé le reste », raconte-t-elle. Après les différentes étapes de transformation, telles que le lavage, le mouillage, le broyage, le séchage et le tamisage, elle parvient à satisfaire la commande de 10 000 FCFA avec seulement un demi-sac.
3 jours plus tard, la cliente revient avec une 2e commande. Et c’est le déclic, Adjara comprend qu’elle tient là une véritable source de revenus. Elle décide alors de s’y consacrer pleinement.
Cela fait maintenant 8 ans, qu’elle exerce cette activité. De ses dires, elle peut écouler environ jusqu’à 100 sacs de maïs par mois, avec en moyenne 7 sacs vendus chaque jour.
Mais ce qui distingue Adjara Djenda, c’est avant tout son exigence en matière de propreté. Entourée de deux employées et de ses deux enfants, elle veille scrupuleusement à chaque étape de la transformation. « Quand le maïs est trop sale, nous pouvons le laver cinq à six fois. S’il est propre, trois à quatre fois suffisent. Je m’assure qu’il soit bien trié et bien lavé », insiste-t-elle.

Le processus est minutieux. Le maïs, une fois lavé, est laissé à tremper pendant une journée avant d’être moulu le lendemain. Dès 3h du matin, elles s’activent toutes au moulin, pour ensuite se lancer au tamisage qui prend un temps considérable. À Tanghin, secteur 17 de Ouagadougou, devant sa concession, un espace aéré dans une mosquée lui sert de lieu de séchage.

Malgré souvent une mauvaise saison, elle s’active à ce que tout reste propre. « Quand il y a de la poussière, nous arrosons le sol avant d’étaler les bâches. Si le vent est trop fort, nous attendons. Je m’assure que rien ne salisse ma farine. Même quand c’est étalé, on est toujours aux aguets contre les enfants et les animaux », explique-t-elle. En 4 heures environ, la farine sèche.
Après le séchage vient le tamisage, réalisé avec finesse, avant le conditionnement. La farine prête est conditionné dans des sacs moyens qu’elle vend aux grossîtes à 5 000 et 10 000 FCFA, et à 6 000 et 12 000 FCFA aux détaillants.
Sa clientèle est en grande partie composée de fonctionnaires. « Ils n’ont pas le temps. Certains sont enseignants en province dont ils passent de grosses commandes et c’est toujours vendu à Tema Bokin (dans le Yaadga) », confie-t-elle.
Derrière cette réussite, il y a aussi une dimension sociale. Adjara emploie deux femmes, qu’elle rémunère quotidiennement à hauteur de 3 000 FCFA. Pour elle, bien payer ses employées est essentiel et garanti un bon rendu. « 3000 par jour est raisonnable. Si elles ne sont pas bien payées, elles ne feront pas bien le travail. Pourtant je suis très minutieuse et exigeante dans mon travail », indique t-elle.
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Cependant, ce métier n’est pas sans difficultés. Le travail est physique, exigeant, et les journées se terminent souvent par des douleurs au dos. » Après chaque journée de corvées, je me retrouve toujours avec des maux de dos. Le travail est pénible et demande beaucoup d’efforts. Souvent je peine à me lever sous les douleurs des articulations « , souligne t-elle. Mais pour Adjara, cela fait partie du prix à payer. Elle considère son activité comme un métier noble, qui lui permet non seulement de subvenir à ses besoins, mais aussi de créer de l’emploi pour des femmes et soulager également des ménages.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



