Droits humains : La CDDH sensibilise une quarantaine d’associations sur la loi 039

Une quarantaine d’organisations de la société civile engagées dans la promotion des droits humains ont répondu à l’appel de la Coalition burkinabè des défenseurs des droits humains (CDDH). Réunies le mardi 31 mars 2026 à Ouagadougou, ces structures ont pris part à une session de sensibilisation consacrée à la loi n°039-2017/AN relative à la protection des défenseurs des droits humains.

Adoptée le 27 juin 2017 par l’Assemblée Nationale, cette loi vise à protéger et promouvoir les droits des personnes engagées dans la défense des droits humains au Burkina Faso. Elle garantit notamment la liberté d’action des défenseurs œuvrant pour la justice, l’égalité et la dignité humaine.
9 ans après son adoption, ce texte demeure encore méconnu de ses principaux bénéficiaires. Selon Florence Ouattara, coordinatrice nationale de la CDDH et du Réseau des femmes défenseures des droits humains, la loi est également peu utilisée par les praticiens du droit, notamment les avocats et les magistrats. « Après son adoption, la loi n’a pas fait l’objet d’une vulgarisation suffisante. De nombreux défenseurs ignoraient jusqu’à son existence », a-t-elle déploré. C’est pour renforcer son appropriation que la CDDH a initié, pour la deuxième fois, cette rencontre de sensibilisation à l’endroit des acteurs engagés dans la protection des droits humains.

Au cours des échanges, Thierry Yaméogo, assistant en droits humains et chef du service de l’information et de la documentation, a présenté les principales dispositions de la loi. Il est revenu sur le contexte de son adoption, ses objectifs ainsi que sa portée, tout en mettant en lumière le rôle des défenseurs des droits humains et les responsabilités de l’État dans leur protection.

Il a salué l’initiative de la CDDH, soulignant que la maîtrise et l’application effective de cette loi constituent un gage de sécurité pour les défenseurs, leur permettant d’exercer leurs activités dans un environnement plus sûr. De son côté, Florence Ouattara a indiqué que cette rencontre se veut à la fois une relance et une interpellation de l’ensemble des acteurs impliqués dans la promotion et la protection des droits humains, en général, et des défenseurs en particulier.
Elle a également salué les efforts des autorités burkinabè dans ce domaine. « Le Burkina Faso fait partie des cinq pays africains disposant d’une loi spécifique de protection des défenseurs des droits humains. Nous saluons cette volonté politique à sa juste valeur », a-t-elle affirmé.
La session s’est achevée par la remise de documents relatifs à la loi aux différentes associations, afin de leur permettre de mieux s’approprier son contenu et d’en faire un usage efficace dans l’exercice de leurs missions.
Jonas Porgo (Stagiaire) / MoussoNews



