Ouagadougou : Rappeuse nigérienne, Marie a des projets en cours avec des musiciens burkinabè

Abdoulaye Dotti Marie Diallo est une musicienne, danseuse et restauratrice Nigérienne. Elle prévoie des collaborations avec des artistes burkinabè. À l’occasion du Festival de la promotion des femmes artistes (FEMARTS) 2026, elle a été la seule femme rappeuse de l’édition 5.

Avec 5 ans de carrière musicale, Marie Diallo n’en est pas à sa première visite au Burkina Faso.

Après une première expérience en 2017 dans le cadre d’une activité culturelle universitaire, puis une participation à un festival de danse en 2024, l’artiste signe un 3e passage à Ouagadougou, cette fois-ci en tant que rappeuse invitée au Festival pour la promotion des femmes artistes (FEMARTS). « J’aime le Burkina, j’aime sa culture. C’est ce qui m’a motivée à postuler pour venir découvrir davantage », confie-t-elle.

Abdoulaye Dotti Marie Diallo, artiste rappeuse, danseuse et restauratrice Nigérienne.

De la danse au micro

Avant de se lancer dans la musique, Marie Diallo a d’abord construit une solide carrière dans la danse, forte de plus de 10 ans d’expérience.

C’est sa participation à un concours de détection de talents au Niger qui va déclencher le déclic. « C’était une première pour moi dans la musique. L’expérience m’a tellement marquée que j’ai décidé de me lancer, surtout dans le hip-hop, un milieu où les femmes sont rares chez nous », explique-t-elle.

Aujourd’hui, bien qu’elle ne dispose pas encore d’album, Marie Diallo compte déjà plusieurs titres disponibles en ligne. Un premier album est annoncé pour 2027.

Dans ses textes, Marie Diallo aborde des thématiques variées, mais profondément ancrées dans les réalités de son pays et du continent. Insécurité, désinformation, changement climatique, éducation de la jeune fille ou encore lutte contre le VIH/Sida.

L’artiste revendique une musique engagée. « La musique est la voix des sans-voix. Elle console, libère et rapproche les peuples. C’est un langage universel sans frontières », affirme-t-elle, convaincue du rôle social et fédérateur de l’art.

Le défi d’être femme rappeuse

Évoluer dans le rap en tant que femme reste un combat quotidien. Entre stéréotypes sociaux et manque de structures d’accompagnement, Marie Diallo doit faire face à de nombreux obstacles. « Dès qu’une femme prend le micro, on pense qu’elle devrait se marier et s’occuper de son foyer. Il y a aussi la question de l’autoproduction, car nous manquons de maisons de production », déplore-t-elle.

Malgré ces défis, l’artiste se distingue par son énergie scénique, son identité culturelle et sa polyvalence, mêlant chant, danse et rap.

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Marie aimerait faire un featuring avec Smarty et Nina Meda.

FEMARTS, une vitrine et des opportunités

La participation de Marie au FEMARTS revêt une importance particulière. Elle a été initialement surprise de ne pas voir le rap parmi les disciplines annoncées. Mais, elle a tout de même tenté sa chance avec succès. « J’étais la seule femme rappeuse du festival. C’était une expérience incroyable », se réjouit-elle.

Le festival a également été une opportunité de rencontres et de collaborations. L’artiste évoque notamment des projets en cours avec des musiciens burkinabè, tout en rappelant avoir déjà travaillé avec le rappeur burkinabè Smarty lors d’un précédent séjour. Elle aimerait aussi une collaboration artistique avec Smarty et Nina Meda pour son énergie.

Entre musique et entrepreneuriat

En parallèle de sa carrière artistique, Marie Diallo est également entrepreneure. Titulaire d’un diplôme en Hôtellerie et Cuisine, elle évolue dans la restauration et nourrit le projet d’ouvrir une boutique. Elle envisage aussi, à terme, de créer un espace dédié à la danse pour les femmes, afin de leur offrir un cadre d’expression et de liberté.

Touchée par l’accueil du public burkinabè, l’artiste se dit encouragée à poursuivre ses projets dans le pays. « Le Niger et le Burkina Faso sont 2 pays frères. Il y a de belles choses à construire ensemble », souligne-t-elle.

Annick HIEN/MoussoNews

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