Koudougou : 25 journalistes formés sur le droit d’auteur et la gestion collective par le BBDA

Le Bureau Burkinabè des Droits d’Auteur (BBDA) veut renforcer la sensibilisation autour du droit d’auteur. Du 21 au 23 mai 2026, cet établissement public d’État a organisé à Koudougou une session de formation au profit de 25 journalistes entre autres autour de la gestion collective et des défis liés à la protection des œuvres à l’ère du numérique. Cette rencontre visait à renforcer les connaissances des professionnels des médias sur les mécanismes de protection des œuvres littéraires et artistiques afin qu’ils puissent mieux informer et sensibiliser les artistes ainsi que l’opinion publique.

« Le droit d’auteur est un mécanisme permettant à une personne ou à une entreprise de tirer un avantage économique de son œuvre », a d’emblée défini le Directeur général du BBDA, Patindeba Hamed Lega.
Il a également défini la gestion collective comme l’exercice du droit d’auteur et des droits voisins par des organismes agissant au nom et dans l’intérêt des titulaires de droits.
Selon lui, les artistes proviennent de différents horizons et disposent de niveaux d’information variés. Cette réalité impose donc l’utilisation de plusieurs canaux de communication pour mieux faire passer les messages du BBDA.

Le Directeur général a expliqué que l’institution s’est tournée vers les médias afin de renforcer sa visibilité, faire connaître ses missions, son organisation, ses actions ainsi que les difficultés qu’elle rencontre. Il a insisté sur le rôle des journalistes comme relais d’information et de sensibilisation auprès des artistes et du grand public.
Parmi les difficultés relevées figurent la faible compréhension de certaines notions telles que la répartition des droits, le paiement des redevances ou encore la déclaration des œuvres.
Le premier responsable du BBDA a également insisté sur l’importance pour les artistes de formaliser leurs collaborations lorsqu’une œuvre leur est commandée par une institution. « Lorsqu’on vous contacte pour une œuvre, demandez un engagement », a-t-il conseillé, précisant que le BBDA peut accompagner les artistes en cas de litige ou de non-respect des engagements.
Il a par ailleurs rappelé que les droits patrimoniaux continuent de produire des revenus même après le décès du créateur, avant que l’œuvre ne tombe dans le domaine public après le délai prévu par la loi.

Sawadogo Carine : Le cadre juridique du droit d’auteur à l’épreuve du numérique
La deuxième journée de formation a été animée par Sawadogo Carine, cheffe du service juridique et de la coopération du BBDA.
Elle a retracé l’évolution du droit d’auteur au Burkina Faso depuis la création du BBDA en 1985 jusqu’à l’adoption de la loi de 2019 portant protection de la propriété littéraire et artistique.
Selon elle, le droit d’auteur protège toute œuvre de l’esprit dès sa création. Cette protection comprend les droits moraux, liés à la personnalité de l’auteur, et les droits patrimoniaux qui permettent de tirer des revenus de l’exploitation des œuvres.
L’intervenante a également évoqué les défis posés par le numérique, notamment la reproduction et la diffusion facilitées des œuvres sur Internet, le piratage ainsi que les questions soulevées par l’intelligence artificielle en matière de création et de propriété des œuvres.
Elle a enfin rappelé que la législation burkinabè prévoit des mesures techniques de protection contre l’utilisation frauduleuse des œuvres, avec des sanctions en cas de violation.
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Assata Ouattara/Siritié : La documentation au cœur de la répartition des droits
Assata Siritié épouse Ouattara, assistante en gestion de l’information documentaire au BBDA, a présenté les mécanismes de documentation et de répartition des droits d’auteur.
Elle a expliqué que la gestion collective repose sur quatre grandes étapes : la documentation des membres et des œuvres, l’octroi des licences d’exploitation, la collecte des redevances auprès des utilisateurs et enfin la répartition des droits aux créateurs.
Selon elle, la documentation constitue une étape essentielle pour garantir une répartition juste et transparente des droits. Elle consiste à enregistrer les informations personnelles des titulaires de droits ainsi que celles relatives à leurs œuvres.
L’intervenante a précisé que le BBDA s’appuie sur les relevés d’exploitation transmis par les radios, télévisions et autres utilisateurs pour effectuer les répartitions. Ces données sont confrontées aux bases de données nationales et internationales afin d’identifier correctement les œuvres exploitées et leurs ayants droit.
Elle a également rappelé que l’adhésion au BBDA est volontaire et permet aux créateurs de confier officiellement la gestion de leurs droits à l’institution.

Au terme de la formation, plusieurs défis ont été relevés par les responsables du BBDA, notamment la gestion des œuvres sur les plateformes numériques, l’octroi des licences d’exploitation en ligne, la collecte des informations sur les œuvres exploitées ainsi que la lutte contre les usages frauduleux des contenus artistiques.
Le BBDA souhaite également renforcer son partenariat avec les médias afin que les journalistes deviennent des relais d’information et de sensibilisation auprès des artistes de tous horizons et de l’opinion publique.
Annick HIEN/MoussoNews



