Afrique du Sud : Des journaux tachés de sang pour briser le tabou des règles

En Afrique du Sud, des milliers de lecteurs ont découvert avec surprise une tache de sang menstruel imprimée à la Une de plusieurs quotidiens. Derrière cette initiative choc se cache une campagne de sensibilisation visant à dénoncer la précarité menstruelle qui touche des millions de jeunes filles à travers le pays.

Les lecteurs du Star, du Mercury et du Cape Times ont vécu une expérience inhabituelle en ouvrant leur journal le 9 juin dernier. À la Une, une large tache de sang menstruel semblait avoir traversé le papier, recouvrant partiellement les articles et se prolongeant sur plusieurs pages intérieures.

Des journaux tachés de sang

L’effet, volontairement dérangeant, s’accompagnait d’un message : « Un journal peut absorber le sang, mais pas la honte. »

Loin d’être une erreur d’impression, cette mise en scène est le fruit d’une campagne menée par la MENstruation Foundation, une organisation sud-africaine engagée dans la lutte contre la précarité menstruelle et les préjugés entourant les règles.

Rapidement relayée sur les réseaux sociaux, l’initiative est devenue virale. Une vidéo montrant la Une du Star a enregistré près de 800 000 vues en moins de vingt-quatre heures sur X, suscitant aussi bien l’étonnement que l’admiration.

Si certains internautes se sont dits gênés par l’image, d’autres ont salué une campagne capable d’attirer l’attention sur une réalité souvent ignorée. En Afrique du Sud, près de 4 millions d’écolières ne disposent pas des moyens nécessaires pour acheter des protections hygiéniques. Beaucoup sont alors contraintes de recourir à des solutions de fortune, parfois dangereuses pour leur santé.

Le choix du journal comme support de communication n’a rien d’anodin. Dans un communiqué, le quotidien The Star explique que de nombreuses jeunes filles vivant dans la pauvreté utilisent encore du papier journal, des chiffons ou d’autres matériaux insalubres pour gérer leurs menstruations.

« En faisant des journaux eux-mêmes le vecteur du message, la campagne oblige les lecteurs à se confronter à une réalité difficile à laquelle de nombreuses jeunes femmes sont confrontées chaque mois », souligne le média.

Lire aussi: Menstrues : l’ABPN veut améliorer les conditions de vies de plus de 500 filles en situation de vulnérabilité – Mousso News

Au-delà de la sensibilisation, la MENstruation Foundation cherche également à mobiliser davantage de ressources pour son action. Cofondée notamment par la joueuse internationale de rugby Babalwa Latsha, l’organisation distribue chaque mois des serviettes hygiéniques gratuites à environ 100 000 écolières grâce à des distributeurs installés dans des établissements scolaires à travers le pays.

Toutefois, les responsables de l’association estiment que les besoins restent immenses. Ils appellent les entreprises et les donateurs à soutenir leurs programmes afin d’étendre leur couverture à des millions d’autres jeunes filles.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


En savoir plus sur Mousso News

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mousso News

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture