Santé féminine : Etudiant.e.s, citoyens mobilisés, sensibilisés et dépistés gratuitement grâce à AEEMB

L’Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina (AEEMB) a organisé sa Journée de la santé féminine le samedi 20 juin à Ouagadougou. Placée sous le thème « La préservation de la santé féminine : un devoir religieux et social », l’initiative a réuni étudiants, professionnels de santé et participants autour de séances de sensibilisation et de dépistage portant notamment sur le diabète, l’hépatite, la drépanocytose, les cancers du sein et du col de l’utérus.

Des etudiant.e.s aux séances de sensibilisation.

Bien que baptisée « Journée de la santé féminine », l’activité était ouverte à tous, sans distinction de sexe ou de religion. Pour les organisateurs, l’objectif principal était de faciliter l’accès aux soins et d’encourager les populations à adopter une culture de prévention.

« La femme est le pilier de la famille et de la société. Souvent, elle prend soin des autres mais oublie de prendre soin d’elle-même. Cette journée vise à l’encourager à se faire consulter et à se sensibiliser », explique Sawadogo Abdoul Wahit étudiant en troisième année de médecine et secrétaire général de la section Sciences de la Santé de l’AEEMB.

Selon lui, cette activité, organisée chaque année depuis plusieurs éditions, contribue également à briser certains tabous liés aux maladies et aux dépistages. Il rappelle que la préservation de la santé est en accord avec les principes de l’islam. « Se faire consulter ne signifie pas manquer de confiance en Dieu. C’est prendre soin du cadeau que le Seigneur nous a donné », souligne-t-il.

Sawadogo Abdoul Wahit secrétaire général de la section Sciences de la Santé de l’AEEMB.

Sensibiliser sur les cancers féminins

Au cours de la journée, plusieurs communications ont porté sur les cancers du sein et du col de l’utérus, deux pathologies qui continuent de toucher de nombreuses femmes au Burkina Faso.

« Prendre soin de sa santé est un acte d’adoration », a indiqué Dr Fatimata Diallo, néphrologue au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo, par ailleurs marraine de l’édition. Elle a invité les participants à dépasser les préjugés et les barrières culturelles qui freinent parfois le recours aux soins.

Dr Fatimata Diallo, néphrologue au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo.

Selon elle, le thème retenu cette année, « La préservation de la santé féminine : un devoir religieux et social », rappelle l’importance d’accorder une place centrale à la santé dans la vie quotidienne. « Il est temps de lever les complexes et les codes de pudeur qui nuisent à notre bien-être. Prendre soin de sa santé, s’informer sur la prévention des maladies et consulter un médecin en cas de besoin sont des actes d’adoration », a-t-elle déclaré.

S’appuyant sur les enseignements de l’islam, la spécialiste a rappelé que le Prophète Mohammed encourageait les croyants à rechercher les soins nécessaires face à la maladie. Elle a également exhorté les participants à profiter pleinement des consultations et séances de sensibilisation organisées au cours de la journée. « Écoutez les professionnels de santé, posez vos questions, faites-vous dépister. N’ayez aucune gêne, car prendre soin de soi, c’est préserver l’avenir de notre communauté », a-t-elle lancé.

Birba Alida, étudiante en cinquième année de médecine et directrice adjointe de la Journée de la santé féminine 2026, a insisté sur l’importance du dépistage précoce. Selon elle, le cancer du sein demeure l’un des cancers les plus fréquents chez la femme.

Elle a expliqué aux participantes les principaux facteurs de risque, notamment l’âge, l’obésité, le tabagisme, les antécédents familiaux ainsi que certains facteurs hormonaux. Elle a également démontré les techniques d’auto-examen des seins afin de permettre aux femmes de détecter rapidement toute anomalie.

Concernant le cancer du col de l’utérus, l’étudiante a rappelé qu’il est majoritairement causé par le papillomavirus humain (HPV) et qu’il peut être évité grâce à la prévention et au dépistage.

L’importance du dépistage de la drépanocytose

L’électrophorèse de l’hémoglobine, examen permettant de connaître son statut vis-à-vis de la drépanocytose, figurait également parmi les prestations proposées.

Pour les organisateurs, cet examen est essentiel pour les jeunes souhaitant s’engager dans une relation ou un projet de mariage. Sawadogo Abdoul Wahit invite ainsi les jeunes à ne pas craindre les résultats. « Beaucoup hésitent par peur de découvrir une incompatibilité avec leur partenaire. Pourtant, il est préférable de connaître sa situation à temps et de suivre les conseils des professionnels de santé », affirme-t-il.

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Des participants convaincus

Venue pour effectuer un dépistage, Compaoré Aseta salue l’initiative. Elle estime que les contrôles réguliers permettent de prévenir plusieurs maladies et encourage d’autres femmes à franchir le pas. « J’invite mes sœurs à venir se faire consulter. C’est très important de faire les tests et de surveiller sa santé », lance-t-elle.

Compaoré Aseta, une des étudiantes consultées.

Parmi les participants, Porgo Youssou a choisi de réaliser une électrophorèse de l’hémoglobine. Après avoir déjà effectué des dépistages liés au diabète et à l’hépatite par le passé, il souhaitait cette fois connaître son statut vis-à-vis de la drépanocytose.

Porgo Youssou a choisi de réaliser une électrophorèse de l’hémoglobine.

Cet examen, particulièrement recommandé aux jeunes en âge de se marier, permet de vérifier une éventuelle compatibilité génétique entre partenaires afin de prévenir la naissance d’enfants atteints de drépanocytose.

Outre, au cours des échanges, Pilabré Issaka, membre de l’AEEMB, a insisté sur la nécessité de lutter contre les idées reçues entourant le cancer du col de l’utérus. Selon lui, certaines personnes associent encore cette maladie à des comportements jugés à risque, ce qui contribue à la stigmatisation des femmes touchées.

Pilabré Issaka, membre de l’AEEMB.

Pourtant, a-t-il rappelé, le papillomavirus humain (HPV), principal responsable du cancer du col de l’utérus, peut être transmis par un partenaire qui ne présente aucun symptôme. « Une femme peut développer la maladie sans avoir eu plusieurs partenaires. Il faut éviter les jugements hâtifs et privilégier l’information et la prévention », a-t-il expliqué. Il a également attiré l’attention sur les risques liés au HPV chez les hommes, notamment au niveau de la cavité buccale et de la région anale, soulignant l’importance de la sensibilisation de toute la population, hommes comme femmes.

À travers cette journée, l’AEEMB entend renforcer la sensibilisation autour des questions de santé et promouvoir le réflexe du dépistage précoce, considéré comme un moyen efficace de prévenir ou de prendre en charge plusieurs maladies avant l’apparition de complications.

Annick HIEN/MoussoNews


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