Théâtre : « Vieille fille », la voix contre les préjugés et la stigmatisation des célibataires

La comédienne et metteuse en scène Wendaabo Landry Naré a présenté sa pièce de théâtre intitulée « Vieille fille », le jeudi 25 juin 2026 à l’Espace Gambidi, à Ouagadougou. Tirée d’une nouvelle, cette œuvre théâtrale dénonce les préjugés et la stigmatisation dont sont victimes les personnes non mariées, en particulier les femmes, au sein de la société.
Moqueries, manque de respect et parfois même humiliations : autant d’épreuves que subissent les personnes célibataires ou divorcées dans la société. Souvent considérées comme des hommes ou des femmes légers, elles sont, la plupart du temps, qualifiées d’irresponsables et écartées des décisions importantes au sein de certaines familles.
C’est donc pour déconstruire ces préjugés et dénoncer les torts causés à ces personnes que Wendaabo Landry Naré, artiste comédienne et metteuse en scène, a décidé de mettre en scène cette pièce. « Ce qui m’a motivée, c’est la situation des célibataires en général, c’est le regard que la société porte sur ces personnes qui m’a poussée à créer cette pièce de théâtre. Dans notre société, il y a un âge considéré comme idéal pour se marier. Lorsqu’on le dépasse, on est regardé différemment, que ce soit en famille, au service ou partout ailleurs. Cela pousse même certaines personnes à développer des troubles mentaux », a-t-elle expliqué.

Selon l’artiste comédienne, au lieu de porter un regard négatif sur les célibataires, il serait préférable de leur apporter du soutien. « La plupart du temps, ils ne le sont pas par choix. Personne ne rêve de finir seul. Certains le sont à cause des circonstances de la vie, tandis que d’autres le sont tout simplement par la force des choses », a-t-elle ajouté.
Elle a également souligné que la valeur d’une personne ne devrait pas être mesurée à son statut matrimonial, mais plutôt à ce qu’elle accomplit pour le bien de la société. Se limiter au statut matrimonial pour juger de l’importance d’une personne constitue, selon elle, une perception erronée.

Pour le Directeur des Structures de recherches théâtrales du Burkina, Paul Zoungrana, cette œuvre est un véritable chef-d’œuvre qui répond parfaitement à une préoccupation sociale majeure. « C’est une problématique importante qui mérite une attention particulière », a-t-il soutenu.
En tant que spécialiste du domaine, il a également félicité Wendaabo Nandry Naré pour la qualité de sa production. « Je suis très satisfait de cette œuvre. On constate réellement sa progression, bien qu’elle ne soit qu’à sa première expérience. Cela témoigne l’intérêt qu’elle a accordé aux formations en adaptation, en techniques de mise en scène et en écriture dramatique », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs invité les metteurs en scène, en particulier les femmes, à redoubler d’efforts, estimant que ce métier exige beaucoup d’abnégation et de courage. « Lorsqu’on est une femme dans ce milieu, c’est encore plus compliqué en raison des responsabilités familiales qui pèsent déjà sur elles », a-t-il souligné.
A lire aussi: https://www.moussonews.com/conte-et-theatre-lassociation-ame-a-zone-sadresse-desormais-aux-adultes/
A l’endroit des personnes pouvant apporter leurs pierre pour l’épanouissement du domaine, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des femmes dans ce secteur. Selon lui, malgré les nombreuses contraintes auxquelles elles font face, elles possèdent une sensibilité particulière qui leur permet de créer des œuvres d’une grande subtilité.
La pièce «Vielle fille» sera jouée les 25, 26, et 27 juin 2026 à l’Espace Gambidi à Ouagdougou, au prix de1000f et 2OOOf pour les étudiants et non étudiants.
Jonas PORGO/ MoussoNews
En savoir plus sur Mousso News
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



