#InstantDiasporaBurkinabè : Ornella Laetitia Bationo, entrepreneure et promotrice de la culture africaine en France depuis 2018

Présidente de l’association Africa Ahead et fondatrice de l’agence Indigo, Ornella Laetitia Bationo est une communicante burkinabè installée en France depuis 2018. À travers African Fashion Era, elle porte une vision ambitieuse : faire de la mode, du cinéma et de la culture des leviers pour valoriser les talents africains, changer le regard porté sur le continent et renforcer les liens entre l’Afrique, sa diaspora et le reste du monde. Forte d’un parcours riche dans la communication, les médias et l’industrie culturelle, elle œuvre à créer des projets qui mettent en lumière l’excellence africaine et ouvrent de nouvelles perspectives aux générations futures.
- Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre parcours du Burkina jusqu’en France ? Et depuis combien de temps vous y êtes ?
Je m’appelle Ornella Laetitia Bationo, présidente de l’association Africa Ahead et fondatrice de l’agence Indigo. Passionnée de communication, je suis convaincue que ce métier est un puissant levier pour valoriser les talents, transmettre des valeurs et créer de l’impact.
Titulaire d’une licence en communication des organisations obtenue au Burkina Faso, j’ai ensuite poursuivi mes études à Sup de Pub Paris, où je me suis spécialisée en direction artistique, production audiovisuelle et événementiel. Mon parcours a été marqué par l’accompagnement de mon mentor, Jean Michel Onnin, qui a joué un rôle déterminant dans mon développement professionnel.
J’ai débuté ma carrière dans le journalisme avant d’évoluer vers la télévision, la radio et l’animation de grands événements. J’ai ensuite occupé des postes de responsable communication et de directrice artistique au sein de structures de l’industrie musicale, notamment Shamar Empire et Kezit Burkina Faso/France, où j’ai accompagné des artistes dans le développement de leur image et de leur carrière.
Installée en France depuis 2018, j’ai fondé l’agence Indigo, spécialisée en communication, marketing et événementiel, ainsi qu’une masterclass destinée à renforcer les compétences pratiques des jeunes communicateurs. À travers mes différentes initiatives, j’accompagne aujourd’hui artistes, entrepreneurs et institutions, avec la conviction que la communication est un véritable outil de transformation et de promotion de l’excellence africaine.
- Qu’est-ce qui vous a inspirée à créer Africa Fashion en France ?
African Fashion Era est avant tout une plateforme de promotion et de valorisation de la culture africaine à travers deux puissants moyens d’expression : la mode et le cinéma.
Nous avons choisi ces deux univers parce qu’ils sont intimement liés. D’ailleurs, entre la mode et le cinéma, il n’y a qu’un pas. Tous deux racontent des histoires, façonnent les imaginaires, véhiculent des identités et influencent les regards. Ils sont de puissants outils de création, d’expression et de transmission culturelle. Ensemble, ils permettent de faire rayonner notre patrimoine, de valoriser nos talents et de porter un récit africain authentique auprès d’un public international.
Ce projet est né dans la continuité de la mission que nous portons avec Africa Ahead : faire en sorte que les talents africains et ceux de la diaspora ne restent plus dans l’ombre. Nous sommes convaincus que l’Afrique regorge de créateurs, d’artistes, de cinéastes, de stylistes et d’entrepreneurs dont le savoir-faire mérite d’être reconnu à l’échelle internationale.

- Quel est l’objectif principal de cet événement ?
L’essence d’African Fashion Era est simple : revaloriser l’Afrique, révéler les talents du continent et de sa diaspora, favoriser le dialogue entre les cultures et permettre au monde de découvrir l’Afrique sous son véritable visage : celui d’une Afrique fière, créative, innovante, ambitieuse et résolument tournée vers l’avenir.
- En quoi Africa Fashion contribue-t-il à promouvoir la mode et le savoir-faire africains en Europe ?
African Fashion Era est avant tout une plateforme de valorisation des talents africains. À travers la mode, le cinéma et les échanges culturels, nous souhaitons montrer une Afrique créative, innovante et riche de son patrimoine. L’événement offre une visibilité à des créateurs qui contribuent déjà au rayonnement de la mode africaine et crée des passerelles entre l’Afrique, sa diaspora et le public européen.
Notre ambition est de faire découvrir une autre image de l’Afrique, en mettant en avant l’excellence, le savoir-faire et la créativité de nos créateurs. Au-delà d’un simple défilé, African Fashion Era est une invitation à la rencontre, au dialogue et à la découverte de la richesse culturelle du continent.
- En tant que Burkinabè vivant en France, comment valorisez-vous vos origines à travers ce projet ?
Vivre en France m’a permis de mesurer combien notre continent reste encore méconnu. À travers African Fashion Era, j’ai choisi de valoriser mes origines en créant un espace où le Burkina Faso et l’Afrique peuvent raconter leur propre histoire à travers la culture, la mode et le cinéma.
Ce projet est une manière de mettre en lumière les talents, les savoir-faire et les valeurs qui font la richesse de notre pays et de notre continent. C’est aussi une façon de créer des ponts entre les cultures et de contribuer, à mon échelle, au rayonnement du Burkina Faso en Europe. Je suis convaincue que c’est en montrant notre excellence et en racontant nous-mêmes nos histoires que nous changerons durablement le regard porté sur l’Afrique.
- Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans l’organisation d’un tel événement ?
Le principal défi est de faire comprendre une vision avant même qu’elle ne devienne une réalité. Comme pour tout nouveau projet, il faut convaincre des partenaires, des institutions et le public de croire en une initiative qui n’a pas encore fait ses preuves. Cela demande du temps, de la pédagogie et beaucoup de persévérance.

Le second défi est financier. Organiser un événement culturel international entièrement gratuit représente un investissement important. Pour cette première édition, nous avons fait le choix de privilégier l’impact culturel plutôt que la rentabilité. Aujourd’hui, notre association ne bénéficie pas encore de subventions de fonctionnement et une grande partie des dépenses est portée par moi-même, avec le soutien du comité de direction.
Heureusement, African Fashion Era peut compter sur une formidable chaîne de solidarité. Créateurs, producteurs, bénévoles et partenaires s’engagent avec conviction, en apportant un soutien humain, matériel et artistique indispensable à la réalisation du projet.
Malgré les doutes, les refus et les difficultés, nous restons convaincus que cette première édition marquera le début d’une aventure durable. Notre ambition est de bâtir un rendez-vous culturel de référence, capable de créer des passerelles entre les cultures et de contribuer au rayonnement de l’Afrique et de sa diaspora.
- Quels critères privilégiez-vous pour sélectionner les créateurs et les participants ?
Nous privilégions avant tout la qualité, l’authenticité et le professionnalisme. African Fashion Era a pour vocation de mettre en lumière des créateurs qui valorisent le patrimoine africain tout en proposant une vision contemporaine et innovante de la mode. Nous accordons également une grande importance à l’engagement, au sérieux des participants et à leur capacité à raconter une histoire à travers leurs créations. Notre objectif est de présenter au public des talents qui incarnent l’excellence et la diversité de la création africaine.
- Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’évolution de la mode africaine à l’international ?
Je porte un regard très positif sur cette évolution. Aujourd’hui, de nombreux créateurs africains s’imposent sur la scène internationale et démontrent que la mode africaine a toute sa place parmi les grandes références mondiales. Les lignes bougent et une véritable dynamique est en marche. Notre ambition, avec African Fashion Era, est justement d’accompagner ce mouvement en offrant davantage de visibilité aux talents africains et en créant des passerelles entre l’Afrique, sa diaspora et le reste du monde. La mode est un formidable ambassadeur de notre culture, de notre créativité et de notre identité, et elle contribue à changer durablement le regard porté sur notre continent.
- Quel rôle la diaspora africaine, et burkinabè en particulier, peut-elle jouer dans la promotion de la culture et de la mode africaines à l’international ?
La diaspora a un rôle essentiel à jouer dans le rayonnement de la culture africaine. En vivant à l’étranger, nous avons l’opportunité d’être des ambassadeurs de nos cultures, de nos savoir-faire et de nos talents. Nous pouvons créer des passerelles entre l’Afrique et le reste du monde, favoriser les échanges et contribuer à faire évoluer les regards sur notre continent.
Pour les Burkinabè en particulier, il est important de soutenir nos artistes, nos créateurs, nos entrepreneurs et toutes les initiatives qui valorisent notre patrimoine. Beaucoup de talents méritent d’être mieux connus à l’international. En participant aux événements, en partageant nos réussites et en mettant en avant notre excellence, nous contribuons à construire une image plus juste et plus positive de notre pays.
J’aime rappeler que personne ne racontera notre histoire mieux que nous-mêmes. Chacun, à son niveau, peut contribuer à faire rayonner le Burkina Faso et l’Afrique. C’est en étant unis, engagés et fiers de notre héritage que nous renforcerons durablement la visibilité de notre culture sur la scène internationale.
- Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Burkinabè de la diaspora qui souhaitent entreprendre dans le domaine de la mode ou de l’événementiel ?
Je parlerais davantage d’un partage d’expérience que d’un conseil. Pour moi, tout projet doit avant tout naître d’une vision et répondre à un besoin réel, plutôt que de chercher à reproduire le succès des autres ou à poursuivre uniquement un objectif financier.
Il est essentiel d’entreprendre avec passion, conviction et persévérance. C’est cette vision qui permet de surmonter les difficultés, les doutes et les obstacles inévitables du parcours entrepreneurial.
Je crois également beaucoup à l’importance de la formation. Le talent est précieux, mais il doit s’accompagner de compétences, de rigueur et d’une volonté constante d’apprendre pour transformer une idée en un projet durable.
Enfin, j’invite chaque jeune à se demander : « Pourquoi ce projet doit-il exister ? » Si une initiative répond à un besoin, crée de la valeur et a un impact positif, alors elle a toutes les chances de s’inscrire dans la durée. Il ne faut jamais renoncer à sa vision au premier obstacle : les projets les plus solides sont souvent ceux qui ont su traverser les épreuves avec patience et détermination.

- Quels sont vos prochains projets
Notre priorité est la réussite de la première édition d’African Fashion Era, le 11 juillet 2026, avec l’ambition d’en faire un rendez-vous culturel durable dédié à la promotion des talents africains.
Le 17 octobre 2026, nous lancerons à Paris les Faso Prestige Awards, une cérémonie destinée à mettre en lumière les Burkinabè qui se distinguent par leur excellence et leur engagement dans différents domaines, afin de valoriser leurs parcours et de contribuer au rayonnement du Burkina Faso.
Parallèlement, je poursuis le développement de mes activités entrepreneuriales avec le lancement de Tikeoh, une plateforme de billetterie et de gestion d’événements, ainsi que l’ouverture des bureaux parisiens d’Indigo Agence Marketing, qui accompagnera entreprises, institutions, artistes et porteurs de projets en communication et production audiovisuelle.
À plus long terme, nous souhaitons développer davantage les activités d’Africa Ahead en créant un espace d’accompagnement et d’innovation au service des talents africains et de leur diaspora. Notre ambition reste la même : concevoir des projets utiles, durables et porteurs de sens, qui contribuent au rayonnement du Burkina Faso et de l’Afrique.
- Quel message souhaitez-vous adresser aux Burkinabè d’ici et d’ailleurs ?
J’aimerais inviter tous les Burkinabè à croire en leur potentiel et à oser entreprendre. Notre pays regorge de talents, de compétences et de savoir-faire. C’est par notre travail, notre excellence et notre engagement que nous contribuerons à son rayonnement.
Être fier du Burkina Faso, c’est aussi agir, innover et participer, chacun à son niveau, à son développement. Nous devons raconter nous-mêmes notre histoire, faire découvrir notre culture, notre créativité et notre patrimoine afin de changer durablement le regard porté sur notre pays et sur l’Afrique.
J’appelle également chacun à soutenir nos artistes, nos créateurs et nos initiatives culturelles. Comme le rappelle notre marraine, Apolline Traoré, même ceux qui ne sont pas issus du monde de l’art ont un rôle à jouer en soutenant la culture. C’est en valorisant notre héritage que nous préserverons notre identité et renforcerons notre rayonnement.
Je donne rendez-vous à tous le 11 juillet 2026 pour la première édition d’African Fashion Era, puis le 17 octobre 2026 pour les Faso Prestige Awards, afin de célébrer ensemble l’excellence burkinabè et africaine.
Interview réalisé en ligne par Annick HIEN/MoussoNews
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