Bobo : Un employé de l’ONEA, ivre et sans permis détourne un véhicule de service pour un aménagement

Faute d’argent pour louer un tricycle, un employé de l’ONEA a utilisé, sans autorisation, le véhicule de son service pour effectuer son déménagement à Bobo-Dioulasso. Sans permis de conduire et en état d’ivresse, il a perdu le contrôle de l’engin après s’être enlisé, endommageant une moto stationnée. Poursuivi pour plusieurs infractions, il a reconnu les faits devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, où le parquet a requis 2 mois de prison ferme.

La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a examiné, le vendredi 17 juillet 2026, le dossier de Lass (nom d’emprunt), un employé de l’ONEA âgé de 37 ans. Le prévenu est poursuivi pour conduite sans permis de conduire, usage frauduleux d’un véhicule de service et dégradation d’un engin appartenant à un tiers. Un déménagement à l’origine des poursuites

À la barre, Lass a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Selon ses déclarations, les événements remontent au 3 juillet 2026. Désireux de déménager du secteur 24 vers le secteur 18 de Bobo-Dioulasso, il a pris le véhicule de son service sans l’autorisation de son supérieur hiérarchique.

Le prévenu a expliqué qu’il ne disposait pas des moyens financiers nécessaires pour louer un tricycle afin d’assurer son déménagement. Il a ainsi admis avoir utilisé le véhicule de service à l’insu de son employeur.

Interrogé par le tribunal sur l’absence de permis de conduire, il a reconnu savoir qu’un permis est exigé pour conduire un véhicule.

Le supérieur hiérarchique raconte la disparition du véhiculeAppelé à témoigner, le chef de service du prévenu a livré sa version des faits. Il a expliqué qu’avant son départ du service, Lass lui avait adressé des compliments et sollicité une aide de 1 000 FCFA, demande à laquelle il n’avait pas pu répondre faute de monnaie.

Selon le témoin, il avait ensuite quitté les lieux avant de revenir récupérer les clés de sa chambre qu’il avait oubliées. À son retour, il a constaté que le véhicule de service avait disparu. Informé par ses collègues que Lass était parti avec, il a tenté de le joindre sans succès.

Ce n’est qu’au petit matin qu’il a été contacté par un officier de police l’informant que le véhicule avait été conduit dans un commissariat après avoir subi des dégâts.

Questionné par le tribunal sur la manière dont il avait identifié la clé du véhicule, le prévenu a répondu qu’il avait appuyé sur la télécommande, laquelle avait déclenché le signal du véhicule.

Une moto endommagée après une sortie de routeLe propriétaire de la moto endommagée, Jack (nom d’emprunt), s’est également constitué partie civile.

Il a expliqué que, alors qu’il se trouvait avec d’autres personnes dans son quartier après une pluie, le véhicule conduit par Lass s’était enlisé. Les riverains lui auraient conseillé d’attendre avant de tenter de repartir, promettant de l’aider une fois le terrain plus praticable.

Toujours selon le témoin, le prévenu aurait refusé cette proposition et aurait insisté en accélérant fortement. Après être parvenu à dégager le véhicule, il aurait perdu le contrôle et percuté la moto stationnée à proximité.

À la barre, Lass a reconnu qu’il était en état d’ivresse au moment des faits.

Les demandes des parties civilesLe chef de service a indiqué que les réparations du véhicule de service avaient coûté 50 000 FCFA, montant justifié par une facture.

De son côté, le propriétaire de la moto réclame 35 000 FCFA, correspondant à la somme exigée par son mécanicien avant la restitution de son engin.

Le ministère public requiert une condamnationDans ses réquisitions, le procureur du Faso a estimé que les deux premières infractions étaient suffisamment établies.

Il a relevé que le prévenu ne détenait aucun permis de conduire et que les déclarations concordantes de Lass et de son supérieur démontraient que le véhicule avait été utilisé sans autorisation.

Concernant les dommages causés à la moto, le ministère public a reconnu que le choc était établi. Toutefois, il a estimé qu’il s’agissait d’un accident non prémédité et a sollicité la relaxe sur ce chef de prévention.

Le parquet a finalement requis deux mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 250 000 FCFA avec sursis.

« Je demande pardon »

Invité à s’exprimer une dernière fois avant la clôture des débats, le prévenu a présenté ses excuses. « Je vous remercie beaucoup et je demande pardon à mon patron et au propriétaire de la moto », a-t-il déclaré devant le tribunal.

Le jugement sera rendu le 31 juillet 2026.

Justice Infos Burkina


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