Tchad: 7 personnes condamnées pour prostitution dont 2 femmes enceintes à terme

7 personnes, dont 5 jeunes femmes, écopent de 2 ans d’emprisonnement ferme; parmi elles, des femmes enceintes à terme. Elles ont été jugées pour proxénétisme par le Tribunal de grande instance de N’Djaména au Tchad le mardi 4 août 2026.
L’audience correctionnelle de simple police de ce mardi a été marquée par la fermeté du tribunal. Le réseau de proxénétisme, composé de sept individus, a été condamné à deux ans de prison ferme. Une décision qui vise à envoyer un signal fort contre ces pratiques, mais qui s’accompagne d’une polémique inattendue.
Car parmi les cinq jeunes femmes condamnées, deux sont enceintes, et à terme. Leurs accouchements sont attendus dans les tout prochains jours. Une situation qui interroge : comment ces grossesses seront-elles gérées en détention ? Les bébés naîtront-ils en prison ou à l’hôpital ? Et surtout, qui prendra soin d’eux après la naissance ?
Deux grossesses, deux questions embarrassantes
Dans les couloirs du palais de justice, les discussions vont bon train. Certains s’interrogent : ces grossesses ont-elles été contractées dans le cadre des activités sexuelles reprochées, ou bien durant leur détention à la maison d’arrêt de Klessoum ? La question est délicate, et le tribunal n’a pas apporté de réponse claire sur ce point.
Pour les observateurs, cette affaire illustre les limites d’un système judiciaire qui applique des peines sévères sans toujours prendre en compte les situations personnelles des condamnées. Qu’adviendra-t-il des nouveau-nés ? Seront-ils placés ? Confiés à la famille ? Rien n’a été précisé.
Les échanges animés entre avocats, justiciables et simples curieux témoignent d’une certaine perplexité. « La loi est la loi, mais on ne peut pas ignorer la réalité humaine, confie un avocat sous couvert d’anonymat. Ces femmes vont accoucher en prison ou à l’hôpital sous escorte. Et ensuite ? Le bébé reste avec la mère en détention ou il est placé ? C’est un casse-tête. »
D’autres estiment au contraire que la justice a bien fait de ne pas faire de différence. « La grossesse ne doit pas être un passe-droit, tranche un justiciable présent à l’audience. Elles savaient ce qu’elles faisaient. »
Un verdict exemplaire, mais des zones d’ombre
La condamnation de ce réseau est sans appel : deux ans ferme pour les sept prévenus. Mais les interrogations restent entières. Où accoucheront ces deux femmes ? Leurs bébés pourront-ils rester avec elles ? Comment seront-ils pris en charge ? Autant de questions auxquelles le tribunal n’a pas répondu.
Une chose est sûre : cette affaire ne manquera pas de relancer le débat sur les conditions de détention au Tchad, et sur la place accordée à la maternité dans le système carcéral.
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