« Si je finis cette plaquette, je ne vends plus d’œufs », Roméo Kaboré

100 FCFA. C’est le tarif unitaire d’un œuf depuis le 7 juillet 2026. Tout commerçant qui en vend au-dessus de ce prix est sanctionné par les autorités compétentes. Constat.

Depuis le communiqué officiel fixant le plafond des prix des œufs, certains commerçants se rétractent et préfèrent même ne plus en vendre. Après plusieurs tours dans plusieurs boutiques sans en trouver, Compaoré Florence décide de comprendre ce qui se passe.

« Il n’y a pas d’œufs. C’est manqué. C’est pourquoi nous n’en vendons plus depuis plus de deux mois », lui répond Sourata Ouédraogo, gérante d’une boutique.

Sans rien ajouter de plus, dame Compaoré poursuit sa recherche d’œufs en murmurant. « Toi-même, tu n’as jamais d’œufs. Depuis que j’ai découvert cette boutique, je n’ai jamais eu d’œufs. »

Plus loin, elle s’arrête encore pour chercher ses fameux œufs dont elle a besoin pour faire de la crudité.

« Non, il n’y a pas d’œufs. Pour nous, c’est fini depuis. Mais en allant en ville, tu peux en trouver chez les vendeurs ambulants », réplique Arouna (nom d’emprunt).

Non. Non. Tel un refrain, dame Compaoré se décide à laisser tomber son menu de crudité avec œuf. À la place, elle opte pour du souma (poids de terre).

C’est ainsi qu’elle se retrouve inopinément dans une autre boutique située non loin de chez la vendeuse de souma. Ne pouvant pas s’en empêcher, elle demande au boutiquier s’il vend des œufs. Celui-ci répond par la négative. Pourtant, dame Compaoré voit bien une demi-plaquette d’œufs à l’arrière d’une de ses étagères. Elle le lui fait remarquer.

« C’est parce que je n’ai pas bien caché que tu as vu. Sinon, je ne veux plus en vendre. La semaine dernière, on a attrapé un de nos voisins commerçants parce qu’il vendait toujours l’unité d’œuf à 150 FCFA. Quand tu es venue, j’ai hésité avant de répondre. Je ne gagne aucun bénéfice en les vendant à 100 F. Donc, si cette plaquette finit, je ne vends plus d’œufs », dit Roméo, en laissant apparaître un sourire forcé.

Le plafond du prix des œufs a été annoncé dans un communiqué conjoint signé le 7 juillet 2026 par les ministres en charge du Commerce et de l’Agriculture.

En effet, le 14 août, des commerçants ont été sanctionnés et conduits par la Brigade Laabal pour effectuer des travaux d’intérêt général, après avoir vendu des œufs au-dessus du prix officiel.

Pour certains vendeurs, le nouveau plafond des prix ne les arrange pas, car ils achètent eux-mêmes les œufs à un prix élevé auprès de leurs fournisseurs.

« Les prix ont augmenté chez certains de nos fournisseurs. Si on doit payer une plaquette à 3 000 F pour vendre l’œuf à 100 F, on ne fait aucun bénéfice. Donc, je préfère ne plus en vendre, à moins de trouver un autre fournisseur qui vend la plaquette à 2 500 ou 2 000 F, comme les années antérieures », espère-t-il.

Lire aussi : /https://www.moussonews.com/des-commercants-sanctionnes-et-conduits-par-la-brigade-laabal-pour-des-travaux-dinteret-pour-avoir-vendu-des-oeufs-au-dessus-du-prix/

Le plafond du prix des œufs a été annoncé dans un communiqué conjoint signé le 7 juillet 2026 par les ministres en charge du Commerce et de l’Agriculture. Selon les autorités, cette mesure vise à protéger les consommateurs contre les hausses abusives des prix.

Depuis lors, la plaquette de 30 œufs est fixée à 2 600 FCFA à la sortie de la ferme pour les grossistes, à 2 750 FCFA lors de la vente des grossistes aux détaillants et à 3 000 FCFA chez le consommateur final, soit 100 FCFA l’œuf. Tout contrevenant s’expose à des sanctions.

Annick HIEN/MoussoNews


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