Ladies Days 2026 : Les femmes veulent prendre leur place dans les mines et l’énergie

La 4e édition des Ladies Days s’est tenue les 25 et 26 septembre 2026 à Ouagadougou autour du thème « Mines, énergie et leadership féminin : compétences et opportunités au cœur de la transition énergétique ». Pendant 48 heures, professionnelles, jeunes diplômées, étudiantes et aspirantes aux métiers miniers ont échangé sur les compétences, les opportunités et les moyens d’accéder davantage aux secteurs minier et énergétique.

À l’ouverture de cette édition tenue le vendredi 25 septembre 2026, la Présidente du Club des ingénieurs miniers du Burkina, Ariane Coulibaly, a rappelé la vocation de l’initiative : accompagner les jeunes filles, les outiller et les préparer à intégrer le secteur minier.

4è édition, Ladies Days

« Les Ladies Days, c’est d’accompagner les jeunes filles, les outiller et surtout les aider à avoir une formation adéquate dans le but d’intégrer le domaine minier », a-t-elle expliqué.

Présidente du Club des ingénieurs miniers du Burkina, Ariane Coulibaly

Pour cette ingénieure des mines, l’initiative permet également de réunir des jeunes femmes issues de différents domaines afin de les former et de les familiariser avec les réalités du secteur.

De la formation aux opportunités professionnelles

Pour cette 4e édition, les participantes ont notamment été amenées à s’intéresser aux différentes étapes de l’activité minière, du traitement du minerai à la production. L’entrepreneuriat, l’investissement et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) figuraient également au programme.

L’objectif est aussi de montrer que les opportunités ne se limitent pas à un emploi directement sur un site minier. « Au cas où tu n’as pas accès à rentrer dans la mine, au moins que tu puisses te créer une entreprise, avoir un financement et toi aussi te voir valorisée dans le domaine », a souligné Ariane Coulibaly.

Le patron de la cérémonie, le Ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a, lui aussi, insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des femmes et leur accès aux opportunités économiques et aux postes de décision.

Selon lui, 3 leviers doivent particulièrement retenir l’attention : « la formation et le renforcement des capacités », « l’accès aux opportunités économiques » et « l’occupation des instances décisionnelles ».

Le patron de la cérémonie, le Ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba

Le ministre a notamment appelé à encourager les jeunes filles à investir les filières scientifiques, technologiques et d’ingénierie. Il a également évoqué la nécessité de faciliter la participation des entreprises dirigées par des femmes à la chaîne de valeur minière et énergétique, notamment à travers le contenu local.

Lire aussi: https://www.moussonews.com/leadership-feminin-cest-partir-pour-la-3e-edition-des-ladies-days/

« Ce n’est pas un métier à un genre »

La question de l’accès des femmes aux métiers techniques a occupé une place importante dans les échanges. Représentant le parrain de cette 4e édition, Vincent Ouédraogo, PDG de Orode Mining, Ulrich Donald Ouédraogo a relevé certaines représentations encore présentes sur le terrain.

« La conduite des engins lourds, par exemple, la plupart du temps c’est les hommes qui sont là », a-t-il constaté. Il estime que certaines tâches restent encore difficilement accessibles aux jeunes femmes.

Ulrich Donald Ouédraogo, représentant le Parrain, le PDG de Orode Mining

Pour lui, cette situation doit évoluer. « Ce n’est pas un métier à un genre. C’est un métier pour les femmes, pour les hommes, dans tous les cas », a-t-il déclaré.

Le représentant du parrain a annoncé l’ouverture de possibilités de stages et de formation au profit des jeunes filles au sein de leur structure, notamment dans la conduite et l’opération d’engins utilisés dans les activités minières. Il a cité entre autres le drilling et le hauling, qui concerne le transport du minerai à l’aide d’engins lourds.

L’accompagnement annoncé ne devrait pas se limiter aux stages. « On te prend en stage, si on sent que tu es vraiment performant, on t’emploie », a-t-il indiqué. Il ajoute que certaines bénéficiaires pourraient également être recommandées auprès de partenaires.

Dans son discours lu par son représentant, le parrain a également appelé les femmes à investir les métiers techniques et les postes de responsabilité. Selon lui, la mine moderne ne se résume plus à la force physique et aux machines lourdes. Elle mobilise notamment la géologie, la planification, la sécurité, l’environnement, la maintenance, l’informatique, la gestion des flottes, la finance et les relations communautaires.

Une participante qui revient depuis la 1ère édition

Fatim Konaté est toujours au rendez vous des Ladies Days depuis sa 1ère édition. Présenté encore à cette 4è édition, pour elle, les Ladies Days constituent un espace de perfectionnement professionnel. Elle explique revenir chaque année pour enrichir ses connaissances.

« À travers les formations et les panels qu’ils proposent, ça enrichit un peu mon bagage intellectuel », témoigne-t-elle. Les thématiques abordées constituent pour elle une occasion de poursuivre son apprentissage et de nourrir sa curiosité, tout en ayant un intérêt pour sa carrière.

Fatim Konaté, participante

Au terme de 2 jours d’échanges, l’enjeu reste donc de transformer les discussions en possibilités concrètes : davantage de formation, de stages, d’emplois, d’entrepreneuriat et d’accès aux responsabilités pour les femmes dans les secteurs minier et énergétique.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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