PRAPS-2 : Plus de 5,4 milliards de FCFA mobilisés pour des initiatives impliquant près de 9 000 femmes

Le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS-2) a financé 283 sous-projets pour un montant total de 5,456 milliards de FCFA dans 6 pays sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad). Sur les 17 653 bénéficiaires recensés, 8 984 sont des femmes, soit près de 51 % des personnes touchées. Ces chiffres ont été présentés lors d’un webinaire organisé le jeudi 15 octobre 2026, consacré à l’autonomisation économique des femmes dans les chaînes de valeur pastorales.

Organisée à l’occasion de l’Année internationale des agricultrices, la rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur pastoral, notamment le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (APESS), le Réseau Billital Maroobé (RBM), l’AFAO, l’Institut de recherches et d’applications des méthodes de développement (IRAM) et la Banque Mondiale.

Seydou Konkobo, secrétaire exécutif par intérim du CILSS, a intervenu au nom de l’institution. Selon lui, au Sahel, le pastoralisme est un mode de vie avant d’être une activité économique.  »…Dans ce système la place de la femme restée méconnu, sous-estimé et peu valorisé; pourtant elle joue un rôle majeur dans l’équilibre des communautés pastorales et l’amélioration des chaines de valeurs de bétails », a-t-il rappelé tout en renchérissant qu’elle participe à l’entretien du cheptel, à la collecte et à la transformation du lait et de la viande en divers produits dérivés et à leur commercialisation.

Il a souhaité aux participant.e.s des échanges riches en résultats concrets mettant en avant les dispositifs d’accompagnements en faveur des femmes, des témoignages des bénéficiaires ainsi que des pistes d’actions concrètes pour la pérennisation du projet.

Seydou Konkobo, secrétaire exécutif par intérim du CILSS.

8 984 femmes bénéficiaires des financements

Selon Dr Franck Berthe, chargé du PRAPS-2 à la Banque Mondiale, les femmes occupent une place importante dans les activités pastorales, notamment dans les soins au bétail, la transformation laitière, la commercialisation et les services proposés sur les marchés à bétail. Pourtant, leur contribution demeure souvent peu visible, particulièrement dans les espaces de commercialisation du bétail, où les hommes sont davantage présents dans les transactions.

Dr Franck Berthe, chargé du PRAPS-2 à la Banque Mondiale.

Pour renforcer leur participation économique, le PRAPS-2 mise sur l’aménagement des marchés à bétail et la diversification des activités qui s’y développent. Des hangars et des espaces de vente dédiés aux femmes sont prévus, en complément de services tels que la restauration, la vente de produits laitiers et d’aliments pour bétail, le transfert d’argent et la recharge de téléphones.

Sur les 283 sous-projets financés à ce jour, 85 sont directement portés et dirigés par des femmes, pour un montant de 1,065 milliard de FCFA, soit près de 20 % du financement global.

La filière bétail-viande en tête des investissements

La répartition des financements met en évidence plusieurs secteurs d’intervention. La filière bétail-viande compte 148 sous-projets financés à hauteur de 3,33 milliards de FCFA, impliquant 3 225 femmes.

La filière lait totalise 55 sous-projets pour un montant de 1,095 milliard de FCFA, avec 1 158 bénéficiaires féminines. Les activités liées aux aliments pour bétail et au fourrage regroupent 72 sous-projets, représentant 945 millions de FCFA et mobilisant 4 589 femmes.

Enfin, 8 sous-projets consacrés aux services vétérinaires et aux activités connexes représentent 86 millions de FCFA et concernent 123 bénéficiaires féminines.

Des acquis à pérenniser

Au-delà des financements, le projet accompagne les femmes à travers des formations en gestion économique, un appui à l’accès aux microfinancements et une participation accrue aux comités de gestion des infrastructures marchandes. La transparence dans la gestion des taxes et des règles d’accès aux marchés figure également parmi les leviers mobilisés.

Toutefois, plusieurs difficultés persistent, dont l’accès aux investissements privés d’envergure et l’obtention de prix suffisamment rémunérateurs pour les produits commercialisés.

Le défi consiste désormais à pérenniser les activités financées et à étendre les initiatives ayant fait leurs preuves. Le PRAPS-2 ambitionne de financer, à terme, 316 sous-projets dans les 6 pays concernés.

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Le genre pris en compte dans le PRAPS-2

Dans la seconde phase du PRASP, le genre a été pris en compte. A en croire Habibata Adigoun Somtoré, Experte Genre /PRAPS-2, un diagnostic a été fait sur les défis majeurs d’intégration du genre dans le projet. A la suite, une stratégie régionale genre a été menée assortie d’un plan d’action. En effet, la stratégie a été traduite au niveau des pays avec 6 stratégies nationales et 6 plans d’actions qui décrivent les actions et axes prioritaires sur la base des défis majeurs relevés en terme d’intégration du genre dans la mise en œuvre du PRAPS ou des projets pastoraux en général.

Habibata Adigoun Somtoré, Experte Genre /PRAPS-2.

À en entendre Habibata Adigoun Somtoré, Experte Genre /PRAPS-2, la prise en compte du genre a fait cas de résultats satisfaisants en faveur des femmes. En terme de bilan, le projet a enregistré 4 500 000 de cibles de femmes bénéficiaires ; un guide abordant les actions sur le genre a été mis en œuvre. De plus, le projet a intégré une expertise sur le genre.

Plus de 4000 ont été formées et insérées dans les métiers porteurs, près de 150 cadres techniques féminins ont été formés au pastoralisme; plus de 21 000 femmes ont été soutenues pour des activités génératrices de revenues ; plus de 5000 femmes ont bénéficies des sous projets innovants de la chaîne de valeur du bétail ; et 350 comités de gestion avec au moins 15% de femmes actives.

Par ailleurs, le webinaire a également été marqué par la présentation d’un livre-le  »Manifeste » par Hindatou Amadou de l’APESS.  »Le Manifeste » est un document élaboré dans le cadre des universités des femmes en milieu pastoral et agropastoral en Afrique de l’Ouest et du Centre. Il contient les défis que rencontrent les femmes pastorales ainsi que les contraintes structurelles externes à combattre : Entre autres, l’insécurité persistante, restriction de la mobilité pastorale, faible application des politiques existantes… »Ce manifeste veut refonder l’agenda pastoral africain et ouest es centres africains à partir du leadership des femmes », a indiqué Hindatou Amadou.

Le manifeste est un document contenant les défis et les contraintes structurelles externes que rencontrent les femmes pastorales.

Placée sous le thème « Les femmes sahéliennes au cœur de la transformation des chaînes de valeur pastorales : l’accès à la formation, aux financements et aux infrastructures marchandes comme levier d’autonomisation et d’épanouissement », cette rencontre a permis de mettre en lumière les acquis des initiatives en faveur des femmes pastorales, tout en soulignant les efforts nécessaires pour renforcer durablement leur autonomie économique.

Annick HIEN/MoussoNews


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