TGI de Kaya : Z.M, seul homme parmi les 39 prévenus, à la barre

Z.M., 40 ans, employé de commerce, marié et père de 10 enfants, est le seul homme parmi les 39 prévenus poursuivis dans une affaire d’excision ayant fait une trentaine de victimes. Appelé à la barre lors de l’audience foraine du Tribunal de grande instance de Kaya, il reconnaît avoir donné son accord pour l’excision de 8 fillettes, dont 3 de ses enfants et 5 de ses sœurs.

À la barre, Z.M. doit répondre de son implication dans l’excision de 8 fillettes âgées de 8 à 10 ans. Âgé de 40 ans, l’employé de commerce est le seul homme parmi les 39 personnes poursuivies dans cette affaire examinée par le Tribunal de grande instance de Kaya.

Selon ses déclarations, les 8 fillettes concernées sont 3 de ses enfants et 5 de ses sœurs. Son rôle aurait consisté à faciliter leur transport à moto-taxi vers le lieu où les excisions devaient être pratiquées.

Interrogé sur la manière dont il a appris que T.K. pratiquait l’excision, il explique que ses tantes lui ont demandé de trouver un moyen de transport pour les enfants. Il précise qu’il n’était pas lui-même le conducteur du taxi-moto.

Le tribunal cherche ensuite à établir s’il avait donné son accord à l’excision des fillettes ou si celles-ci avaient été conduites à son insu.

« C’est moi-même qui ai donné mon accord, mais j’étais ignorant », répond-il.

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« Je ne sais pas. Je n’ai pas étudié »

L’interrogatoire se poursuit sur sa connaissance de l’interdiction de l’excision et sur les raisons qui l’ont conduit à accepter cette pratique pour des fillettes de sa propre famille.

Z.M. affirme qu’il ignorait que l’excision était interdite. Il reconnaît également ne pas connaître l’importance de cette pratique.

« Et pourquoi vous vous engagez dedans ? », lui demande-t-on.

« Je demande pardon, je ne savais pas », répond-il.

Le tribunal insiste alors sur sa perception de l’excision en lui demandant s’il estime qu’une fille non excisée peut être considérée comme étant dans une situation normale.

« Je ne sais pas. Je n’ai pas étudié. Tout ce que je peux dire, c’est pardon. J’étais ignorant », déclare-t-il.

Face aux questions, Z.M. revient à plusieurs reprises sur ses demandes de pardon. Multipliant à plusieurs reprises les demandes de clémence au lieu de réponses sur ses actes, le Tribunal le renvoya à sa place.

L’audience se poursuit à la mairie de Boussouma, dans le cadre d’une audience foraine organisée par le Tribunal de grande instance de Kaya en collaboration avec l’ONG ENABEL. Prévu sur 3 jours, ce procès concerne 39 prévenus poursuivis pour des faits d’excision ayant fait une trentaine de victimes. En se tenant hors des locaux habituels du tribunal, cette audience foraine vise également à rapprocher la justice des populations.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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