Eau potable: le changement climatique menace l’accès aux populations démunies dans le monde

Les répercussions du changement climatique sur l’approvisionnement en eau des personnes ne sont pas suffisamment considérées ; elles menacent de faire reculer de plusieurs dizaines d’années les progrès visant à garantir l’accès universel à l’eau salubre si des mesures ne sont pas instamment prises pour aider les communautés les plus démunies au monde à s’adapter aux variations climatiques.

Le dernier rapport en date de WaterAid, « Changer le cours des choses : L’état de l’eau dans le monde 2021 », indique de quelle manière les personnes sont dépourvues d’un accès à l’eau potable à mesure que des sécheresses toujours plus longues tarissent les sources, que l’eau de mer s’infiltre dans les nappes d’eaux souterraines et que des glissements de terrain emportent les pompes à eau. L’organisation de développement international montre qu’investir dans des systèmes hydrologiques qui assurent un approvisionnement fiable, quelles que soient les conditions météorologiques, constitue une ligne de défense robuste contre les conséquences du changement climatique.

Dans le cadre de la lutte cruciale pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre actuelles et futures dans le monde, la situation à laquelle sont aujourd’hui confrontés les pays les plus touchés par les effets du changement climatique n’a reçu que peu de considération ou d’investissements. WaterAid, une organisation internationale à but non lucratif, exhorte les gouvernements à accorder une plus grande priorité à l’eau dans leurs plans d’action en matière climatique.

S’ils ne bénéficient pas d’un meilleur accès à l’eau potable, les populations sont condamnées à passer leur vie à endurer les maladies, la pauvreté et l’interminable corvée pour chercher de l’eau. Dans le monde, il est estimé que les femmes et les filles consacrent déjà collectivement près de 200 millions d’heures par an, soit près de 23 000 ans, à marcher pour aller chercher de l’eau. Pour le dixième de la population mondiale qui n’a pas accès à l’eau potable à proximité de son domicile, le temps consacré à la collecte de l’eau ou à se remettre d’une maladie due à une eau insalubre, est autant de temps perdu que des communautés entières auraient pu mettre à profit pour bâtir un avenir meilleur. Mais au Burkina Faso, au 31 décembre 2020 seulement 76,4% de la population ont accès à l’eau potable, soit 23, 6% de la population qui  n’ont pas accès à l’eau potable.

En matière d’eau, le changement climatique agit comme un multiplicateur de dangers ; il exacerbe les problèmes liés à la mauvaise gestion des ressources en eau, au manque de volonté politique et à l’insuffisance des investissements. Dans le cadre du scénario climatique actuel, il est estimé que la pénurie d’eau engendrera le déplacement de 24 à 700 millions de personnes d’ici à 2030[i].

Actuellement, seuls 5 % de l’ensemble des fonds mondiaux destinés à financer l’action climatique sont destinés à aider les pays à s’adapter aux effets des variations climatiques, et ces fonds ne sont pas alloués en priorité aux communautés les plus vulnérables face au changement climatique. L’investissement destiné à veiller à ce que tous les individus, quel que soit leur lieu de résidence, bénéficient d’un accès à une source d’eau potable fiable afin d’aider les communautés à renforcer leur résilience au changement climatique est particulièrement inadapté au regard de la crise grandissante : certains des pays les plus vulnérables face au changement climatique ne perçoivent qu’un investissement de 1 dollar US par an et par personne à cet effet.

Le 31 mars, le gouvernement britannique organisera une manifestation virtuelle sur le thème du climat et du développement pour créer une dynamique, dans l’optique de la tenue cette année de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Glasgow (COP26). WaterAid Burkina Faso, invite également les gouvernements des pays à revenu faible et intermédiaire à prendre des mesures pour faire face aux menaces existantes et futures qui pèsent sur l’accès à l’eau dans le cadre de leurs plans nationaux d’action contre le changement climatique, notamment des contributions déterminées au niveau national, des plans nationaux d’action et des budgets nationaux. Par ailleurs, l’organisation internationale prie instamment les gouvernements de veiller à ce que les voix des communautés locales et des groupes marginalisés soient entendues dans le cadre de la planification des décisions concernant l’adaptation au changement climatique.

 

 Pour Eric MAMBOUE, Directeur pays de WaterAid Burkina Faso:

 « Le changement climatique complique la situation pour les populations vulnérables qui ne sont plus sûres de disposer d’un accès à l’eau potable pour leur besoin. Le fait que les personnes qui souffriront le plus des effets du changement climatique sont celles qui y auront contribué le moins constitue une injustice des plus criantes. 

 

 « L’accès à l’eau, reste un défi pour les Burkinabé. Le gouvernement devrait prendre l’engagement de prioriser et d’accorder des ressources suffisantes à l’eau, s’engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre et reconnaître le rôle essentiel de l’eau potable pour aider les communautés à s’adapter face au changement climatique »

À Ouagadougou :   Roch W. OUEDRAOGO, Manager Communication, [email protected], +(226) 25 37 41 70

À Londres : Ekene Oboko, chargée principale des relations avec les médias, [email protected]. Vous pouvez également nous contacter en dehors des heures de bureau au +44 (0) 7887 521 552 ou à l’adresse [email protected].

 

Notes à l’intention des rédacteurs :

WaterAid

WaterAid s’efforce de démocratiser l’accès à l’eau salubre, à des toilettes décentes et à une bonne hygiène pour tous et dans le monde entier, en moins d’une génération. Cette organisation internationale à but non lucratif opère dans 28 pays afin de changer la vie des personnes les plus pauvres et les plus marginalisées. Depuis 1981, WaterAid a permis à 27 millions de personnes d’accéder à de l’eau salubre et à 27 millions de personnes de bénéficier de toilettes décentes. Pour plus d’informations, consultez www.wateraid.org, suivez @WaterAidUK ou @WaterAidPress sur Twitter, ou retrouvez la page Facebook WaterAid UK à l’adresse www.facebook.com/wateraid.

  • 785 millions de personnes à travers le monde (soit une personne sur dix) ne disposent pas d’eau salubre à proximité de chez elles.[1]
  • 2 milliards de personnes à travers le monde (soit près d’une personne sur quatre) ne possèdent pas de toilettes décentes.[2]
  • Environ 310 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies diarrhéiques causées par le manque d’accès à l’eau et à l’assainissement. Cela représente près de 800 enfants par jour, soit un enfant toutes les deux minutes[3].
  • Chaque livre sterling investie dans l’accès à l’eau et la construction de toilettes rapporte en moyenne quatre livres sterling en gains de productivité[4].
  • Quinze livres suffisent à fournir de l’eau salubre à une personne.[5]

[1] Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’eau et de l’assainissement, Progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD

[2] Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’eau et de l’assainissement, Progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène : mise à jour 2017 et évaluation des ODD

[3] Prüss-Ustün et al. (2014) et The Institute for Health Metrics and Evaluation (2018)

[4] Organisation mondiale de la Santé (2012), Global costs and benefits of drinking-water supply and sanitation interventions to reach the MDG target and universal coverage

[5] www.wateraid.org.

[i] Organisation des Nations Unies (ONU) et ONU-Eau (2020). Water Scarcity. Disponible à l’adresse suivante : unwater.org/water-facts/scarcity/

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