Affaire « féminicide de Diane Yangwo » : L’IPBF relance le débat sur les violences conjugales à travers un ciné- débat

Battue à mort par son époux, l’enseignante camerounaise Diane Yangwo est décédée à l’hôpital en novembre 2023, des suites de violences physiques ayant provoqué des hémorragies internes abdominales. Son histoire, marquée par des appels à l’aide et une décision judiciaire vivement contestée, a été au cœur d’un ciné-débat organisé par l’Initiative Pananetugri pour le bien-être de la femme (IPBF), le dimanche 11 octobre 2026 à Ouagadougou.
Derrière les portes des foyers, certaines souffrances restent longtemps invisibles, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. L’histoire de Diane Yangwo en est une illustration. Enseignante et mère de 3 enfants, cette jeune Camerounaise a succombé à des violences physiques infligées par son époux. Avant le drame, elle avait tenté de dissimuler les souffrances vécues dans son foyer. Ses proches avaient des soupçons, mais aucune intervention n’a permis d’empêcher l’irréparable.

C’est dans ses derniers instants, alors qu’elle agonisait, que la victime a appelé à l’aide pour être sauvée de son mari. L’autopsie a révélé une mort consécutive à des violences physiques compliquées d’hémorragies internes abdominales.
Au-delà du drame, le sort judiciaire de son époux a suscité une vive indignation au sein de la société camerounaise. Selon les informations présentées autour de l’affaire, il a été condamné à 5 ans de prison avec sursis et à une amende de 52 000 FCFA. Une décision fortement contestée, qui a relancé les interrogations sur la réponse judiciaire face aux violences conjugales.
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Briser le silence autour des violences conjugales
C’est cette histoire douloureuse, retracée dans un film documentaire réalisé par Canal+, qui a servi de point de départ aux échanges lors d’un ciné-débat organisé par l’IPBF au Ciné Burkina, à Ouagadougou, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.

L’initiative entendait attirer l’attention sur les violences basées sur le genre (VBG), leurs conséquences sur les victimes et les dangers du silence qui les entoure. Car, au-delà des blessures physiques, les violences conjugales peuvent laisser des souffrances profondes, parfois longtemps tues, jusqu’à ce qu’elles conduisent au drame.
Pour Dre Touwendé Miloungou / Bamogo, du Laboratoire Genre et Développement de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, la prévention passe d’abord par une prise de conscience collective.
« Pour prévenir les VBG, il faut d’abord une prise de conscience. Certaines victimes n’ont pas conscience d’être violentées, et certains auteurs ne savent pas que leurs actes ne sont pas normaux. Ils invoquent la société, les normes sociales et beaucoup incriminent même la religion », souligne-t-elle.
L’enseignante insiste également sur l’éducation au respect et à l’égalité des droits dès l’enfance. « Il faut que les enfants comprennent que la fille, la femme et le garçon ont à peu près les mêmes droits et le droit à la vie. Il faut donc apprendre à valoriser le respect et à chasser les actes de violence de nos familles », ajoute-t-elle.
Elle plaide, si possible, pour l’introduction des études de genre dans les manuels scolaires afin que chaque personne soit estimée et considérée. Un travail de longue haleine, reconnaît-elle, mais nécessaire pour faire évoluer les mentalités.
Pour cette activité, l’IPBF a bénéficié de l’accompagnement de Canal+, qui a offert le film, et de Savane Médias, chargé de la communication et de la mobilisation. Au terme de la cérémonie, des attestations de reconnaissances ont été attribués à des leaders religieux pour leur engagement féministes.

À travers ce ciné-débat, l’association a mis en lumière une réalité qui dépasse le cas de Diane Yangwo. Elle interpelle que les violences conjugales ne doivent ni être banalisées ni considérées comme une affaire strictement privée. Les soupçons de l’entourage, les souffrances cachées et les appels à l’aide doivent interpeller chacun sur son rôle dans la prévention de ces drames.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
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