Après le décès de sa sœur Halima, son frère dénonce le poids du harcèlement sur les réseaux sociaux

La mort de Halima, survenue à la suite d’une crise cardiaque, a profondément marqué son frère. Dans un témoignage livré après sa disparition, celui-ci revient sur les derniers échanges avec sa sœur, son mal-être et les messages qu’elle recevait sur les réseaux sociaux.

Selon son frère, Halima est décédée le 26, à 21 heures. Quelques heures auparavant, à 18 heures, les deux avaient échangé au téléphone. Après son décès, il dit avoir consulté le téléphone de sa sœur et découvert plusieurs messages qu’elle aurait reçus sur les réseaux sociaux, certains la qualifiant de « folle » ou l’invitant à « aller se faire soigner ».

Pour lui, ces messages témoignaient d’une incompréhension de la dépression. « La dépression n’a rien à voir avec la folie », affirme-t-il.

Dans son témoignage, le frère de Halima estime que les personnes confrontées à des troubles de santé mentale sont encore trop souvent réduites à leur maladie ou stigmatisées.

Il raconte avoir été particulièrement marqué par le contraste entre certains messages reçus par sa sœur de son vivant et les réactions après sa disparition. Il dénonce des comportements qu’il qualifie de harcèlement sur les réseaux sociaux, tout en regrettant que certaines personnes aient exprimé leurs regrets seulement après sa mort.

« Pourquoi les gens attendent que tu meures pour avoir des regrets ? », s’interroge-t-il. Il évoque également les relations de Halima dans le milieu du showbiz, estimant que certaines personnes qui lui souriaient en public n’entretenaient pas nécessairement les mêmes sentiments à son égard en privé.

Le dernier échange entre Halima et son frère portait, selon son récit, sur une amie proche avec laquelle elle était en conflit.

Halima lui aurait confié que cette amie ne voulait plus lui parler. Son frère lui aurait alors conseillé de ne pas s’attarder sur cette situation.
« Halima, tu t’en fous. Elle ne veut pas te parler, fais ta vie », lui aurait-il dit.

Il raconte également avoir, quelques jours auparavant, contacté cette amie alors que Halima venait de sortir de l’hôpital. En pleurs, il lui aurait demandé de reprendre contact avec Halima, convaincu que leur éloignement pouvait avoir des conséquences. « Je lui ai dit : quelque chose va se passer, et si tu ne parles pas avec elle, quelque chose va se passer », rapporte-t-il.

Le soir même, Halima lui aurait transféré des messages concernant cette situation. Ce seront, selon lui, leurs derniers échanges. Après le décès de sa sœur, il affirme avoir appelé en premier cette amie. Celle-ci se serait ensuite rendue à l’hôpital, en pleurs. « On ne doit pas vivre pour les autres ».

La disparition de sa sœur a également changé son propre rapport à la vie. Il confie avoir auparavant eu peur de la mort. Désormais, sa principale crainte serait de quitter ce monde dans une situation qui ne correspondrait pas à ce qu’il considère comme acceptable devant Dieu.

Cette épreuve lui aurait surtout appris, dit-il, à ne pas vivre dans le regard des autres.
« Le départ de ma sœur m’a montré qu’on ne doit pas vivre pour les gens. On ne doit pas vivre pour les autres. Parce que les autres ne vivent pas pour nous », témoigne-t-il.

Pour lui, apprendre à s’aimer sincèrement permet également de mieux choisir les relations que l’on entretient. « Si tu t’aimes assez, tu te dis : cette personne ne m’aime pas, alors je ne vais pas m’approcher de cette personne », explique-t-il.

Annick HIEN/MoussoNews


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