Awa Melone, artiste musicienne chanteuse : ‘’ Les clichés ne peuvent freiner les talents’’

Awa BakayoKo alias Awa Melone (Mélone qui veut dire en langue dioula ‘’ je me connais’’ est une jeune femme aux multiples talents. Après dix ans d’absence sur la scène musicale, là-voilà de retour avec ‘’ Tama’’ un album de 10 titres. Dans cette interview accordée à Mousso News, elle revient sur ses projets et sa vie de famille.

 

Comment se porte ‘’Tama’’ quelques mois après sa sortie ?

L’album TAMA se porte  très bien. Merci

 La suite, c’est quoi ? Des tournées africaines, européennes, américaines ?

La suite c’est un concert à Ouaga,  un autre  à l’institut Français de Bobo Dioulasso en fin d’année et un concert à Abidjan s’il plaît à Dieu.

Mon staff travaille aussi à planifier un certain nombre de concerts sur l’année 2018 en Europe (France, Belgique, Italie) et au Canada. Nous avons des idées de collaboration avec d’autres artistes que nous partagerons avec les fans en temps opportun.

Je mets aussi à profit le calme du mois d’août pour renouer avec la guitare.

Pourquoi vous avez pris tout ce temps, près de 10 ans, avant de revenir sur la scène musicale ?

J’ai pris tout ce temps pour travailler minutieusement sur l’album afin qu’il soit de bonne facture. Il a fallu prendre du temps aussi pour m’organiser et  trouver le staff qu’il fallait pour m’accompagner dans la marche. Le résultat c’est l’album Tama qui est sorti au mois de mai, que vous avez tous accueilli  avec beaucoup d’enthousiasme.

Quelles sont vos relations avec les autres artistes du Burkina notamment les femmes ?

J’ai de très bonnes relations avec tous les artistes du Burkina Faso. Et d’ailleurs avec beaucoup d’autres de la sous-région et d’ailleurs.

On constate que la musique féminine au Burkina n’est pas au firmament. Comment peut-on expliquer cette situation ?

Qui parle de musique parle aussi d’industrie. Qui intègre alors toute une chaine de valeurs qui ne sont pas forcément réunies  ici au Faso.  Pour exemple nous avons des difficultés de production.

Ayant l’amour et la passion de la musique nous produisons généralement nous-mêmes nos  albums avec le peu de moyens financiers que nous avons. Apres on se retrouve face à des problèmes  financiers pour les aspects de promotion. Evidemment cela a un impact sur les autres maillons de la chaine à savoir la distribution et le rayonnement même de l’artiste à l’international. Et je pense que cela s’applique à tous les artistes musiciens, que l’on soit femme ou homme.

Awa est-elle mariée ? Combien d’enfants ?

Je ne suis pas marié, je n’ai pas d’enfant non plus. Cependant, comme on le dit souvent, je ne suis plus un cœur à prendre.

Comment arrivez-vous à concilier la vie de foyer (couple) à la vie d’artiste ?

Je n’ai pas de souci  à concilier les deux. Mon compagnon comprend fort heureusement mon métier et m’accompagne comme il se doit.

Beaucoup de clichés sur les femmes artistes. Vous en êtes souvent victimes ?

Bien évidemment. Mais quand tu fais ton travail honnêtement, ce genre de cliché ne peut te freiner. On fait avec et on avance.

 

A votre avis, qu’est-ce qui doit être fait pour davantage propulser la musique burkinabè sur la scène internationale ?

Il faut à mon avis une politique conséquente d’appui à la production et à la promotion. Il y a des tentatives remarquables d’accompagnement du Ministère de la Culture et du BBDA que je salue au passage. Je pense aussi qu’il faut encourager le mécénat. Cela va faciliter les actions des entreprises  qui voudront bien accompagner nos initiatives.

Je voudrais terminer en encourager mes collègues artistes à continuer à s’inscrire dans la dynamique d’un travail permanent, structurant, de qualité afin de proposer des œuvres de qualité. C’est cela qui va nous propulser, car ne dis-t-on pas que les meilleures galettes se vendent seules ?

Propos recueillis par Bassératou KINDO

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