Banao Rachid : Étudiant, il transforme les fruits forestiers en 42 produits

Étudiant en troisième année d’agrobusiness et développement durable, Banao Rachid est également promoteur de »DATTJUB Burkina », une entreprise spécialisée dans la transformation des produits forestiers non ligneux. À travers 42 produits développés, il entend valoriser les ressources locales et rendre leurs dérivés plus accessibles aux consommateurs.

Des fruits forestiers aux confitures, en passant par les boissons, les bonbons gélifiés et le café, Banao Rachid explore les possibilités de transformation des ressources locales. Étudiant en troisième année d’agrobusiness et développement durable, il est à la tête de »DATTJUB Burkina », une entreprise qu’il a lancée il y a près de trois ans et qui s’intéresse particulièrement à la valorisation des produits forestiers non ligneux.
Son intérêt pour ces ressources remonte à l’enfance. Grand consommateur de fruits forestiers grâce à sa grand-mère, il décide, une fois à l’université, de s’intéresser davantage à leur potentiel. Ses recherches lui permettent de constater, selon lui, que ces produits restent insuffisamment valorisés au Burkina Faso.
« Je me suis dit, pourquoi ne pas essayer de trouver des transformations qui peuvent être adaptées à ces différents fruits-là ? », explique-t-il. De cette réflexion naît la marque DATTJUB Burkina, avec l’ambition de proposer des produits transformés à partir de ressources disponibles localement.
42 produits développés
L’entreprise travaille principalement avec 3 fruits : les dattes du désert, le détarium et le jujube. À partir de ces matières premières, le jeune entrepreneur affirme avoir développé 42 produits répartis en 4 grandes gammes.
L’offre comprend notamment des confitures avec ou sans sucre ajouté, des pâtes à tartiner, des sirops, des citronnades, des milk-shakes, des nectars, des bonbons gélifiés et du vin. Plus récemment, il s’est également lancé dans la mise au point de cafés à base de ces fruits.

Cette diversification répond à une volonté de toucher différentes catégories de consommateurs. Selon lui, si les confitures intéressent davantage certains adultes, les boissons et les bonbons rencontrent, un intérêt particulier auprès des jeunes, notamment dans les universités.
Le café constitue l’une de ses pistes de développement. Lors de la semaine de l’orientation, le CEO 2026, il affirme avoir fait déguster ses préparations à près de 500 personnes, dont les retours ont été encourageants. Toutefois, avant une commercialisation plus large, il estime nécessaire de poursuivre les essais et de faire vérifier la qualité des produits en laboratoire.
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Entre études et entrepreneuriat
Concilier les études universitaires et la gestion d’une entreprise représente un défi, mais le jeune promoteur estime que sa formation facilite cette articulation. De son avis, l’agrobusiness et le développement durable lui fournissent des connaissances qu’il cherche à appliquer directement à son activité.
Au sein de son entreprise, il indique travailler avec une équipe de 5 personnes. Il prend personnellement en charge la recherche, le développement et la transformation, tandis qu’il bénéficie d’un appui pour les autres volets de l’activité.
Pour commercialiser ses produits, ‘DATTJUB Burkina‘ s’appuie principalement sur le bouche-à-oreille, les événements, les commandes pour des anniversaires et d’autres occasions, ainsi que sur quelques points de vente. Les universités constituent également un débouché important pour certaines de ses gammes.
La sensibilisation, un défi majeur
Malgré la diversité de son offre, Banao El Rachid fait face à plusieurs difficultés. La première concerne la sensibilisation des consommateurs, encore peu familiers avec certaines de ces transformations. « La population n’est pas éduquée à la consommation des produits que nous proposons pour le moment », relève-t-il. Selon lui, il faut souvent expliquer aux clients la nature des fruits utilisés et les possibilités de transformation avant de susciter leur intérêt.

La capacité de production constitue un autre obstacle. L’entreprise ne dispose pas encore des moyens nécessaires pour produire à grande échelle. À cela s’ajoute la saisonnalité des matières premières, qui complique l’approvisionnement et la conservation des stocks. Les déplacements vers des zones reculées pour se procurer les fruits peuvent aussi entraîner des pertes lorsque les matières premières sont de qualité insuffisante.
Pour surmonter certaines difficultés techniques, le promoteur continue par ailleurs de solliciter les connaissances des personnes âgées qui maîtrisent les usages traditionnels de ces fruits. Sa grand-mère, qui lui a transmis le goût des produits forestiers, reste une personne auprès de laquelle il prend conseil.
Vers une transformation sans déchets
À l’avenir, Banao El Rachid souhaite aller au-delà de la production de denrées alimentaires. Son ambition est de mettre en place un système de valorisation intégrale dans lequel chaque partie du fruit pourrait être exploitée.

« Je veux aller dans le zéro déchet », affirme-t-il. La pulpe est déjà utilisée pour fabriquer différents produits, mais il souhaite également valoriser les graines et les résidus issus de la transformation. Le manque de moyens demeure toutefois un frein à la concrétisation de cette ambition.
Sur le plan commercial, il aspire à faire de ‘DATTJUB Burkina un distributeur de référence des produits finis issus des ressources forestières non ligneuses. Il souhaite, à terme, dépasser les frontières nationales et faire connaître le savoir-faire burkinabè à l’extérieur.
« Le local peut être et doit être désirable », a-t-il indiqué. Pour lui, l’enjeu est de faire évoluer les habitudes de consommation et de démontrer que les ressources locales peuvent donner naissance à des produits diversifiés, adaptés aux attentes des consommateurs.
En attendant de concrétiser ses ambitions, l’étudiant-entrepreneur poursuit le développement de ses produits, avec la volonté de contribuer à une meilleure valorisation des richesses forestières du Burkina Faso.
Annick HIEN/MoussoNews
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