Bobo : 722 demandes de divorce enregistrées en 5 ans

À Bobo-Dioulasso, les séparations devant la justice ne cessent d’interpeller. Entre 2020 et 2024, le Tribunal de grande instance (TGI) a enregistré 722 demandes de divorce. Derrière ces chiffres se cachent des histoires de ruptures, de conflits conjugaux et, souvent, des enfants confrontés aux conséquences de la désunion de leurs parents.
Selon les données communiquées par le juge Boukary Koanda, magistrat au Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, le nombre de demandes de divorce a connu une forte progression au cours de la période étudiée.
Après 71 demandes enregistrées en 2020, le tribunal en a reçu 172 en 2021, puis 189 en 2022. L’année 2023 a enregistré 188 demandes avant un recul à 102 dossiers en 2024. Au total, 373 divorces ont été prononcés sur les 722 demandes enregistrées durant ces cinq années.
Le divorce contentieux largement majoritaire
Le magistrat indique que 2 procédures existent en droit burkinabè notamment le divorce par consentement mutuel, lorsque les deux époux décident ensemble de mettre fin au mariage, et le divorce contentieux, engagé à la demande d’un seul conjoint. Dans la pratique, c’est cette seconde procédure qui est la plus fréquente devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Elle suppose que le conjoint demandeur apporte des preuves des faits reprochés à son époux ou à son épouse.
Adultère, violences et abandon du foyer en tête des motifs
Les causes les plus souvent invoquées devant la justice restent relativement constantes. Il s’agit principalement de l’adultère, des violences physiques ou morales, des sévices, des injures graves ainsi que de l’abandon moral ou matériel du foyer. Le juge relève également des situations où la sécurité des enfants ou la stabilité familiale sont gravement compromises par le comportement de l’un des époux. Les séparations de fait prolongées, d’au moins trois ans, figurent également parmi les motifs régulièrement retenus.
En revanche, les cas liés à l’absence déclarée d’un conjoint, à l’impuissance ou à la stérilité médicalement constatée demeurent très rares dans les dossiers examinés. Pour le magistrat, cette multiplication des demandes de divorce traduit avant tout un non-respect des droits et des devoirs réciproques des époux consacrés par le Code des personnes et de la famille. Il estime toutefois que les seules explications juridiques ne suffisent pas à comprendre cette évolution.
Les transformations sociales, les mutations des rapports au sein du couple et les réalités économiques peuvent également contribuer à fragiliser les unions.
La conciliation, une étape obligatoire mais rarement concluante
Avant qu’un divorce contentieux ne soit prononcé, la loi impose au juge de tenter une conciliation entre les époux. Cette étape vise à offrir une dernière possibilité de préserver le mariage.
Dans les faits, cette tentative aboutit rarement. Le juge Boukary Koanda confie n’avoir réussi à réconcilier qu’un seul couple parmi toutes les procédures de divorce qu’il a eu à instruire. Selon lui, lorsqu’un dossier arrive devant le tribunal, les époux ont généralement déjà épuisé toutes les démarches de réconciliation auprès de leurs familles ou de leurs proches.
Au-delà de la procédure judiciaire, le divorce entraîne souvent des conséquences importantes sur les enfants mineurs, notamment sur leur équilibre affectif, leur éducation et leur cadre de vie.
Source : Ouest Infos
Repris par Annick HIEN/MoussoNews
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