Bobo : Femme de chambre depuis 17 ans, Marie veut faire du nettoyage une opportunité pour d’autres

Depuis 2008, Kanzié Marie Claire Sawadogo travaille dans le nettoyage hôtelier. À l’occasion de la Semaine nationale de la culture (SNC), elle nettoie en moyenne 10 chambres par jour. Ses journées commencent à 7 heures et peuvent se terminer vers 15h ou 16h, selon la charge de travail.

Avant d’entrer dans le nettoyage hôtelier, Marie vendait des cartes de recharge. C’est à la suite de difficultés familiales liées à la maladie de sa fille qu’elle s’oriente vers ce métier, grâce à une responsable d’auberge qui lui propose de travailler avec elle. « Depuis 2008, je suis dedans », explique-t-elle.
Son parcours scolaire s’est arrêté en classe de 4e. Malgré cela, elle a construit son expérience sur le terrain. Dans son quotidien, elle doit faire face à plusieurs réalités : chambres très sales, clients exigeants ou comportements irrespectueux. « Il y a des gens qui font n’importe quoi, mais on est habituées », révèle-t-elle.
Payée au mois, elle dit composer avec ses revenus pour faire vivre sa famille, tout en développant progressivement d’autres activités. En parallèle, elle tient un kiosque où elle vend notamment des pagnes, des chaussures et divers articles.
Aujourd’hui, son principal projet reste le nettoyage. Dans son quartier de Belleville, sur la voie d’Orodara, elle a déjà réuni 42 femmes autour d’une initiative d’association. L’objectif est de former des femmes sans emploi aux métiers du nettoyage et de leur permettre d’obtenir des contrats.

Les rencontres se tiennent 2 fois par mois, les 15 et 30, afin d’organiser cette activité. « Chaque femme peut avoir quelque chose dans sa poche pour se débrouiller », affirme-t-elle.
Pour Kanzie Marie Claire, le nettoyage peut représenter une source de revenus accessible, même sans diplôme, à condition de travailler avec sérieux. Son conseil aux jeunes filles est de faire le travail proprement, avec engagement, et le considérer comme une véritable activité professionnelle.
Annick HIEN/ MoussoNews



