Burkina : 470 veuves, orphelins et blessés de guerre formés aux métiers

470 veuves, orphelins, épouses de blessés et blessés en opération ont achevé leur formation professionnelle. Ils constituent la 4ᵉ promotion du programme de formation de l’Agence nationale de soutien aux veuves, orphelins et blessés de guerre (ASVOVIG). La cérémonie officielle de sortie s’est tenue le vendredi 4 septembre 2026.

De la coiffure-esthétique à la mécanique, en passant par la coupe-couture, la cuisine-pâtisserie et la saponification-éco-cosmétique, la 4ᵉ promotion du programme de formation de l’ASVOVIG entend donner aux bénéficiaires des moyens de reconstruire leur vie professionnelle.

Au total, 470 bénéficiaires ont pris part à cette session. Parmi eux, 285 veuves, orphelins et épouses de blessés ont été formés dans les métiers de la coiffure-esthétique, de la coupe-couture, de la cuisine-pâtisserie et de la saponification-éco-cosmétique. 185 blessés en opération ont, pour leur part, été formés dans les domaines de la conduite, de la mécanique automobile et de la mécanique moto.

La formation, qui était jusque-là organisée à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, a également été déployée à Kaya et Fada N’Gourma pour cette quatrième promotion.

« Retrouver les moyens de tenir debout »

Pour les bénéficiaires, cette formation représente davantage qu’un simple apprentissage professionnel. Dans leur discours commun, leurs représentants ont rappelé les difficultés auxquelles sont confrontées les familles après la perte d’un proche ou à la suite d’une blessure en opération.

« Après la perte de nos époux, il a fallu affronter une réalité nouvelle : continuer à vivre, élever nos enfants, payer la scolarité, assurer le repas du soir et se relever malgré tout », a expliqué la représentante des veuves.

La formation leur a ainsi permis, selon elle, de développer des compétences, mais aussi de retrouver confiance en elles et d’envisager une activité génératrice de revenus.

Les bénéficiaires ont également insisté sur l’apport des modules de développement personnel, d’initiative personnelle et d’éducation financière, introduits dans cette promotion. Un stage pratique leur a par ailleurs permis de se confronter aux réalités du monde professionnel.

Pour les blessés en opération, la formation constitue une possibilité de poursuivre leur parcours professionnel malgré les nouvelles contraintes liées à leurs blessures. « La blessure change un parcours, elle n’anéantit ni la volonté, ni l’intelligence, ni la capacité de servir autrement », a souligné leur représentant.

Le médecin-colonel Lamine Ouédraogo, le directeur général de l’ASVOVIG.

De la formation à l’autonomie

Prenant la parole au nom de l’ASVOVIG, le directeur général, le médecin-colonel Lamine Ouédraogo, a insisté sur la nécessité de ne pas limiter l’accompagnement à la formation. Selon lui, l’enjeu est désormais de permettre aux bénéficiaires de transformer les compétences acquises en activités économiques durables et génératrices de revenus.

« Former est indispensable et notre ambition doit désormais être de créer les conditions permettant aux compétences acquises de devenir effectivement des activités économiques durables et génératrices de revenus », a-t-il déclaré.

L’ASVOVIG souhaite ainsi renforcer les partenariats autour de l’acquisition de kits d’installation, de l’accueil en stage, de l’accompagnement entrepreneurial et de l’accès aux mécanismes de financement.

La Nation appelée à poursuivre l’accompagnement

Présidant la cérémonie, le ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général de division Célestin Simporé, a rappelé la responsabilité de la Nation envers les familles des combattants tombés et les blessés en opération.

Pour lui, cette responsabilité ne doit pas se limiter à la compassion ou aux hommages. Elle doit permettre à une veuve de retrouver son autonomie, à un orphelin de préparer son avenir et à un combattant blessé de disposer de nouvelles perspectives professionnelles.

Le ministre a également salué l’introduction des modules de développement personnel et d’éducation financière ainsi que la période d’immersion professionnelle.

Les bénéficiaires ont reçu des kits d’installation.

Il a toutefois appelé à mesurer désormais la réussite des programmes non seulement au nombre de personnes formées, mais aussi au nombre de bénéficiaires effectivement insérés et capables de vivre durablement de leur activité.

Au delà de la cérémonie de clôture, les bénéficiaires ont reçu des kits d’installation.

Annick HIEN/MoussoNews


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