Burkina : La Commune de Ouagadougou veut adapter les compétences des jeunes aux besoins du marché de l’emploi

Le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Ouagadougou, Maurice Konaté, a procédé, ce jeudi 15 octobre 2026, à l’ouverture du cadre de concertation des centres de formation professionnelle. Cette rencontre vise à renforcer le dialogue entre la commune et les centres de formation afin de mieux adapter les compétences des jeunes aux besoins de l’économie et de favoriser leur insertion professionnelle.
La question de l’emploi, de l’employabilité et de l’autonomisation économique des jeunes constitue un enjeu majeur pour le Burkina Faso et particulièrement pour la commune de Ouagadougou. C’est dans ce contexte que s’inscrit le cadre de concertation des centres de formation professionnelle avec la commune, ouvert par Maurice Konaté.

Dans son discours d’ouverture, le PDS a souligné l’importance de cette rencontre, qui traduit, selon lui, l’attention accordée à la formation professionnelle et à l’avenir de la jeunesse. Il a salué l’engagement des responsables des centres de formation, dont le travail contribue à préparer les jeunes aux métiers et aux réalités du monde professionnel.
Pour Maurice Konaté, l’enjeu est de s’assurer que les compétences transmises correspondent aux besoins réels de l’économie et aux transformations de la société. Il estime ainsi nécessaire de dépasser une approche uniquement centrée sur la formation pour intégrer toute la chaîne allant de l’orientation à l’emploi, en passant par la qualification, l’apprentissage, l’insertion et l’entrepreneuriat.
« Que faisons-nous pour qu’un jeune qui entre dans un centre de formation puisse, à sa sortie, disposer non seulement d’un diplôme ou d’une qualification, mais surtout d’une compétence lui permettant de travailler, d’entreprendre et de créer de la valeur ? », s’est-il interrogé.
Identifier les filières porteuses et les métiers émergents
Considérant les centres de formation professionnelle comme des partenaires essentiels du développement local, Maurice Konaté souhaite que cette concertation permette de mieux connaître l’offre de formation existante dans la commune, les filières proposées, les effectifs formés, les difficultés rencontrées, les besoins en équipements ainsi que les perspectives d’insertion des jeunes.
Il a également insisté sur la nécessité de prendre en compte l’évolution du monde du travail, notamment sous l’effet du numérique, qui transforme les activités économiques et fait émerger de nouveaux métiers.
La rencontre devra donc accorder une place importante à l’identification des filières porteuses et des métiers émergents, afin de mieux préparer les jeunes aux besoins actuels et futurs du territoire.
Le PDS a par ailleurs plaidé pour un renforcement de la dimension entrepreneuriale de la formation professionnelle. Selon lui, les jeunes ne doivent pas être préparés uniquement à rechercher un emploi salarié, mais également à créer leur propre activité et, lorsque les conditions le permettent, à générer des emplois pour d’autres jeunes.
Cela suppose, a-t-il relevé, de développer, au-delà des compétences techniques, des aptitudes en gestion, en marketing, en gestion financière, en innovation et en utilisation du numérique.
La commune veut jouer un rôle de facilitateur
Maurice Konaté a précisé que la commune de Ouagadougou n’entend pas se substituer aux structures nationales compétentes en matière de formation professionnelle. Son rôle, a-t-il expliqué, est plutôt de faciliter les échanges, de fédérer les acteurs et d’animer la dynamique territoriale.
À cet effet, la commune entend renforcer progressivement le dialogue avec les centres de formation, les entreprises, les organisations professionnelles, les structures d’accompagnement et les organisations de jeunesse.
Le PDS souhaite notamment une meilleure connaissance de l’offre de formation, l’identification des filières prioritaires, le rapprochement entre les centres et les entreprises, la promotion des stages et de l’apprentissage, le renforcement de la formation à l’entrepreneuriat ainsi que l’amélioration de l’orientation des jeunes.
Il a également insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de suivi de l’insertion des jeunes formés et de privilégier des résultats mesurables et des actions concrètes.
Pour lui, la jeunesse ne doit pas être considérée uniquement comme une bénéficiaire des politiques publiques, mais comme une force de production, d’innovation, d’entrepreneuriat et de transformation de la ville.
4 communications au programme
Au cours de la journée de concertation, 4 communications ont été partagées à l’assemblée. Elles ont porté sur l’adéquation entre la formation et l’emploi, notamment les compétences nécessaires à l’insertion des jeunes ; les dispositifs d’accompagnement et de suivi de l’insertion professionnelle des apprenants ; la normalisation, la qualité et la régulation des centres de formation privés ; ainsi que le Manifeste de la Révolution.

Ces communications ont permis aux promoteurs et gestionnaires des centres de formation d’approfondir leurs connaissances sur des préoccupations majeures du secteur et de mieux répondre aux aspirations des jeunes.
Une concertation appelée à durer
Le PDS de la Commune de Ouagadougou a exprimé le souhait de voir cette rencontre poser les bases d’un dialogue permanent entre la commune et les centres de formation professionnelle.
L’ambition affichée est de construire progressivement un écosystème local de formation, de compétences, d’emploi et d’entrepreneuriat plus cohérent et plus efficace, au service de la jeunesse de Ouagadougou.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
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