Burkina : La production céréalière burkinabè progresse de 53 % en 2 ans

La production céréalière du Burkina Faso est passée de 4,66 millions de tonnes avant le lancement de l’Offensive agropastorale et halieutique à 7,14 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 53 %. Ces chiffres ont été présentés le mardi 6 octobre 2026 lors d’un panel organisé dans le cadre de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).

Animé par le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, le panel avait pour thème : « Du champ au marché : produire et consommer burkinabè pour renforcer notre souveraineté ».

La production céréalière dépasse les besoins nationaux
Selon les données présentées par le ministre d’État, les efforts engagés depuis 2023 ont permis d’accroître sensiblement la production agricole nationale. Avec 7,14 millions de tonnes de céréales produites en 2025, le Burkina Faso a atteint un niveau correspondant à 124 % de ses besoins céréaliers nationaux.

Cette progression marque une évolution importante par rapport à la situation antérieure au lancement de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. En 2022, le pays faisait face à une situation de dépendance alimentaire malgré son potentiel agricole, hydraulique et pastoral. Près de 19,2 % de la population était alors en situation de sous-alimentation, tandis que 148,5 milliards de FCFA étaient consacrés aux importations de riz et de blé.

En effet, la production de riz paddy a franchi pour la première fois le seuil du million de tonnes, avec 1 008 737 tonnes en 2025. La production de maïs s’est établie à 2 686 531 tonnes. Ces résultats ont été soutenus par des investissements dans l’aménagement agricole, la maîtrise de l’eau, la mécanisation et la fourniture d’intrants. Au cours de la période 2023-2025, 11 774 hectares de périmètres irrigués et 41 275 hectares de bas-fonds ont été aménagés, tandis que 120 158 hectares ont été labourés.

Au-delà de la production, sécuriser les débouchés

Pour le Gouvernement, l’augmentation des volumes produits doit s’accompagner de mécanismes permettant aux producteurs de vendre leur récolte dans de meilleures conditions. Dans cette perspective, la transformation de la SONAGESS en centrale d’achats doit notamment renforcer la collecte des céréales directement auprès des producteurs. Au cours de la campagne 2025-2026, plus de 350 000 tonnes de céréales ont été achetées.

Les stocks de souveraineté alimentaire dépassent désormais 380 000 tonnes, selon les données communiquées au cours du panel. Cette capacité de stockage doit permettre au pays de mieux faire face aux périodes de soudure et de renforcer la régulation du marché.

La transformation, prochain défi

L’enjeu est désormais de valoriser davantage cette production nationale. Le Gouvernement entend développer les infrastructures de stockage et de transformation afin de mieux relier la production aux marchés et à la consommation.

À ce jour, le dispositif comprend notamment 418 magasins de stockage, 11 chambres froides, une unité de surgélation de poisson, 63 unités de transformation et 398 kits d’étuvage du riz.
La stratégie vise ainsi à structurer une chaîne de valeur allant de la production à la consommation, en passant par la collecte, le stockage et la transformation.

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Une nouvelle phase pour maintenir la dynamique

Pour la période 2026-2028, l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique prévoit de consolider ces acquis. Son coût global est estimé à 839,99 milliards de FCFA, dont 85,7 % seraient déjà acquis.

Le Gouvernement ambitionne à cet effet de maintenir durablement la couverture des besoins céréaliers à au moins 120 %. La stratégie prévoit également la réalisation de 100 000 hectares de bas-fonds et 50 000 hectares de périmètres irrigués, ainsi que la construction de cinq nouveaux barrages stratégiques et la réhabilitation ou le curage de 200 barrages.

Source : MAERAH

Annick HIEN/MoussoNews


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