De la plume à l’action

Romaine Sawadogo, une jeune Burkinabè engagée pour l’environnement au Gnambélé Bootcamp en Côte d’Ivoire
Bingerville / Abidjan, Côte d’Ivoire – septembre 2026
Journaliste, communicante et militante des réseaux de jeunesse, Romaine Sawadogo participe au Gnambélé Bootcamp 2026, le Camp panafricain de la jeunesse pour le climat organisé du 13 au 19 septembre au Jardin botanique de Bingerville. Aux côtés d’environ 1 000 jeunes issus de treize pays africains, elle prend part à une semaine intensive d’échanges, de formations, d’actions de terrain et de construction collective de solutions.
Un rendez-vous panafricain pour la jeunesse et le climat
Organisé avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de partenaires techniques et financiers (BESNet, SEIA, BIOFIN, BNETD, Orange Côte d’Ivoire, ADVANS, etc.), le Bootcamp s’inscrit dans une logique d’action citoyenne et d’innovation. Le programme officiel, diffusé via YaConnect et les canaux de communication du comité d’organisation, structure la semaine autour de plusieurs axes : cérémonie officielle et keynotes inspirantes, constitution d’équipes autour des Objectifs de développement durable (ODD), fresques sur le climat, la biodiversité, la désertification et le numérique, Village des savoirs et des solutions, hackathons, concours artistique « Autres Regards », forum citoyenneté et journée d’action citoyenne à Vitré et Grand-Bassam.

Selon le compte rendu de la réunion d’échange du 10 septembre 2026 animée par Quentin Angbeny (comité d’organisation), le camp repose sur des valeurs claires : respect, ponctualité, discipline, bienveillance et tolérance. Les participants, nationaux et internationaux, sont volontairement mélangés dans les tentes afin de favoriser le brassage interculturel et de créer de nouvelles relations. L’objectif affiché : « repartir avec au moins 100 nouveaux contacts ».
Du journalisme à l’engagement environnemental
Pour Romaine Sawadogo, cette participation s’inscrit dans la continuité d’un engagement qui évolue progressivement du journalisme vers la communication environnementale et l’action citoyenne. Au Burkina Faso, elle est chargée de communication du Parlement national de la jeunesse burkinabè pour l’eau (PNJBE) et engagée au sein du Réseau ouest-africain des journalistes pour l’environnement et la presse (ROAJPE-WAYPNW). Ses expériences dans le journalisme, la communication institutionnelle et le plaidoyer lui permettent de faire le lien entre information, mobilisation citoyenne et enjeux environnementaux.
« Il ne s’agit pas seulement d’apprendre sur l’environnement, mais de repartir avec la volonté et les outils nécessaires pour agir dans nos communautés », résume-t-elle, traduisant l’esprit même du Bootcamp.
Apprendre, expérimenter, agir
Le programme a permis à Romaine de participer aux ateliers consacrés au climat, à la désertification, à la biodiversité et au numérique. Le Village Gnambélé des savoirs et des solutions, organisé le mardi 15 septembre avec quinze laboratoires et cinq rotations de trente minutes, a offert aux participants l’occasion de découvrir des initiatives concrètes, d’échanger avec des professionnels et d’explorer les opportunités liées aux métiers et solutions environnementales.

La dimension culturelle occupe également une place centrale. À travers les soirées interculturelles, chaque délégation valorise son identité et ses traditions. Romaine Sawadogo a notamment représenté le Burkina Faso à travers la musique en interprétant « Burkina Faso » de Nabalüm lors de l’activité « Voix du climat » (soirée culturelle 3).
Au-delà des apprentissages, le Bootcamp met les jeunes en situation d’action. Le jeudi 17 septembre, journée « Action citoyenne », les participants ont été mobilisés dès 5 h du matin pour une plantation de mangroves à Vitré 2 (avec désignation de dix gardiens issus des communautés autochtones), un nettoyage de la plage de l’embouchure de Grand-Bassam, puis un dialogue et un déjeuner avec le ministre de l’Environnement et le maire de Grand-Bassam. Ces actions concrètes incarnent la volonté de passer « de la parole à l’action ».
Construire un réseau et des engagements durables
Les seize équipes ODD, formées de manière aléatoire à l’arrivée (50 à 60 personnes par équipe), ont travaillé toute la semaine autour d’un Objectif de développement durable. Chaque équipe dispose d’un chef et d’un sous-chef (parité homme/femme obligatoire) et de cinq secrétaires chargés du reporting quotidien. Les équipes sont évaluées sur la ponctualité, l’assiduité, la cohésion, l’engouement et le respect des règles. Les trois meilleures sont récompensées.
Le vendredi 18 septembre, la cérémonie officielle de clôture – Assemblée africaine de la jeunesse – a permis de lire une déclaration, de remettre les prix, de lancer le Réseau des Alumni et de formaliser les engagements post-Bootcamp. Pour recevoir le certificat officiel de participation, deux conditions sont impératives : la présence intégrale (badge YaConnect scanné à toutes les activités) et la réponse à tous les formulaires d’évaluation.
Sa participation au Gnambélé Bootcamp constitue ainsi une occasion de renforcer ses connaissances, de partager l’expérience burkinabè avec d’autres jeunes Africains et de revenir au pays avec de nouvelles idées, des contacts et des outils pour contribuer davantage aux initiatives en faveur du climat, de la biodiversité et de la gestion durable des ressources naturelles.
Une jeunesse actrice du changement
À travers cette expérience, c’est aussi une conviction qui se renforce : la jeunesse africaine ne doit pas être uniquement destinataire des politiques environnementales. Elle doit prendre part à leur conception, à leur mise en œuvre et au changement des comportements dans les communautés.
« De la plume à l’action » : le parcours de Romaine Sawadogo illustre parfaitement le passage du récit à l’engagement concret, au service d’une Afrique plus résiliente et d’une jeunesse qui refuse d’être spectatrice de son avenir.
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