Dédougou : Poursuivi pour viol sur une sourde muette de 23 ans, il est relaxé au bénéfice du doute

F.B a comparu en audience correctionnelle devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 15 septembre 2026. Il etait poursuivi pour des faits de viol sur la personne de R.D, une jeune fille sourde muette de 23 ans.
Les événements se sont déroulés entre 19h et 20h dans la soirée du 30 juillet 2026 à Solenzo.
Devant les agents enquêteurs tout comme à la barre, le prévenu est resté droit dans ses bottes en rejetant sans ambages les faits qui lui sont imputés.
Supplétif de l’armée, il était revenu d’une mission de sécurisation du territoire et s’était rendu au domicile de la victime pour remettre un sac qu’il avait emprunté auprès d’un membre de cette famille pour son déplacement. A son arrivée, il n’avait trouvé que la sourde muette et sa petite sœur de six ans environ.
La maman était sortie. Mais, au retour de cette dernière, elle a dit avoir trouvé la fille et le jeune homme arrêtés côte-à-côte. Le prévenu étant en train de s’étirer. Automatiquement, elle a confié avoir soupçonné le prévenu d’avoir eu des rapports sexuels avec sa fille.
Interrogé sur le champ, le jeune homme a dit à la maman de sa victime que rien ne s’est passé entre eux. Mais, elle a insisté et dit avoir obtenu un aveu de sa fille que le prévenu l’a tirée de force pour la plaquer contre un mur afin de satisfaire sa libido. D’un signe gestuel, elle m’a dit que le prévenu l’a pénétrée, a avoué la maman.
Mais elle a été surprise de découvrir sa fille montrer d’un mouvement de va-et-vient de la tête devant les juges qu’elle était intéressée par les rapports intimes qu’elle a entretenus avec le jeune.
La maman a également, tantôt, laissé entendre que c’est après que le papa de la fille l’a rouée de coups qu’elle a tenu ces déclarations, tantôt elle a souligné que la victime l’a fait sans pression. Mais conduite à l’hôpital, les agents de santé ont diagnostiqué la présence d’un liquide blanchâtre, filant et gluant dans les partie intimes de la victime sans préciser qu’il s’agissait de sperme.
A ce stade des débats, le procureur du Faso a estimé qu’il y a beaucoup de points de divergence dans les propos de la mère de R.D. Il a signifié que le viol suppose une pénétration par violence, par menace ou par surprise. Or, dans ce cas, a-t-il dit, la victime était consentante.
Il a poursuivi qu’il y a doute sur la responsabilité du prévenu dans l’affaire qui l’oppose à la victime et sa mère. Il n’y a pas d’éléments tangibles et pertinents qui permettent d’incriminer et de retenir la culpabilité du prévenu, a fait remarquer le parquet. Sur cette base, le ministère public a demandé au tribunal de renvoyer F.B des fins de la poursuite au bénéfice du doute.
La demande a été suivie par les juges qui ont relaxé le prévenu pour le motif invoqué par le procureur.Outre cela, le tribunal a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de la génitrice de la victime qui avait réclamé du prévenu le paiement d’un montant de près de 100 000 F CFA pour compenser les dépenses et autres pertes subies dans le cadre de cette affaire.
Source: Justice infos Burkina
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