« Essakane, l’oasis d’or » : Ag Ibrahim Mohamed immortalise l’histoire d’une mine et de ses communautés

Composé de 405 pages réparties en quatre parties, « Essakane, l’oasis d’or » retrace l’histoire de la mine d’Essakane, de la découverte de l’or dans les années 1980 à son exploitation industrielle. À travers cet ouvrage dédicacé le jeudi 5 novembre 2026 à Ouagadougou, Ag Ibrahim Mohamed entend préserver la mémoire d’un territoire et d’une aventure humaine marquée par l’or.

« Transformer l’or en livre ». C’est le pari de l’écrivain Ag Ibrahim Mohamed avec la publication de son troisième ouvrage, « Essakane, l’oasis d’or ». Ancien employé de la mine industrielle d’Essakane et membre des communautés qui l’abritent, l’auteur a choisi de raconter l’histoire de cette exploitation aurifère à travers le regard d’un acteur qui en connaît les réalités.

Ag Ibrahim Mohamed dédicace son 3è ouvrage

Pour lui, l’histoire d’Essakane ne se limite pas à celle d’une unité industrielle et de ses équipements. Elle est avant tout celle des hommes et des femmes qui ont vécu les transformations de leur territoire avec l’arrivée de l’or.

« J’ai décidé d’écrire par devoir de mémoire, parce que l’histoire d’Essakane n’est pas seulement l’histoire d’une mine, d’une usine avec tous ses équipements. C’est d’abord une aventure humaine », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de dédicace.

Ag Ibrahim Mohamed retrace l’histoire Essakane

Préfacé par Baba Hama et publié par Mercury Éditions, l’ouvrage se veut une source documentaire sur l’histoire de l’or dans la région de l’Oudalan. L’auteur ambitionne ainsi de doter le Burkina Faso et sa région d’un livre de référence consacré à la trajectoire d’une mine, à l’image de certains ouvrages publiés sur des exploitations minières à travers le monde.

De la résistance à la pénétration coloniale à la ruée vers l’orL’ouvrage s’articule autour de quatre grandes parties. La première revient sur l’histoire de la province de l’Oudalan, notamment sa résistance à la pénétration coloniale, un pan de l’histoire nationale que l’auteur estime insuffisamment connu.

La deuxième partie est consacrée à la découverte de l’or dans les années 1980. Selon Ag Ibrahim Mohamed, cette découverte intervient dans un contexte marqué par une sécheresse, une disette et une épidémie de choléra en 1984.

Dans cette période difficile, l’or apparaît comme une nouvelle source de revenus pour les populations locales. La découverte d’une pépite par un paysan nommé Ousseye Ak Sadiwa marque alors le début d’une transformation profonde de la région.

« Il n’imaginait pas qu’il venait de changer la physionomie d’une région », raconte l’auteur dans sa présentation de l’ouvrage.

Le nouvel ouvrage de Ag Ibrahim Mohamed

La troisième partie retrace le passage de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée à l’exploitation industrielle. Elle aborde notamment l’installation de la mine industrielle, les acteurs impliqués, l’organisation du travail et les relations avec les communautés locales.

Enfin, la quatrième partie présente Essakane comme un pilier de l’industrie aurifère burkinabè. Elle met en lumière les retombées économiques et sociales de la mine, mais également les difficultés et les manquements relevés au cours de son parcours.

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Au-delà de la trajectoire économique de la mine, Ag Ibrahim Mohamed s’intéresse aux transformations sociales et environnementales engendrées par l’exploitation de l’or. Il évoque notamment les retombées pour les communautés, les tensions, les violences, les risques d’éboulement, la dégradation de l’environnement et l’exploitation des enfants dans le secteur aurifère.

L’auteur propose ainsi une lecture qui ne présente pas uniquement les acquis de la mine, mais également les défis auxquels elle et les communautés environnantes sont confrontées.

Il insiste particulièrement sur la nécessité de préparer l’après-mine. Pour lui, l’exploitation aurifère demeure une activité limitée dans le temps, dont les ressources finiront par s’épuiser.

« Une mine finit par fermer, mais son histoire ne va jamais disparaître », souligne-t-il.

À travers cet ouvrage, Ag Ibrahim Mohamed souhaite que l’histoire d’Essakane demeure un patrimoine vivant pour les générations futures, même lorsque le gisement aura épuisé ses dernières ressources.

L’auteur inscrit par ailleurs sa démarche dans la dynamique de souveraineté nationale et de transformation locale des ressources minières. À son niveau, il a choisi de contribuer à cette ambition en transformant l’or en œuvre littéraire.

« Essakane, l’oasis d’or » est le troisième ouvrage de Ag Ibrahim Mohamed, après « Les pépites d’Essakane » publié en 2023 et « Burkina Faso : un ténor de l’or » paru en 2025.

Le livre est disponible à la librairie Mercury de Ouagadougou au prix de 10 000 F CFA.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


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