Et si on interdisait le divorce ?

Et si on suspendait les mariages pour mener une véritable réflexion sur le sens profond de la vie à deux ? Et si on interdisait le divorce pour laisser un temps de sursis aux couples qui veulent se séparer ? Faut-il les « isoler » pour une réflexion à deux ? Toutes ces questions méritent réflexion, car la stabilité de la vie des foyers est un véritable casse-tête. Comment comprendre que deux personnes qui se sont rencontrées de plein gré décident de se séparer après à peine un ou deux ans de mariage ?
Pourquoi tant de divorces dans nos familles ? Pourquoi tant de désamour dans le cœur de deux personnes qui se disaient oui à nous casser les tympans et qui, sur la pointe des pieds se bousculent en justice pour mettre fin à l’union ? Le mariage n’est plus sacré, ce n’est que du papier signé à main levée par deux inconnus et validé par des témoins qui parfois ne savent pas grand chose de la folie passagère des éphémères. Le mariage n’est plus un engagement ; c’est un jeu d’enfant qui draine du monde et fait du bruit pour rien ; c’est un lien scellé sans la moindre attention sur l’essentiel.
Aujourd’hui, on se marie pour les rondeurs ou la taille de guêpe qui transpercent le cœur mieux que le bon sens et l’intelligence qui rassurent. On se marie pour les déhanchés qui perturbent la rotation de la terre plutôt que pour la simplicité et le naturel qui apaisent. On se marie parce que les autres se marient sans un idéal de vie commune consistant. On se marie pour montrer aux gens qu’on est en couple. On se marie comme dans un pari en misant sur les performances physiques ou intellectuelles plutôt que sur l’état de conscience ou de connaissance morale.
Il suffit de se rencontrer sur les réseaux sociaux, s’envoyer des messages torrides en vocal ou en image et tomber dans les bras du héros ou de la tigresse d’un soir, sans même connaître le nom de famille du prince charmant, encore moins sa famille ou son village. Il y en a qui se sont rencontrés dans le “bruit”, dans un débit de boissons, leur réunion de mariage se sont tenues dans le même endroit et la réception de leur mariage a eu lieu dans ledit ‘’maquis’’. En cas de crise, ils rencontrent leurs témoins dans le ‘’maquis’’ pour enfin divorcer sur un coup de tête entre les bouteilles de bière et des os de gallinacées mal croqués.
Aujourd’hui, on se marie comme dans une télénovela pour vivre les réalités du mariage dans un foyer mal projeté. On finit par se rejeter après quelques mois d’idylle ; on se demande comment et pourquoi on a fait le choix de l’autre. En moins d’un an de vie commune, on se dit à peine bonjour le matin venu, les bisous de la fascination du départ disparaissent, les caresses de tendresse deviennent les coups de griffes qui égratignent l’égo. Dans le foyer, deux grands enfants se regardent en chiens de faïence et se boudent pour s’occuper. L’amour porte le manteau des vautours et rôde aux quatre coins de la maison.
Le hic, c’est que parfois même les parents directs ne valent pas mieux que leurs enfants nouvellement mariés. Ils ne savent pas reconcilier les belligérants. Les deux cobayes du mariage finissent par se quitter comme ils s’étaient rencontrés, avec sous le bras un pauvre bébé d’à peine deux ans qui sait juste dire “papa”; un papa qui ne peut même pas honorer son titre de père. Sans pension alimentaire, il grandira dans les bras d’une mère sans secours, loin du père.
Eduquons nos enfants au sens de l’amitié ; enseignons-leur les valeurs d’humilité mais aussi de l’humanisme. Accompagnons nos jeunes dans le choix de leur conjoint, montrons-leur les bonnes manières en les préparant à la vie de couple. On ne se marie pas pour divorcer ; le mariage est plus qu’une simple cohabitation de corps qui finissent par se séparer. Les parents doivent jouer leur rôle, la famille doit s’impliquer, les religions doivent y veiller.
Mais quel avenir pour le mariage, quand il est devenu un projet personnel se limitant aux seuls mariés ou à leur “famille nucléaire”? Comment réussir le mariage aujourd’hui dans des foyers où les conjoints ne croient même pas en Dieu ou font semblant de croire ? Comment le réussir si nos valeurs ancestrales sont foulées au pied. Hier, vous avez rejeté le mariage traditionnel que vous avez traité de “mariage forcé”. Aujourd’hui, vous courez derrière le “mariage arrangé” entre vos enfants et ceux de vos amis ; il y en a qui arpentent désespérément le net et les réseaux sociaux pour arracher l’hypothétique mari. C’est pathétique !
Il y a celles qui ont fini par se donner au premier aventurier juste pour un enfant et espérer perpétuer une lignée. Il faut prendre le mariage au sérieux et ne plus laisser n’importe qui se marier pour divorcer. Assez ! Heuresement qu’il existe encore des conjoints qui ont la tête sur les épaules dont l’expérience pourrait aider les jeunes à mieux gérer leur foyer.
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr