FESTICAL’B : Un festival pour déconstruire les préjugés autour de la calebasse et la valoriser

« La calebasse est un symbole de féminité. Elle est plus qu’un simple objet utilitaire : elle est une mémoire, une identité et un symbole ». C’est sous ces mots qu’a été lancée la toute première édition du Festival de la Calebasse, FESTICAL’B. Il se tient du 7 au 8 février 2026 au sein du Musée nationale à Ouagadougou.
Porté par la styliste et amoureuse de la calebasse Georgette Konseiga, le FESTICAL’B entend démystifier les préjugés entourant cet objet traditionnel profondément ancré dans les sociétés africaines.

« La calebasse est très mal comprise dans notre société. Lorsqu’on en voit une personne l’a tenir, on pense immédiatement à des pratiques occultes ou à des rituels, et souvent du mauvais côté », déplore la promotrice. Une perception qu’elle s’est donnée pour mission de changer à travers une édition riche en démonstrations, en expositions, en partages et en expressions culturelles.

Selon Georgette Konseiga, la calebasse accompagne la vie du Burkinabè à toutes les étapes.
« De la naissance à la maturité, des cérémonies sociales aux rites traditionnels, de la musique à la gastronomie, de l’art à la spiritualité, à travers la calebasse, c’est toute une civilisation qui s’exprime et se transmet. Face aux mutations du monde moderne et aux défis de notre société, il est devenu urgent de valoriser nos patrimoines culturels endogènes, de les faire découvrir à la jeune génération et de leur redonner la place qu’ils méritent dans notre quotidien et dans notre société culturelle », a-t-elle déclaré.
Et c’est dans cette optique, qu’elle a créé un espace de rencontre, de transmission, de création et de célébration réunissant artisans, artistes, chercheurs, conteurs, mais aussi enfants, femmes et hommes, autour de la calebasse.
Durant ces deux jours, les promoteurs promettent une immersion culturelle à travers des expositions-ventes d’objets conçus à base de calebasse, des ateliers de transformation et de peinture, des démonstrations musicales et artistiques, des contes et savoir-faire traditionnels, des panels sur les symboles liés à la calebasse, ainsi qu’un village gastronomique mettant en valeur les mets locaux, servis dans des calebasses.
Pour la promotrice, FESTICAL’B est bien plus qu’un simple événement culturel. Il s’agit d’un appel à la conscience culturelle, un acte de résistance identitaire, un engagement pour la transmission des valeurs et un hommage aux ancêtres. Elle a ainsi invité les populations burkinabè à prendre d’assaut le Musée national pour visiter, écouter et échanger autour de la calebasse, afin qu’elle continue de raconter l’histoire et d’inspirer l’avenir.
Pour cette première édition, la marraine n’est autre que Princesse Juliette Kongo, gardienne des traditions ancestrales. Fidèle à son engagement pour la promotion de la culture africaine, elle s’est dite toujours prête à accompagner les initiatives culturelles porteuses de sens. À cet effet, elle a lancé une collecte de fonds au sein de l’assemblée. Plus de 60 000 CFA ont été mobilisés afin de soutenir cette jeune initiative qu’elle juge noble pour la valorisation de la culture.

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Patron de la cérémonie, le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, représenté par Brice Ouédraogo, a salué l’initiative et traduit la reconnaissance du ministère. « À travers ce festival, c’est un pan de notre patrimoine culturel qui est valorisé. Cette démarche s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement, qui place la culture au cœur du développement durable », a-t-il déclaré.

Le ministre par le biais de son représentant, a également réaffirmé son engagement à accompagner FESTICAL’B. « Je formule le vœu que ce festival devienne un rendez-vous culturel majeur, inscrit durablement dans l’agenda culturel national et international. J’exhorte les populations à y participer massivement », a-t-il conclu.
La cérémonie de lancement s’est achevée avec une visite des Stands, dont certains montrent des calebasses empilés attendant les festivaliers.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



