Gestion des déchets solides : Un plan de 45,93 milliards FCFA pour améliorer la collecte et la valorisation

Le Burkina Faso entend renforcer son dispositif de gestion des déchets solides. Un document-cadre couvrant la période 2026-2028 a été présenté le mercredi 14 octobre 2026 au cours d’un atelier organisé par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources Animales et Halieutiques (MAERAH) pour la validation de la stratégie nationale de gestion des déchets (SNGDS). Doté d’un budget prévisionnel de 45,93 milliards de FCFA, ce document prévoit le renforcement des infrastructures, l’acquisition d’équipements et la structuration de la filière.

7 000 poubelles à installer dans les villes du Burkina Faso, la réhabilitation de 50 centres de collecte et de tri à Ouagadougou et de 17 à Bobo-Dioulasso : ce sont quelques-unes des principales actions annoncées pour les 3 prochaines années. Le document prévoit également la construction de nouveaux centres de collecte et de tri, l’acquisition de matériel logistique au profit des communes ainsi que le développement d’infrastructures modernes de transfert et de valorisation des déchets.
45,93 milliards FCFA pour opérationnaliser le dispositif
Présentant le document-cadre, le directeur en charge de la prévention des pollutions, des risques environnementaux et du changement climatique, au sein de la Direction générale de l’environnement et du cadre de vie (DGECV), Abdoulaye Bazié a souligné l’urgence d’améliorer la gestion des déchets dans les communes. Selon les données présentées, le Burkina Faso produit entre 3 et 4 millions de tonnes de déchets par an.

À Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, les volumes cumulés sont estimés entre 800 000 et 900 000 tonnes par an, soit environ 1 500 à 2 500 tonnes par jour. La situation est particulièrement préoccupante dans les grandes agglomérations, où les dépôts anarchiques de déchets exposent les populations à des risques sanitaires et environnementaux.
À Ouagadougou, environ 275 sites de dépôts sauvages ont été dénombrés, selon les chiffres communiqués lors de la présentation.Le budget prévisionnel de 45,93 milliards de FCFA se répartit entre 24,93 milliards de FCFA destinés aux infrastructures et aux équipements et environ 21 milliards de FCFA consacrés aux charges de fonctionnement, notamment le personnel, le carburant et la maintenance.
4 axes stratégiques
Le document-cadre s’articule autour de 4 axes : le renforcement de la gouvernance, l’amélioration du dispositif technique et opérationnel, la communication et la mobilisation sociale, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs. La mise en œuvre prévoit notamment une meilleure organisation des acteurs de la précollecte et de la collecte, le développement du tri à la source et la promotion de l’économie circulaire.

L’objectif est de réduire la quantité de déchets acheminés vers les sites d’enfouissement en favorisant leur transformation en compost, en biogaz et en matières recyclables. Le plan prévoit également la réhabilitation du centre de traitement et de valorisation des déchets de Ouagadougou, ainsi que la construction d’un centre similaire à Bobo-Dioulasso. 5 centres de transfert modernes sont aussi annoncés. Selon les projections présentées, leur mise en service pourrait permettre de valoriser 70 à 90 % des déchets produits.

Des poubelles adaptées à la nature des déchetsLe tri à la source figure également parmi les solutions envisagées. Salif Sanfo, l’un des promoteurs d’Eco Poubelle Tampouré, a expliqué le principe d’un système de poubelles de différentes couleurs pour faciliter le tri et la prise en charge des déchets.
Selon la proposition présentée, les déchets biodégradables seront déposés dans des poubelles vertes, les plastiques dans des poubelles jaunes et les déchets dangereux dans des poubelles rouges. Ce code couleur pourrait toutefois être adapté en fonction du nombre de poubelles disponibles. L’objectif est de permettre aux usagers d’identifier facilement le contenant approprié à chaque type de déchet, afin de faciliter leur collecte et leur valorisation.

La responsabilité de tous les acteurs engagée
Selon Saïdou Nassouri, directeur de la salubrité publique et de l’hygiène de la commune de Ouagadougou, au-delà des investissements, les autorités entendent renforcer les contrôles, sensibiliser les populations et, au besoin, sanctionner les comportements inciviques. La mobilisation des ressources nationales est également présentée comme un enjeu majeur, à travers les budgets publics, les recettes des collectivités territoriales, les redevances des ménages, la fiscalité environnementale et la contribution des producteurs.

Le document-cadre vise ainsi à établir un dispositif opérationnel de gestion intégrée et durable des déchets solides, en commençant par Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, avant son extension à l’ensemble des communes du pays. Sa mise en œuvre nécessitera un engagement coordonné de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé, des organisations de la société civile, des chercheurs et des populations.
Annick HIEN/MoussoNews
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