Goro Mariam : Lieutenant, elle est au service des forêts et de l’environnement depuis 20 ans

Chaque matin, bien avant le lever du jour, Goro Mariam quitte Ziniaré pour rallier Ouagadougou, où l’attend une journée bien remplie. Lieutenant des Eaux et Forets et en service depuis 20 ans, elle est cheffe de service gestion des moyens à la Direction Provinciale des Eaux et Forêts du Kadiogo tout en assurant la fonction de régisseuse de recettes. Entre dossiers administratifs et finances, elle est aussi une femme de terrain.

Entrée dans le corps en 2004 à la faveur d’un concours direct, Goro Mariam a été formée pendant 2 ans à l’École Nationale des Eaux et Forêts, avant de débuter sa carrière sur le terrain en août 2006. Mais bien avant cet engagement professionnel, son choix était déjà tracé. « J’aimais la nature, les arbres… C’est cet amour qui m’a poussée à embrasser ce métier », confie-t-elle.

Aujourd’hui, Mariam occupe le poste de cheffe de service gestion des moyens et assure également la fonction de régisseuse de recettes.

A l’en croire, son rôle consiste notamment à collecter les recettes issues des services départementaux et postes forestiers, puis à les acheminer au Trésor Public. Elle intervient aussi dans le suivi des carrières des agents, l’organisation de formations, ainsi que l’approvisionnement en outils de recouvrement.

Derrière ces responsabilités administratives, se cache un quotidien exigeant. Résidant à Ziniaré, Goro Mariam parcourt chaque jour la distance pour rejoindre Ouagadougou. « Je me lève entre 4h45 et 5h pour être au service avant 7h30 », explique-t-elle, preuve d’une discipline forgée par des années de terrain.

Mariam Goro est Lieutenant des Eaux et Forets et est en service depuis 20 ans.

Un secteur en mutation, porté par les femmes

Longtemps perçu comme un domaine réservé aux hommes, le secteur des eaux et forêts connaît aujourd’hui une  »féminisation progressive ». « Il y a de plus en plus de femmes, surtout après les récents recrutements où elles étaient majoritaires », souligne-t-elle.

Sur le terrain, les femmes forestières doivent encore faire face à certains préjugés. « La population a parfois du mal à accorder la même confiance à une femme qu’à un homme », regrette-t-elle. Pourtant, insiste-t-elle, la formation et les compétences sont identiques.

Malgré ces défis, les femmes jouent un rôle clé dans la préservation de l’environnement. Selon Mariam, elles sont en première ligne dans les actions de sensibilisation, notamment auprès d’autres femmes, principales utilisatrices des ressources forestières pour la cuisine, l’alimentation ou la pharmacopée. « Avec la sensibilisation, on arrive à changer les comportements et à promouvoir des pratiques durables », explique-t-elle.

Des ressources forestières sous pression

Au Burkina Faso, les forêts sont confrontées à de multiples menaces. Goro Mariam évoque notamment la coupe abusive du bois, les feux de brousse, la pression démographique et l’urbanisation galopante. Chaque année, plus de 170 000 hectares de terres disparaissent, fragilisant davantage le couvert végétal.

À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui accentuent la dégradation des ressources naturelles. « La forêt est en train de diminuer progressivement », alerte-t-elle.

Face à cette situation, les actions des agents des eaux et forêts ont un impact direct sur les communautés locales. Sensibilisation, reboisement, accompagnement des producteurs : autant d’initiatives qui contribuent à une gestion plus durable des ressources. « L’arbre, c’est la vie. Il nous donne tout : l’air, la pluie, des produits pour se nourrir et se soigner », rappelle-t-elle.

Mariam s’investit aussi dans la production de plants et l’accompagnement des communautés dans les activités de reboisement.

Inspirer la relève féminine

Titulaire d’un baccalauréat série D, Goro Mariam insiste sur l’importance des bases scientifiques pour accéder au métier, mais aussi sur la condition physique, essentielle pour réussir le concours et exercer sur le terrain.

En dehors de ses fonctions administratives, Mariam s’investit dans la production de plants et l’accompagnement des communautés dans les activités de reboisement.

À la jeune génération et particulièrement aux filles, elle rappelle que le métier des eaux et forêts n’est pas réservé aux hommes. Les femmes ont toute leur place et doivent oser », lance-t-elle.

Après plus de 20 ans de carrière, Goro Mariam reste animée par la même conviction; celle de protéger la nature, de préserver la vie. « La foresterie est l’un des métiers les plus nobles, parce qu’elle est à la source de tout », conclut-elle.

Annick HIEN/MoussoNews

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