Habibou Sawadogo cantatrice moagha : « préserver les valeurs traditionnelles demeure une nécessité absolue »

Elle est l’une des plus belle voix de la musique traditionnelle burkinabè. Elle chante essentiellement en mooré (une langue locale) avec un mélange de dioula pour dit-elle, exprimer la cohésion. Habibou Sawadogo, puis que c’est d’elle qu’il s’agit veut faire d’un de ses combats la valorisation de la musique traditionnelle qui semble ne plus être prisée par la jeune génération. Rencontre !

  1. C’est l’année où tout commence. Alors âgée de la trentaine, Habibou se lance dans la musique. Elle opte pour le genre traditionnel moagha parce que confie-t-elle : «  Je ne suis pas allée à l’école. Je comprends le français mais je ne peux m’exprimer très bien». Le mooré par contre, elle le manie avec maestria.

Habibou aura donc appris la musique sur le tas. Elle s’inspire des sujets comme la scolarisation, la solidarité, l’entraide, la paix, le développement local, le pardon, la préservation des valeurs humaines et traditionnelles, etc. En 16 ans de carrière, la cantatrice a, à ses actifs cinq albums.

Les featuring avec d’autres artistes sont au nombre d’une dizaine. Ce qui lui valut plusieurs distinctions dont quatre kunde de la catégorie – meilleure artiste féminine et meilleure inspiration traditionnelle- en 2004 et 2006. Elle a plusieurs fois été lauréate de la Semaine nationale de la Culture (SNC) en 2002, 2006 et 2012.

Habibou s’investit énormément dans la musique traditionnelle car dit-elle : «  j’adore ma langue qui est le mooré. J’adore les valeurs traditionnelles et culturelles de mon pays le Burkina. C’est pourquoi, dans mes chansons, je fais un mélange avec le dioula pour exprimer la cohésion entre les peuples ».

Des valeurs qu’elle fait voyager au-delà des frontières du pays à travers des tournées en Allemagne, en Italie, en France, en Côte d’Ivoire, etc. Elle déplore toutefois le peu d’intérêt que la jeune génération manifeste à la tradition. « En Europe, nos musiques sont très bien appréciées par les gens. Mais ici au pays, on ne peut pas presté devant un jeune public. Souvent on a l’impression que ce sont des marionnettes qui sont devant eux lors des prestations » explique la cantatrice l’air inquiète pour la déperdition des valeurs traditionnelles au sein de la jeunesse.

Marié et mère de deux enfants, Habibou confie être beaucoup soutenu par son époux. «  Je n’ai aucun problème dans mon foyer. Mon mari m’aide à construire ma carrière et je rends grâce à Dieu », dit-elle le sourire au coin.

Bassératou KINDO

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