Irène Zoungrana : L’art de transformer chaque opportunité en engagement au service des autres

De la communication au cinéma, du documentaire au leadership, en passant par l’engagement associatif et la promotion de la santé, Irène Pascaline Zoungrana a construit un parcours où chaque expérience nourrit une même ambition : être utile. Convaincue que chacun peut devenir un levier de transformation, elle consacre aujourd’hui son énergie à accompagner les femmes, les jeunes et les communautés les plus vulnérables, avec la volonté de faire de son parcours une source d’inspiration autant qu’un outil d’action.
Native de Bobo-Dioulasso, elle grandit à Kolog- Naaba, où elle passe treize années de sa vie. Élève de l’école primaire Kolog- Naaba A, puis du collège Notre-Dame de Kolog- Naaba, elle y effectue tout son cursus secondaire avant d’obtenir un baccalauréat série D. Son choix se porte ensuite sur les Arts et Communication, où elle décroche une Maîtrise en Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication, option Relations publiques et Communication d’entreprise.
Mais pour elle, les études n’ont jamais constitué une finalité. Elles sont un moyen de mieux servir.
Très tôt, la vie lui enseigne le sens des responsabilités. Son père, victime d’une hypertension ayant entraîné une hémiplégie, devient sans le savoir l’un des premiers moteurs de son engagement. À seulement 16 ans, Irène prend conscience de la nécessité de gagner progressivement son autonomie.
Après son BEPC, elle aide sa sœur dans une cafétéria en qualité d’aide-caissière. Pendant les vacances scolaires, elle multiplie les petits emplois afin de financer elle-même ses besoins. Une expérience qui, selon elle, a façonné durablement sa vision du travail et de la dignité.
Animation de festivals, émissions de radio, mannequinat publicitaire, voix-off pour des documentaires et des spots, présentation d’émissions télévisées, expériences en agence de communication… Irène Zoungrana refuse de s’enfermer dans une seule identité professionnelle.
Cette capacité d’adaptation va devenir au fil du temps, l’une de ses marques de fabrique.
Après plusieurs expériences, elle crée sa propre agence de communication. Soucieuse de renforcer ses compétences en réalisation audiovisuelle, elle reprend le chemin de l’école et obtient un Master en réalisation de films documentaires à l’Institut Supérieur de l’Image et du Son/Studio-École (ISIS-SE).
Pour valider cette formation, elle réalise un documentaire consacré aux femmes vivant avec une fistule obstétricale, intitulé Le mal en silence.
Le choix de ce sujet n’est pas anodin.
Depuis toujours, Irène se dit profondément sensible aux questions de santé. Les récits de sa sœur aînée, médecin, mais également la maladie de son père, nourrissent cette sensibilité. Une rencontre avec des femmes souffrant de fistule obstétricale, à l’occasion d’une activité dont elle assurait la présentation, a agit comme un déclic pour la réalisation de son projet cinématographique.
» L’immersion auprès de ces femmes m’a bouleversé profondément ainsi que l’équipe ».
À l’issue du tournage, une conviction s’impose : il ne suffit plus de raconter les histoires, il faut désormais agir.
C’est ainsi qu’elle fonde l’association » Vision Nouvelle » en 2016, créée pour mettre son expertise de communicatrice au service des causes sanitaires et sociales.
Depuis une décennie, l’association intervient principalement dans les domaines de la santé et du développement durable. Campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires, actions dans les quartiers périphériques, plaidoyer auprès des autorités, émissions télévisées consacrées à la santé, organisation du Salon International de la Santé et du Bien-être (SISANB), dont 3 éditions ont été tenues en 2016, 2017 et 2019, ou encore le lancement des Happy Days en 2020 autour de la santé, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Les initiatives se sont multipliées.
Son engagement s’étend également à la lutte contre les maladies tropicales négligées.
À partir de 2021, après une formation organisée avec l’appui de l’ONG Speak Up Africa, l’association « Vision Nouvelle » de Irène Zoungrana mène des actions d’information, de sensibilisation et de plaidoyer dans plusieurs régions du Burkina Faso. Grâce à la mobilisation de partenaires et de ressources locales, près de 4 millions de francs CFA ont été réunis pour acquérir des kits opératoires et des kits de soins remis au ministère en charge de la Santé, au bénéfice de personnes atteintes notamment de filariose lymphatique, de lèpre et de trachome.
Au fil des années, Irène Zoungrana enrichit encore son parcours.
Irène Zoungrana a également été actrice de cinéma. Elle a apparu dans plusieurs productions burkinabè, parmi lesquelles « Quand les éléphants se battent« , « La danse sacrée à Yaka », « Le Garage du peuple » ainsi que d’autres œuvres de cinéastes burkinabè.
Après un bout de temps, elle décide de mettre un temps entre parenthèses sa carrière d’actrice pour se consacrer à sa famille, sans pour autant renoncer définitivement au 7e art.
La communication, le documentaire, le cinéma, le coaching, le leadership ou encore l’action associative répondent finalement à une même logique : créer de l’impact.
Dernière illustration de cette volonté d’apprendre en permanence, Irène Zoungrana s’est formée au leadership auprès de la John Maxwell Leadership et est aujourd’hui certifiée facilitatrice de programmes jeunesse.
Depuis un an, elle utilise également les réseaux sociaux pour promouvoir une éducation positive, encourager chacun à croire en son potentiel et partager des messages de développement personnel.
Son engagement en faveur des femmes repose sur cette conviction : » il ne s’agit pas d’opposer les femmes aux hommes, mais de promouvoir leur complémentarité ».
Elle milite pour l’éveil du leadership féminin, l’accompagnement des femmes vers l’autonomie et la valorisation de la masculinité positive, convaincue que les grandes transformations naissent de la coopération.
Pour ses aspirations pour une société équitable dont elle prône, elle rêve également d’un Burkina Faso où aucune femme ne vive dans la pauvreté. Elle estime que l’autonomisation économique, l’éducation et le partage d’expériences constituent des leviers essentiels pour bâtir une société plus juste.
Avec en poche plusieurs qualifications et expériences, Irène Zoungrana poursuit un seul objectif à savoir « transformer chaque compétence acquise en une passerelle vers les autres, afin que son parcours ne soit pas seulement une réussite personnelle, mais une source d’espérance, d’engagement et de transformation pour toute une génération« .
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
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