« L’albinisme n’est ni un sort, ni une malédiction. C’est un fait héréditaire »

Journalistes, blogueurs, influenceurs et créateurs de contenus ont pris part, jeudi 11 juin 2026 à Ouagadougou, à une session de renforcement de capacités organisée dans le cadre de la 8ᵉ édition de l’Albi Week. Portée par l’Association des femmes atteintes l’albinisme du Burkina (AFAB), avec l’appui de l’UNFPA et du Ministère de la Famille et de la Solidarité nationale, l’initiative vise à mieux faire connaître l’albinisme et à faire des professionnels de la communication des relais de sensibilisation en faveur de l’acceptation et de l’inclusion des personnes atteintes d’albinisme.

Ils sont une vingtaines, constitués de professionnels du monde de l à communication et des médias. Le jeudi 11 juin. 2026, ils se sont engagés auprès de l’association des femmes albinos du Burkina (AFAB) pour lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec l’albinisme. Au siège de l’UNFPA à Ouagadougou, les échanges ont porté sur les réalités liées à l’albinisme, les défis auxquels font face les personnes concernées et le rôle des médias dans la lutte contre les stéréotypes.

Pour Maïmouna Déné, Présidente de AFAB, cette activité répond à une nécessité : corriger les fausses perceptions encore largement répandues au sein de la société burkinabè.

« L’albinisme reste toujours un sujet qui n’est pas connu de toute la population burkinabè ou bien qui est mal compris », a-t-elle expliqué. Selon elle, en donnant aux journalistes, blogueurs et créateurs de contenus des informations justes, l’association entend s’appuyer sur leur proximité avec les jeunes pour favoriser une meilleure acceptation des personnes atteintes l’albinisme.

Maïmouna Déné, Présidente de AFAB

L’objectif de la rencontre est de faire de ces participants des ambassadeurs de l’inclusion.

« Nous voulons qu’ils nous servent de relais », a insisté Maïmouna Déné. Pour elle, grâce à leur présence active sur les réseaux sociaux et leurs différentes plateformes, ils sont appelés à diffuser des messages contribuant à déconstruire les préjugés et à promouvoir les droits des personnes atteintes l’albinisme.

Représentant le Ministre de la Famille et de la Solidarité nationale, Abdoulaye Zerbo a transmis les encouragements de la Ministre, le Lieutenant colonel Passowendé Pélagie Kaboré, qui salue une initiative pertinente au regard de l’influence grandissante des acteurs du numérique. Son représentant a tenu a adressé un message d’engagement auprès des participants. « Vous avez des plateformes et vous êtes assez suivis par pas mal de personnes, des jeunes comme des vieux. C’est un canal qui pourra permettre de mieux sensibiliser la population à l’acceptation des personnes atteintes l’albinisme et à leur inclusion dans la société », a-t-il déclaré.

Abdoulaye Zerbo , représentant le Ministre de la Famille et de la Solidarité

Il a également rappelé l’engagement du département aux côtés des organisateurs. Selon lui, le fait que la ministre en charge de la Solidarité nationale ait accepté d’assurer la présidence de cette édition de l’Albi Week témoigne de l’intérêt accordé à cette problématique.

Partenaire de l’initiative, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) inscrit son accompagnement dans son principe de « ne laisser personne de côté ». Son représentant résident au Burkina Faso, Yves Sassenrath, a souligné l’importance des professionnels des médias dans la transformation des mentalités.

Représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso, Yves Sassenrath

Selon lui, ces acteurs constituent un maillon très important dans la chaîne de communication et peuvent contribuer à bâtir une société où chacun a sa place et peut exprimer son potentiel.Il a évoqué la persistance des discriminations et a rappelé que les jugements fondés sur les apparences, les croyances ou certaines perceptions constituent des obstacles à l’inclusion. D’où la nécessité de renforcer l’esprit critique et l’éducation afin de remettre en question les idées reçues qui alimentent encore la stigmatisation.

Lire aussi: https://www.moussonews.com/albiweek-2025-20-journalistes-formes-pour-une-couverture-mediatique-inclusive-sur-lalbinisme/

Parmi les participants, la formation a suscité une prise de conscience. Blogueur et membre de l’Association des blogueurs du Burkina Faso, Tiangouramé Robert Drabo dit avoir découvert une autre réalité de l’albinisme.

« Nous avons appris que l’albinisme n’est ni un sort, ni une malédiction. C’est un fait héréditaire », a-t-il confié. Pour lui, cette meilleure compréhension implique une responsabilité nouvelle : celle de relayer des informations exactes afin de combattre les idées reçues.

Le blogueur a pris l’engagement de mettre ses plateformes au service de cette cause. « Nous allons avoir des messages justes et véridiques pour sensibiliser les gens afin qu’ils puissent se déconstruire et que, ensemble, nous puissions vivre dans une société inclusive », a-t-il affirmé.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews


En savoir plus sur Mousso News

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mousso News

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture