Maïmouna Maïga/Simia : Inspectrice d’école à la retraite, elle fait vivre sa passion pour la poésie

Après 38 ans de service dans la Fonction publique, Maïmouna Maïga, née Simia, a marqué le système éducatif burkinabè par son engagement dans l’enseignement et l’encadrement pédagogique. Admise à la retraite en 2022, cette ancienne inspectrice de l’enseignement du premier degré laisse également s’exprimer sa passion pour la poésie, qui lui a valu une distinction au concours Talents séniors, le 9 octobre 2026 au saon des personnes âgées.

Affectueusement appelée Maï, Maïmouna Maïga a consacré l’essentiel de sa vie professionnelle à l’éducation. Originaire de Kongoussi, dans le Centre-Nord du Burkina Faso, elle a grandi à Nouna, où ses parents se sont installés à la recherche de terres fertiles pour les travaux champêtres. Issue de l’ethnie mossi, elle parle couramment le dioula, une langue qu’elle a apprise dans son environnement de vie.

Sa vocation pour l’enseignement est née dès son enfance, au contact de celle qui fut son enseignante et directrice d’école. Les responsabilités que cette dernière lui confiait ont progressivement éveillé en elle le désir d’embrasser le même métier.

Après l’obtention du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), elle se porte candidate au concours de recrutement des enseignants. D’octobre 1981 à 1983, elle suit une formation initiale au Cours normal de jeunes filles de Ouagadougou, devenu aujourd’hui le lycée Nelson-Mandela.

Une carrière marquée par l’évolution professionnelle

Affectée dans plusieurs écoles primaires en province, puis à Ouagadougou, Maïmouna Maïga exerce pendant plusieurs années comme enseignante. Au fil de son parcours, elle gravit les échelons et s’oriente vers l’encadrement pédagogique.

Admise au concours des conseillers pédagogiques itinérants, elle suit deux années de formation à l’École des cadres d’animation et de contrôle pédagogique. Elle exerce cette fonction de 1996 à 1999, avant de réussir le concours des inspecteurs de l’enseignement du premier degré. Au terme de deux nouvelles années de formation, elle obtient son diplôme en 2001 et est nommée cheffe de circonscription d’éducation de base.

Cette évolution professionnelle lui permet de passer de la conduite des apprentissages en classe à l’accompagnement des enseignants et au suivi de leurs pratiques pédagogiques.

Parmi les moments qui l’ont particulièrement marquée figurent les stratégies élaborées avec ses collaborateurs pour améliorer les résultats aux examens et concours scolaires. Les efforts déployés ont été récompensés par des lettres de félicitations de la hiérarchie ainsi que des distinctions dans l’ordre des Palmes académiques.

Son parcours n’a toutefois pas été exempt de difficultés. Elle évoque notamment les effectifs pléthoriques, le manque de matériel et les exigences liées à l’encadrement des adultes. Pour y faire face, elle estime qu’il faut du courage, de la sagesse et une conscience professionnelle constante.

Soucieuse de renforcer ses compétences, elle reprend également le chemin des études à l’âge de 52 ans. Elle réussit le test spécial d’entrée à l’Université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou et y obtient une licence en sociologie.

38 ans au cœur des mutations de l’école burkinabè

Au terme de 38 ans, trois mois et quatre jours de service effectif dans la Fonction publique, Maïmouna Maïga a été témoin de plusieurs évolutions du système éducatif burkinabè. De la pédagogie par objectifs (PPO) à l’approche par les compétences (APC), en passant par l’approche par intégration (API) et l’approche curriculaire, elle a connu différentes orientations pédagogiques mises en œuvre au fil des années.

Durant les 10 dernières années de sa carrière, elle a occupé des fonctions administratives au sein d’une direction centrale, notamment la Direction de la promotion de l’éducation inclusive, de l’éducation des filles et du genre.

Cette expérience a également nourri une autre facette de sa personnalité : l’écriture poétique.

Lire aussi : https://www.moussonews.com/dr-mamounata-belem-ouedraogo-une-pionniere-de-la-recherche-scientifique/

La poésie, une passion longtemps restée discrète

Chez Maïmouna Maïga, la poésie s’est progressivement imposée comme un moyen d’expression complémentaire à son engagement professionnel. Longtemps restée en sommeil, cette passion a trouvé un espace d’expression dans les textes qu’elle écrivait et faisait slamer à l’occasion de sessions de formation, de conférences et de rencontres entre encadreurs pédagogiques.

Ses écrits s’inspirent principalement des thématiques abordées dans ses activités et des sujets qui retiennent son attention. Le thème du Salon panafricain des personnes âgées (SPA) de 2026 lui a ainsi inspiré une œuvre présentée au concours Talents séniors, le 9 octobre 2026.

Cette prestation occupe une place particulière dans son parcours. Elle lui a permis de se faire connaître au-delà du milieu de l’éducation et de toucher un public plus large. Le prix obtenu à cette occasion représente pour elle un témoignage de sa contribution à la créativité des personnes âgées, à la transmission intergénérationnelle et à l’éveil des consciences.

Ses responsabilités professionnelles auront ainsi constitué un véritable tremplin pour son expression littéraire, en lui fournissant des sujets, des expériences et des réalités à traduire en mots.

Lire aussi : https://www.moussonews.com/alice-henry-zango-quand-une-femme-reussit-quelque-part-elle-ouvre-la-porte-a-dautres-femmes/

Maïmouna Maïga est inspectrice d’école admise à la retraite depuis 2022.

Une retraite entre engagement et nouvelles aspirations

Admise à la retraite en 2022, Maïmouna Maïga a continué à mettre son expérience au service de l’éducation. Elle a notamment exercé comme consultante dans le domaine de la promotion de l’éducation des filles, à la demande de certaines structures. Elle a également assuré l’animation d’une commémoration du 8-Mars consacrée au numérique et à l’inclusion des femmes.

Aujourd’hui, elle consacre davantage de temps à la lecture de la Bible et au suivi de l’actualité à travers la télévision et les réseaux sociaux. Elle reconnaît toutefois mener moins d’activités de production intellectuelle qu’auparavant.

Forte de son expérience, l’ancienne inspectrice adresse un message aux enseignantes et aux femmes qui aspirent à faire carrière. Elle les invite à aimer les enfants, à cultiver le goût du travail bien fait et à exercer leurs fonctions avec dévouement et conscience professionnelle. Elle encourage également celles qui le peuvent à concilier leurs responsabilités quotidiennes avec leurs passions personnelles.

Annick HIEN/MoussoNews


En savoir plus sur Mousso News

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Mousso News

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture