Pabré : Le manioc en quête d’industrialisation à la FITAMD

Biscuits, attiéké, couscous, macaroni, farines… La première édition de la Foire de l’innovation, de la technologie, de l’agroalimentaire du manioc et de ses dérivés (FITAMD) s’est tenue du 16 au 18 avril 2026 à Pabré. Elle a réuni plus d’une cinquantaine d’exposants venus des 13 régions du Burkina Faso.

Portée par l’Organisation interprofessionnelle de la filière manioc du Burkina Faso (OIFIMA-BF), cette initiative s’inscrit sous le thème : « Innovations, intensification de la production et industrialisation du manioc : quelles stratégies pour l’atteinte de la souveraineté alimentaire et économique du Burkina ? ».

Pour la présidente de l’organisation, Zoumbara Nana Sabine, l’objectif est avant tout de donner de la visibilité à un secteur encore insuffisamment valorisé. « Nous avons organisé cette foire pour la visibilité de la filière du manioc », a-t-elle indiqué.

Derrière cette vitrine, les difficultés structurelles demeurent selon la présidente de l’OIFIMA-BF. La production nationale reste limitée, notamment en raison de la dépendance à la saison pluviale. Les acteurs font face à un déficit de matière première qui les contraint à se tourner vers les pays voisins pour s’approvisionner. À cela s’ajoute la nécessité d’un accompagnement plus soutenu dans la transformation, afin d’atteindre des standards de qualité adaptés aux exigences du marché.

Zoumbara Nana Sabine présidente de l’OIFIMA-BF.

La présidente insiste également sur le potentiel encore sous-exploité des produits issus du manioc. « Vous-même, vous avez vu les produits transformés par les femmes : des jus, des liqueurs, des vins, des macaroni. Il y en a de tout et ces produits ont besoin d’aller à l’échelle de l’industrialisation », a-t-elle souligné.

Sur les stands, cette diversité est bien visible. Nana Linda, exposante, a présenté du tapioca, de l’attiéké, du gari ou encore du gomi. Elle salue une initiative qui contribue à mettre en lumière les acteurs de la filière et à valoriser leur savoir-faire.

Nana Linda, une exposante à la foire.

Même satisfaction du côté de Géraldine Sawadogo, présente aux côtés de sa mère. Leur stand proposait notamment du gari, du manioc brut et du macaroni à base de farine de manioc. Elle exprime sa reconnaissance envers l’OIFIMA-BF et souhaite voir cette initiative s’inscrire dans la durée, avec des éditions futures encore plus ambitieuses.

Géraldine Sawadogo, présente aux côtés de sa mère à la foire .

Au niveau institutionnel, la tenue de la foire est perçue comme une opportunité stratégique pour le développement local. Le président de la délégation spéciale de Pabré, Jean Baptiste Ouédraogo, y voit un levier de transformation économique pour la commune. « Nous sommes particulièrement honorés d’avoir accueilli cette foire sous-régionale. Elle met en lumière un secteur stratégique pour notre développement. Notre commune est une zone à fort potentiel agricole. Le manioc occupe de plus en plus une place importante dans la production et la transformation », a-t-il déclaré.

La foire a réuni plus d’une centaine de participant.e.s

Tout en saluant l’initiative, il attire l’attention sur les défis auxquels font face producteurs et transformatrices, et appelle à des réponses concrètes. « Cette foire est une opportunité exceptionnelle de découvrir de nouvelles technologies, de favoriser les rencontres entre acteurs et transformateurs, de renforcer le réseautage et les formations », a-t-il ajouté.

La commune de Pabré affiche ainsi ses ambitions pour accompagner la dynamique enclenchée. « La commune de Pabré s’engage dans toutes les actions visant à développer la filière du manioc, à faciliter l’installation d’unités de transformation et à promouvoir les produits locaux », a-t-il promis.

Annick HIEN/MoussoNews

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