Paix et sécurité : La contribution des femmes dans la construction d’une paix durable

Les conflits se multiplient à travers le monde et ne cessent d’impliquer la négociation d’accords de paix. Ces accords longtemps négociés par les hommes se heurtent à une réalité statistique. Inclure les femmes dans les processus de décision s’impose comme une stratégie d’efficacité sécuritaire. Du niveau communautaire aux grands sommets internationaux, la voix des femmes reste souvent marginalisée dans les choix de sécurité nationale. Pourtant, sur le terrain, leur leadership change la donne et contribue à ouvrir la voie à des pactes solides et à impulser le retour à une paix durable.
Les femmes dans les processus de paix
L’inclusion des femmes dans les processus de paix augmente de 20 % la probabilité qu’un accord de paix dure au moins 2 ans, et de 35 % la probabilité qu’il dure au moins 15 ans. Ces chiffres évocateurs montrent que la participation des femmes aux processus de paix permet d’obtenir des résultats plus probants et durables. Pourtant, les femmes restent sous-représentées dans les négociations officielles.

Une évaluation récente des actions de consolidation de la paix dans les zones frontalières du Mali et du Niger faite dans le cadre du projet « Femmes et gestion des conflits liés aux ressources naturelles », a révélé que la participation des femmes à la prévention des conflits est passée de 5 à 25 % entre 2020 et 2022 et a contribué à résoudre plus de 100 conflits liés aux ressources naturelles locales. Plus loin au Soudan, ONU Femmes a soutenu la mise en place d’une coalition de femmes artisanes de la paix et leurs efforts visant à élaborer un plan d’action pour la paix, ce qui a permis leur participation indirecte aux pourparlers de paix à Genève en 2024.
Les évidences laissent voir que lorsque les femmes sont à la table des négociations, la paix est plus probable, plus inclusive et plus durable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le 31 octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité la résolution 1325 qui reconnaît que les femmes et les filles sont touchées par les conflits d’une manière particulière, horrible et qu’il faut y mettre fin. La résolution 1325 a également établi que la participation significative des femmes aux processus de paix est essentielle pour prévenir les conflits, y mettre fin et s’en relever. En effet, plusieurs données confirment que les femmes décisionnaires intègrent des clauses de justice sociale, de réparation pour les violences sexuelles et de réintégration économique et de réhabilitation sociale. Quand les femmes ne décident pas, leurs réalités ne sont pas prises en compte, donc très rarement budgétisées dans les plans de reconstruction ou de consolidation de la paix.
Une contribution d’impact, mais des voix peu prises en compte
Toutes les décisions relatives à la paix et à la sécurité doivent inclure les femmes, en passant de la scène locale à la scène internationale. Une participation égale et significative des femmes garantit l’inclusivité, la légitimité et la durabilité des processus de paix et de sécurité. Cependant, bien que les avantages de l’implication des femmes dans les processus de paix soient reconnus, leurs voix restent faiblement associées aux médiations selon une étude de ONU Femmes.
En 2024, les femmes n’étaient présentes que dans 1 pourparler de paix sur 10. Elles ne représentaient que 7 % des négociateurs et 14 % des médiateurs dans les processus de paix officiels à travers le monde en 2024, et de nombreux pourparlers de paix se tiennent encore sans femme autour de la table.
Représentant une bonne moitié de la population, les femmes subissent à divers niveaux les conséquences des conflits et ont donc un rôle central à jouer dans la construction de solutions en faveur du retour à la paix, de la reprise en main de leur avenir, de leur communauté et de leur pays. Elles doivent être écoutées et impliquées dans la mise en œuvre des interventions d’urgence, mais également dans les processus de décision et de paix. Il est important de veiller à ce que leurs voix soient entendues et considérées comme de réelles actrices de changement !
Cette publication WanaData a été soutenue par Code for Africa et la Digital Democracy Initiativedans le cadre du projet Digitalise Youth, financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD).
SANHOUIDI B. Aurélie
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