Plan RELANCE 2026-2030 : Le Burkina veut bâtir une puissance économique souveraine

Le ministre de l’Economie et des Finances Dr Aboubacar Nacanabo a présenté, devant l’Assemblée législative du Peuple, le Plan national de développement RELANCE 2026-2030, le vendredi 8 mai. Ce programme stratégique ambitionne de refonder durablement l’économie burkinabè autour de la souveraineté productive, de l’industrialisation nationale et du financement endogène.

Le ministre de l’Economie et des Finances Dr Aboubacar Nacanabo a présenté, devant l’Assemblée législative du Peuple, le Plan national de développement RELANCE 2026-2030.

Dans son exposé, l’argentier de l’Etat a défini ce plan comme une rupture avec les modèles économiques jugés extravertis, fondés sur l’exportation des matières premières, la dépendance aux financements extérieurs et l’importation de produits finis. Le Burkina Faso entend désormais privilégier une approche axée sur la production locale, la transformation industrielle, le financement endogène et la création nationale de richesse.

Le Plan RELANCE repose sur la vision de faire du Burkina Faso « une Nation souveraine, résiliente et prospère », à travers un repositionnement stratégique de l’Etat dans l’économie. Le gouvernement mise ainsi sur un Etat stratège, appelé à jouer un rôle central dans l’orientation économique, la supervision des investissements structurants et la préservation des intérêts nationaux.

Le Plan RELANCE est structuré autour de l’acrostiche RELANCE : Réformes structurelles, Economie productive, Leadership de l’Etat, Accélération des investissements, Nation mobilisée, Croissance inclusive et Equité sociale. Le programme ambitionne de transformer durablement l’économie nationale sur la période 2026-2030.
En effet, quatre piliers stratégiques soutiennent cette ambition.

Le premier concerne la sécurité, la cohésion sociale et la paix. Le gouvernement prévoit notamment le recrutement de plus de 50 000 Forces de défense et de sécurité, 60 000 Volontaires pour la défense de la patrie supplémentaires, ainsi que le développement d’une industrie de défense et le renforcement de la coopération sécuritaire dans l’espace AES.

Le deuxième pilier porte sur la refondation de l’Etat et l’amélioration de la gouvernance. Il prévoit une digitalisation massive de l’administration, l’interconnexion des régies financières, la numérisation du cadastre, le déploiement de la facture électronique certifiée et le renforcement de la lutte contre la corruption, la fraude fiscale et douanière.

Le troisième pilier est consacré au développement du capital humain. Il inclut la construction de nouvelles infrastructures sanitaires et éducatives, l’opérationnalisation de Faso Pharma, la formation de spécialistes de santé, le développement de l’enseignement technique et professionnel ainsi que la construction de logements.

Le Président de l’Assemblée Législative du Peuple, Dr Ousmane Bougouma.

Le quatrième pilier, présenté comme le moteur du basculement économique, vise la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle. Il comprend, entre autres, l’aménagement de milliers d’hectares agricoles, la construction de centrales énergétiques, le développement d’infrastructures routières majeures comme l’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso, la finalisation de l’aéroport de Donsin, le développement du Datacenter national Tier 3, l’opérationnalisation de plusieurs unités industrielles et le renforcement des entreprises publiques stratégiques.

Au plan macroéconomique, le gouvernement vise une croissance moyenne de 7,2 % entre 2026 et 2030, une augmentation significative de la puissance énergétique installée, une progression de la part de l’industrie manufacturière dans le PIB et une réduction du déficit budgétaire à 3 % maximum.

Le coût global du plan est estimé à plus de 36 190 milliards FCFA. Selon le ministre, plus de 65 % de ce financement devraient provenir de ressources internes, avec un recours accru à l’actionnariat populaire, aux obligations de la diaspora, au financement participatif patriotique et à divers mécanismes innovants.

Source : Ministère en charge de l’Economie

Annick HIEN/MoussoNews

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