« Pour la CAN féminine 2026, aucune prime n’a été coupée », Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara Ministre en charge des Sports

Nommée à la tête du ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, le 12 janvier 2026, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara accorde sa première interview à Sidwaya. Ancienne internationale burkinabè de handball et cadre de l’administration publique, la ministre revient sur les principales préoccupations du mouvement sportif, notamment la polémique autour des primes des Etalons Dames, les conditions de traitement des sportifs, le retard des subventions aux fédérations et le développement du football féminin. Elle dévoile également sa vision pour un sport burkinabè plus structuré, performant et créateur d’emplois.

Sidwaya (S) : Quels sont vos projets majeurs à la tête de votre département ?

Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara (A.P./Z.O.) : A la tête du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, notre ambition est de faire de ces trois secteurs des leviers majeurs de transformation sociale, d’épanouissement de notre jeunesse et de développement de notre pays. Dans le domaine des sports, nous entendons poursuivre la modernisation et la valorisation de nos infrastructures sportives, renforcer la pratique du sport de masse et des sports scolaire et universitaire, améliorer l’accompagnement de nos fédérations et de nos athlètes et créer les conditions permettant à nos sportifs de mieux représenter le Burkina Faso sur les scènes africaine et internationale. Nous voulons également faire du sport un véritable secteur économique, créateur d’activités et d’emplois. En ce qui concerne la jeunesse, notre priorité est de renforcer son autonomisation, son engagement citoyen et sa participation au développement national. Il s’agit notamment de développer les mécanismes d’accompagnement des initiatives des jeunes, de promouvoir le volontariat et le patriotisme, de soutenir l’entrepreneuriat et de favoriser leur pleine participation à la construction du Burkina Faso que nous voulons. Sur le volet emploi, nous allons poursuivre les actions visant à améliorer l’employabilité des jeunes, à renforcer leur accès aux opportunités d’insertion professionnelle, à promouvoir la formation professionnelle et à soutenir l’entrepreneuriat et l’auto-emploi. Notre objectif est de contribuer à créer des conditions permettant à chaque jeune qui en a les capacités et la volonté, de construire son autonomie économique. Enfin, nous voulons renforcer la synergie entre le sport, la jeunesse et l’emploi, car ces trois domaines sont intimement liés. Le sport peut être un espace de formation, de discipline et de création d’emplois ; la jeunesse constitue notre principale force de mobilisation et d’innovation ; et l’emploi demeure un facteur essentiel d’autonomisation et de cohésion sociale.

S. : Ces dernières semaines ont été très houleuses avec l’actualité autour des primes liées à la participation des Etalons dames, à la CAN féminine ?

A.P./Z.O. : Nous avons effectivement suivi cette actualité sur la question du traitement financier réservé aux Etalons Dames lors de la dernière CAN. Les problèmes évoqués sont vécus diversement depuis plusieurs décennies par l’ensemble des acteurs de notre sport. Et notre mission, c’est aussi trouver des solutions structurantes à toutes ces difficultés de sorte à professionnaliser le sport et permettre aux sportifs d’avoir un meilleur traitement. Mais comme vous le savez, les processus de changement butent souvent sur des obstacles et des oppositions. Mais nous avons foi que ces problèmes structurels trouveront définitivement une solution et ce, dans des délais assez brefs. L’intérêt que les Burkinabè ont porté au sujet montre véritablement leur attachement au sport et surtout leur souhait de voir nos sportifs émerger et exceller à l’occasion des compétitions nationales et internationales. Une fois de plus, nous voyons une grande partie de la population qui, d’habitude ne s’intéressait pas au sport, s’investir pleinement de manière diverse, dans la chose sportive. Pourvu que cela dure et surtout que cela accompagne véritablement le sport dans son ascension professionnel et pas seulement dans sa dimension passionnelle. Cela dit, il est important de mentionner que jusqu’à un passé récent, en dehors du football qui a toujours bénéficié d’une attention particulière, toutes les autres disciplines sportives et de loisirs vivent également ce que l’opinion nationale qualifie “d’injustices”. Pendant plusieurs années, nous avons conduit personnellement des sélections nationales qui ont défendu les couleurs du Burkina Faso, mais nous pouvons vous assurer que ces Etalons sont très souvent partis sans aucune prime de la part de l’Etat, car les moyens faisaient défaut. Il est aussi important de relever que la participation aux compétitions internationales coûte assez cher. Aujourd’hui, nous avons une quarantaine de structures sportives et de loisirs. Imaginez donc à combien s’élève le budget pour la prise en charge des acteurs à chaque fois qu’ils doivent prendre part à des compétitions. Chaque année, il y a des équipes nationales dans certaines disciplines qui n’arrivent pas à prendre part, ne serait-ce qu’à une seule compétition pour des raisons financières. Mais l’Etat fait toujours de son mieux pour donner la chance à toutes les disciplines de sport et de loisirs de défendre les couleurs de la Patrie.

S. : Pourquoi avez-vous mis autant de temps à réagir ?

A.P./Z.O. : Vous savez, à la suite de cette situation, plusieurs réactions, de nature et de portée diverses, ont été enregistrées. La toile s’est rapidement enflammée, donnant lieu à des analyses, des commentaires et parfois à des propos pour le moins préoccupants. Que certains de nos concitoyens aient souhaité obtenir des explications est tout à fait légitime. En revanche, nous avons constaté que beaucoup se sont engagés dans la critique, voire dans l’invective, sans toujours disposer des éléments nécessaires à une appréciation objective de la situation. Dans un souci de responsabilité, de sagesse et d’apaisement, nous avons donc fait le choix de laisser retomber la tension avant de prendre la parole afin d’apporter des réponses claires à celles et ceux qui étaient réellement en quête de vérité. Réagir dans la précipitation aurait pu davantage alimenter la polémique et créer des incompréhensions inutiles. Notre silence n’a donc jamais été un aveu d’indifférence aux préoccupations de nos concitoyens. L’ensemble du gouvernement, sous le leadership du camarade capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, travaille d’arrache-pied, dans la cohésion et avec un seul objectif : servir le peuple et défendre les intérêts supérieurs de la Patrie. En tant que membre de ce gouvernement, nous sommes pleinement engagée dans cette dynamique et assumons notre part de responsabilité dans cette œuvre collective de reconquête et de construction d’un Burkina Faso souverain et digne. C’est également pour cette raison que nous avons choisi de privilégier les colonnes de Sidwaya. Ce choix répond à une volonté de permettre à chaque Burkinabè de prendre connaissance, dans le calme et avec toute l’attention nécessaire, des éléments d’explication que nous apportons. Nous invitons surtout nos concitoyens à poursuivre, avec le même engagement et la même détermination, leur soutien indéfectible au sport national et à nos vaillants athlètes qui portent haut les couleurs de notre Patrie.

S. : Comment allez-vous répondre à toutes ces nombreusespréoccupations de ces sportifs sur leurs conditions globales de traitement ?

A.P./Z.O. : En tant qu’actrice avisée du secteur du sport, je connais déjà toutes ces préoccupations. Il en est de même pour le Mouvement sportif qui en est bien imprégné. D’une manière générale, au fil des années, au regard des nombreux chantiers en matière de développement, le sport n’a pratiquement pas bénéficié de moyens conséquents pour répondre aux attentes des acteurs et du public, parce que longtemps considéré comme un secteur secondaire, non directement productif. Et vous savez que les budgets sont repartis en fonction des priorités nationales ; ce qui est d’ailleurs normal. Toutefois, même si les priorités du gouvernement concernent aujourd’hui l’ensemble des secteurs d’activités, force est de reconnaître que les ressources disponibles ne suffisent pas pour faire face aux préoccupations d’une population de plus en plus grandissante et exigeante. Et dans le domaine du sport également, il y a des priorités. Il s’agit essentiellement des infrastructures et équipements sportifs en quantité et en qualité, de la formation de l’ensemble des acteurs, depuis le bas âge jusqu’au haut niveau, en passant par les encadreurs, les dirigeants, etc.Ici, la question de la relève sportive est fondamentalement une préoccupation pour le gouvernement. Or, il nous faut surtout accompagner administrativement, matériellement et financièrement surtout le grand mouvement sportif constitué essentiellement d’une quarantaine de disciplines sportives reconnues par le Ministère. Nous assurons le financement et la supervision de leurs activités telles que les championnats nationaux et autres compétitions dans les différentes catégories des deux sexes, la prise en charge des équipes nationales dans toutes les catégories, etc.Et à ce niveau, les demandes et les exigences des différentes fédérations sportives et de loisirs sont immenses au regard de l’enveloppe budgétaire allouée. Malgré, l’appui considérable du Fonds d’Appui au Sport et à la Presse privée, Wassa Bondo, l’intervention de l’Etat reste en deçà des attentes des acteurs. Et c’est globalement ce qui explique les montants souvent jugés insuffisants que le Ministère propose à ses sportifs, notamment aux Etalons de toutes les catégories. Malgré ces émoluments, notamment les primes, jugées insuffisantes par la quasi-totalité des acteurs, le Ministère, en collaboration avec le Ministère en charge des finances, a établi des documents officiels qui encadrent globalement les différentes primes servies aux membres des sélections nationales de football. Et c’est sur la base de ces textes que les budgets sont élaborés chaque année. Et notre Président du Faso est très engagé sur les initiatives tendant à l’amélioration globale des conditions d’évolution de l’ensemble des sportifs burkinabè.

S. : Pourquoi le Mali frère donne-t-il 10 millions à ses footballeuses, pendant que nous sommes à 500 000 F ici ?

A.P./Z.O. : Je ne souhaite pas m’appesantir sur les comparaisons qui ont été faites avec les primes servies dans d’autres pays. Je n’ai, du reste, aucune confirmation officielle des montants évoqués sur les réseaux sociaux ou dans certaines déclarations. Chaque Etat définit librement sa politique de prise en charge et de motivation de ses équipes nationales en fonction de ses réalités et de ses priorités. Il n’existe donc pas de barème universel en la matière. Pour notre part, nous estimons qu’il est plus pertinent de nous concentrer sur nos propres réalités et sur les efforts que notre pays peut consentir pour améliorer progressivement les conditions de nos équipes nationales et mieux valoriser les performances de nos athlètes. C’est précisément dans cette dynamique que la référence nationale en matière de primes a été revue, afin de mieux prendre en compte le parcours, les efforts et les performances de nos athlètes. Ainsi, l’arrêté conjoint n° 2026-0052/MSJE/MEF du 15 juillet 2026 est venu abroger et remplacer les dispositions antérieures de 2024. Cet arrêté fixe désormais de manière précise les nouveaux barèmes applicables aux Etalons seniors Dames et à leur encadrement technique. Pour la CAN, la prime de sélection et de regroupement est fixée à 1 000 000 FCFA pour chaque joueuse et à 2 000 000 FCFA pour l’entraîneur national. La prime de qualification est, quant à elle, de 500 000 FCFA pour chaque joueuse et de 1 000 000 FCFA pour l’entraîneur national, servie au prorata du nombre de matchs disputés lors des éliminatoires. En phase de poules, les primes de match sont fixées à 500 000 FCFA par victoire pour chaque joueuse et à 1 000 000 FCFA pour l’entraîneur national. En cas de match nul, la moitié de ces montants est servie. Enfin, des primes de performance progressives sont prévues pour récompenser les résultats obtenus lors des tours éliminatoires et de la phase finale. A titre d’exemple, chaque joueuse bénéficie de 1 500 000 FCFA en quart de finale, de 2 500 000 FCFA en demi-finale et de 5 000 000 FCFA en cas de victoire en finale de la CAN. Des primes spécifiques liées aux médailles sont également prévues en cas de podium. Cela n’exclut pas des primes spéciales laissées à la discrétion de la plus haute hiérarchie en cas de résultats exceptionnels. A travers ces nouvelles dispositions, le gouvernement affirme sa volonté de revaloriser progressivement les primes accordées à nos équipes nationales, tout en les inscrivant dans un cadre réglementaire précis, transparent et adapté aux capacités de notre pays. Vous nous permettrez de rappeler que le camarade capitaine Ibrahim Traoré, lors de la réception des Etalons U20 Hommes, a annoncé que le gouvernement va davantage prendre en compte les préoccupations exprimées par la population, car c’est un Président qui est pleinement à l’écoute de son peuple. Nous œuvrerons pleinement à ses côtés pour que la satisfaction soit au rendez-vous du maximum des bénéficiaires, notamment au niveau du sport féminin. Nous pouvons nous attendre à une dynamique nouvelle en faveur du sport féminin.

S. : Qu’en est-il des primes soi-disant détournées ?

A.P./Z.O. : Je peux simplement vous assurer qu’aucune prime des joueuses n’a été retenue ou coupée. Les vérifications effectuées auprès des acteurs chargés du paiement confirment que les joueuses et les membres de l’encadrement technique ont effectivement perçu leurs primes pour les matchs aller et retour contre le Togo, conformément aux barèmes prévus par l’arrêté conjoint en vigueur, avec deux regroupements pris en compte. En revanche, aucun des acteurs concernés ne reconnaît avoir annoncé les montants de 350 000 FCFA et 100 000 FCFA évoqués dans certaines déclarations. Les pièces disponibles et les vérifications réalisées ne corroborent donc pas ces montants. Que celui qui a les preuves de ces allégations nous les apporte et des dispositions seront prises dans ce sens. Ces opérations sont effectuées, dans le respect des procédures administratives et financières applicables. Chaque paiement donne lieu à l’établissement d’états de paiement et de pièces justificatives, permettant d’assurer la traçabilité des opérations, d’identifier les bénéficiaires et de retracer les montants effectivement versés. Il convient donc de le dire clairement : les agents du Ministère n’ont ni le pouvoir ni la latitude de fixer ou de modifier arbitrairement les montants des primes.

S. : Que pouvez-vous nous dire sur ce football féminin ?

A.P./Z.O. : D’une manière générale, le football féminin est encore jeune, mais connaît aujourd’hui un essor remarquable, aussi bien au Burkina Faso qu’en Afrique et dans le monde. Au Burkina Faso, nous avons connu une certaine évolution dès les années 2000 grâce aux efforts de promotion des pionnières engagées, notamment les camarades Karama et Harvey, qui ont contribué à poser les premières bases du développement du football féminin dans notre pays. Malheureusement, cette dynamique a connu un ralentissement avant le nouvel élan insufflé par la relance de l’USSU-BF à partir de 2007.

Le football féminin a alors progressivement intégré les compétitions scolaires et universitaires, permettant à plusieurs établissements de villes comme Banfora, Gaoua, Koudougou, Ouahigouya, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, de constituer des équipes féminines et de révéler de nombreux talents. Lorsque la Fédération Burkinabè de Football, avec l’accompagnement de la CAF, a ensuite lancé les championnats nationaux de football féminin, plusieurs de ces équipes scolaires ont évolué pour devenir de véritables clubs engagés dans les compétitions nationales.Les résultats que nous enregistrons aujourd’hui sont donc le fruit de ce travail de longue haleine entamé par le Ministère en charge des sports. Il convient, à ce titre, de rendre hommage à tous ces encadreurs, formateurs, éducateurs et acteurs de terrain qui, dans toutes ces villes, ont consacré leur temps et leur énergie à la formation de nos jeunes filles, souvent dans l’anonymat et avec des moyens limités. Il est bon de signaler que les camarades Denis Compaoré, Isabel Tall, Sanata Kassamba, la regrettée Alphonsine Koné et bien d’autres ont été des acteurs majeurs du développement global du football féminin dans notre pays. Ce sont des personnes clés avec qui j’ai travaillé en tant secrétaire exécutive des compétitions du football féminin au sein de la FBF depuis 2020. J’ai donc accompagné ce football féminin durant six ans, dans sa structuration et son développement. Aujourd’hui, le football féminin burkinabè compte trois ligues (L1, L2, L3) qui tiennent régulièrement leur championnat, et la Coupe du Faso, et un nombre croissant d’acteurs. Cette dynamique se consolide davantage sous la gouvernance de la Fédération Burkinabè de Football et grâce à l’accompagnement constant de l’Etat. C’est tout cet ensemble qui anime le football féminin et présente une équipe nationale aujourd’hui représentative sur l’échiquier international.

S. : En tant que Ministre dame, peut-on s’attendre à de grands changements dans le sport féminin ?

A.P./Z.O. : Il faut déjà faire le constat que le sport féminin a beaucoup progressé ces dernières années, en témoigne les nombreuses médailles engrangées par des sportives burkinabè en Afrique et dans le monde. Mais, il ne s’agit pas seulement d’annoncer de grands changements, parce que le département est désormais dirigé par une femme. L’enjeu est surtout de créer les conditions permettant aux filles et aux femmes de pratiquer davantage le sport, d’accéder à la compétition et de progresser vers le haut niveau. Et dans cette optique, il est très important que le sport féminin puisse être accompagné par les hommes. Nous devons y croire. Notre ambition est de renforcer l’accompagnement des sportives, d’améliorer leur accès aux infrastructures et aux équipements, et de travailler avec les fédérations et les autres acteurs du mouvement sportif pour favoriser leur participation aux différentes compétitions. Nous allons également accorder une attention particulière à la relève afin que les jeunes filles qui ont du potentiel puissent bénéficier d’un encadrement conséquent et de perspectives de carrière. Je souhaite aussi que nous travaillions sur les conditions sociales et professionnelles des sportives. Le développement du sport féminin ne peut pas être dissocié des questions de formation, d’employabilité et d’autonomisation. Une athlète doit pouvoir construire sa carrière sportive tout en préparant son avenir. En définitive, le changement que nous voulons impulser doit se mesurer aux résultats : davantage de filles dans les pratiques sportives, plus de femmes dans les compétitions, une meilleure représentation féminine dans les différentes disciplines et, surtout, davantage de Burkinabè capables de porter haut les couleurs du Burkina Faso.

S. : Quelle est votre vision pour le sport burkinabè ?

A.P./Z.O. : Notre vision du sport burkinabè s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP). Nous voulons faire du sport, au-delà de la passion et du loisir, une véritable industrie et un levier de croissance, de création d’emplois décents, de cohésion sociale, de patriotisme et de rayonnement pour la Nation.

Cela passe par un sport accessible à toutes et à tous, la formation et la détection de nos talents, le développement des infrastructures, la professionnalisation des acteurs et la valorisation des métiers et des activités économiques liés au sport. Notre ambition est de bâtir une nation sportive performante et souveraine, qui s’appuie sur ses propres compétences et ressources pour offrir davantage d’opportunités à sa jeunesse et porter haut les couleurs du Burkina Faso sur les scènes africaine et internationale.

S. : On constate un retard dans le déblocage des subventions destinées aux fédérations sportives. Qu’est-ce qui justifie cette situation ?

A.P./Z.O. : C’est vrai qu’au niveau des subventions, les fédérations constatent un retard. Ce retard est en grande partie, lié au fait que certaines structures ne font pas diligence dans la production de leurs pièces justificatives. D’abord, en ce qui concerne le dépôt des rapports, une grande partie des fédérations accuse du retard. Ensuite, elles doivent également fournir les justificatifs sur le plan financier. Or, elles éprouvent des difficultés à accomplir cette importante activité dans les délais. Malheureusement, cela pénalise également les structures qui sont à jour.

S. : Comment une fédération qui n’est pas à jour peut-elle pénaliser les autres ?

A.P./Z.O. : La subvention est globale et toutes les fédérations le savent pertinemment. Cela signifie que le déblocage des fonds destinés aux fédérations ne se fait pas fédération par fédération. Le déblocage se fait de manière globale et les ressources sont ensuite dispatchées aux différentes fédérations. Du coup, lorsqu’une seule fédération ne fournit pas un document justificatif, cela peut pénaliser l’ensemble. C’est en partie ce qui explique que nous nous retrouvions presque après le milieu de l’année, à allouer ces subventions. C’est vraiment regrettable et ce n’est pas une situation satisfaisante. Mais, nous sommes en train de prendre des dispositions pour voir dans quelle mesure résoudre ce problème qui dure depuis plus d’une décennie.

S. : Quels sont les grands projets en cours et à venir pour notre sport ?

A.P./Z.O. : A notre arrivée, nous avions déjà annoncé, le grand projet sur la mise en œuvre d’un grand projet de la relève sportive structurée partant de l’école primaire jusqu’à l’élite en passant par toutes les étapes nécessaires. Cela nécessite de nombreuses infrastructures, équipements et matériels en qualité et en quantité dans les différentes régions du pays. C’est d’ailleurs, une des préoccupations majeures du Chef de l’Etat à travers les Initiatives présidentielles sur la Relève sportive (IP-RELIS).

Nous entendons également accorder un regard soutenu sur les formations des encadreurs, notamment les encadreurs pour atteindre les objectifs fixés. Toutes ces actions seront vaines si nous ne mettons pas un point d’honneur sur la gouvernance globale de notre sport, car c’est un volet qui est fondamental dans le processus de développement du secteur.

S. : Quel message avez-vous à l’endroit du public sportif burkinabè ?

A.P./Z.O. : Nous avons vu des millions de Burkinabè manifester leur intérêt et leur soutien aux Etalons Dames et, plus largement, au sport burkinabè. Nous souhaitons que cet engouement ne se limite pas aux claviers et aux réseaux sociaux, mais qu’il se traduise également par des actes concrets, notamment par une présence régulière dans les stades pour encourager nos footballeuses et nos sportifs. Cette mobilisation populaire contribuera à renforcer la dynamique autour du sport et confortera l’Etat dans ses efforts et ses prises de décisions en faveur de son développement.

Au cours de mes quelques années passées à la tête de la Ligue de football féminin, de football, nous avons vu très peu de médias s’intéresser ainsi au football féminin. Nous les invitons à jouer pleinement leur partition, en contribuant davantage à la promotion, à la visibilité et à la valorisation de ce domaine sportif. Notre cher pays accueille actuellement plusieurs activités sportives d’envergure telles que le IHF Nations Trophy en Handball Dames et la IIe édition des Jeux de la Confédération des Etats du Sahel (JAES), placés sous le Très Haut Patronage du Président du Faso, Président en exercice de la Confédération. J’invite donc le grand public sportif à sortir massivement pour accompagner nos représentants et à faire de ces grands événements sportifs un succès retentissant.

Source: Les Éditions Sidwaya


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