Ramatou Diarra ou le symbole des femmes rurales qui façonnent le monde

À Moussodougou, dans le sud du Burkina Faso, vit Ramatou Sourabié, née Diarra. À 40 ans, mariée et mère de trois enfants, elle incarne le dynamisme et la détermination des femmes rurales qui, par leur courage, leur vision, leur engagement et leur créativité, contribue au développement de leur communauté et bâtissent le monde.
Multi casquettes et multitâches, Ramatou ou le dévouement de la femme rurale
Animatrice, commerçante, entrepreneure agricole et avicole, Ramatou est une grande pionnière. Elle a fondé un centre de fabrication de compost bokashi, dirige une association locale Djinkafo, tient un restaurant baptisé « Neimadan », et commerçante du poisson du barrage de Moussodougou. Ses multiples initiatives lui ont valu la médaille en développement rural en 2025, reconnaissance de son engagement et de son impact sur ses pairs et sa communauté.

Ramatou, un parcours forgé dans la résilience
Son histoire commence très tôt, car enfant, elle vendait des céréales et cultivait du maïs et du riz. Les revenus de ses récoltes, elle les réinvestissait dans le commerce, construisant pas à pas son capital. Mais la vie lui a imposé des revers, notamment la perte de son capital financier. Refusant de céder au découragement, elle s’est formée en entrepreneuriat, en fabrication de bio-insecticides, en production d’anacarde et en élevage de volailles et de petits ruminants. Soutenue par son mari, qui lui a donné accès à la terre, elle a pu relancer ses activités : « J’ai demandé un champ à mon mari pour produire du maïs et du gombo. À la récolte, j’ai obtenu dix sacs de maïs et trois sacs de gombo de 100 kg chacun. J’ai vendu ces produits et réinvesti les revenus dans le commerce », témoigne-t-elle avec fierté.

Entre défis et fierté, Ramatou a un rêve
Aucune initiative humaine n’est sans embûches. Ramatou a dû surmonter la perte de son capital commercial, mais elle s’est relevée grâce à son champ, convaincue que la confiance en soi et la persévérance sont les clés de la réussite. Sa plus grande fierté est de voir les agriculteurs qu’elle a formés produire eux-mêmes du bokashi et de constater que plusieurs femmes ont trouvé un emploi grâce à ses actions. Ses activités contribuent directement au bien-être de sa famille, en assurant la santé et la scolarisation de ses enfants, mais aussi à celui de sa communauté, en diffusant des pratiques agricoles durables et inclusives.
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Son plus grand rêve est de fonder un centre moderne de formation et de production d’intrants bio pour transformer l’agriculture locale.

Consciente des défis auxquels les femmes rurales font face, elle appelle les autorités locales, les ONG et les associations à un accompagnement conséquent et adapté. Ramatou Diarra est l’incarnation vivante de ces femmes rurales qui, par leur ténacité et leur vision, transforment leur environnement et ouvrent la voie à une à une société plus juste et inclusive, où femmes et hommes bâtissent ensemble l’avenir.
NAON Djeneba



