SPA 2026 : Le numérique appelé à rapprocher les générations et préserver la mémoire des seniors

La 3e édition du Salon Panafricain des Personnes Âgées (SPA) s’est ouverte ce mercredi à la Salle des conférences de Ouaga 2000, autour d’un enjeu de plus en plus actuel : la place des seniors dans une société en pleine transformation numérique. Placée sous le thème « Séniors et société numérique : adaptation, inclusion et transmissions intergénérationnelles », la rencontre veut faire du numérique non pas un facteur d’exclusion, mais un outil de dialogue entre les générations.

Pour la promotrice du Salon,Yacine Kindo/Zetiyenga l’enjeu dépasse l’apprentissage des outils numériques. Il s’agit surtout de permettre aux personnes âgées de rester des acteurs de la société, tout en valorisant leur expérience et leurs savoirs. « Une société qui valorise ses aînés est une société qui prépare mieux son avenir », a-t-elle souligné à l’ouverture.
Les deux premières éditions ont, selon elle, déjà montré que les seniors ne sont pas seulement des bénéficiaires d’actions sociales. La première édition avait notamment réuni plus de 700 seniors, plus de 1 500 visiteurs et participants et 40 partenaires et entreprises. Elle avait également favorisé l’émergence d’initiatives entrepreneuriales portées par des seniors, notamment dans la pisciculture et l’élevage de cailles.
Au programme de cette 3e édition: Panels, des masterclass, des formations en IA, des ateliers sur les outils administratifs et numériques du quotidien, des échanges sur la transmission des savoirs et de la mémoire collective, des expositions….

Quand le numérique devient un outil de transmission
Cette 3e édition veut franchir un nouveau cap en rapprochant les seniors de la transformation numérique. Pour la promotrice, les personnes âgées doivent pouvoir apprendre, s’adapter, rester connectées et transmettre.
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Le représentant des seniors du Burkina Faso, Bonaventure Koudougou a, lui aussi, insisté sur cette nécessité. Prenant la parole au nom des personnes âgées, il a reconnu que le numérique « va plus vite » que certaines générations de seniors. Mais, a-t-il défendu, cette différence ne doit pas conduire à leur marginalisation.
Les seniors veulent apprendre à utiliser les outils numériques pour communiquer avec leurs proches, accéder à l’information et aux services, développer leurs activités et rester connectés à leur communauté. Au nom des seniors, il souhaite bénéficier d’un meilleur accès à la formation numérique et voir leurs expériences davantage considérées comme une ressource pour le développement du pays.
Outre, le représentant des seniors a ainsi lancé un appel à la jeunesse : « Apprenez-nous ces choses. Mais, en retour, écoutez-nous aussi ». Pour la représentante du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme Alimata Tany Sawadogo, les jeunes ne doivent pas seulement apprendre le numérique à leurs aînés, mais également apprendre de ces derniers « l’expérience, la sagesse, la mémoire et le sens des valeurs ».
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Transformer la mémoire vivante en mémoire durable
Au-delà de l’inclusion numérique, la question de la préservation du patrimoine culturel s’est imposée comme l’un des enjeux majeurs de cette édition.
À en croire Alimata Tany Sawadogo, sans les sociétés africaines, les personnes âgées ont longtemps joué le rôle de gardiennes de la mémoire collective. Récits, traditions, langues, proverbes, rites, savoir-faire artisanaux, pratiques agricoles ou encore connaissances de la nature se sont transmis pendant des générations par la parole, le geste et la pratique.
La représentante du MCCAT a estimé que les seniors peuvent devenir des acteurs de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine culturel en contribuant à documenter les récits, les savoirs, les traditions et les expériences qui constituent l’identité culturelle. « Avant l’existence des livres et des outils numériques, la parole était déjà une véritable bibliothèque », a-t-il rappelé, soulignant le rôle historique des conteurs, griots, artisans, parents et chefs de famille dans la transmission des connaissances. De son avis, à travers la thématique de cette édition, l’objectif est donc de faire du numérique un moyen de collecter, conserver, documenter et transmettre cette mémoire aux générations futures.
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Faire des échanges du SAPA des actions concrètes
Les organisateurs souhaitent désormais que les réflexions engagées au cours du Salon débouchent sur des initiatives concrètes. Inclusion numérique, accompagnement des initiatives économiques des seniors, transmission des savoirs et préservation du patrimoine culturel figurent parmi les attentes exprimées. Pour les participant.e.s, la vieillesse ne devrait pas être considérée comme un problème à prendre uniquement en charge, mais comme une étape de la vie porteuse de compétences, d’expérience et de savoirs.
Le SPA entend ainsi construire un véritable dialogue entre générations : aux jeunes, l’énergie et la maîtrise des outils numériques ; aux seniors, l’expérience et la mémoire ; au numérique, le rôle de créer les passerelles. Un pari résumé par le représentant des seniors : « Le progrès consiste à faire travailler les générations ensemble. »
Annick HIEN/MoussoNews
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