Sécurité alimentaire : Les engrais subventionnés ont plus que doublé en 2 ans

De 32 687 tonnes en 2023 à 80 301 tonnes en 2025, les quantités d’engrais subventionnés distribuées aux producteurs burkinabè ont enregistré une hausse de plus de 146 % en deux ans. Les semences améliorées ont, elles aussi, plus que doublé sur la période. Ces résultats, issus du suivi citoyen des politiques de sécurité alimentaire et nutritionnelle, ont été présentés le mercredi 24 juin 2026 à Ouagadougou par le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B).
Le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B) a présenté les conclusions de son projet de suivi citoyen des politiques de sécurité alimentaire et nutritionnelle au cours d’un atelier le jeudi 24 juin 2026 à Ouagadougou.
Cette rencontre a réuni des représentants des ministères en charge de l’Agriculture et de l’Action humanitaire, des partenaires techniques et des acteurs du monde paysan.
Selon les données présentées par le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B), les quantités d’engrais subventionnés distribuées sont passées de 32 687 tonnes en 2023 à 74 099 tonnes en 2024, avant d’atteindre 80 301 tonnes en 2025.
La distribution des semences améliorées a suivi la même dynamique. Les volumes sont passés de 7 079 tonnes en 2023 à 8 811 tonnes en 2024 puis à 17 203 tonnes en 2025, soit plus du double en l’espace de deux ans.
Selon le Président du ROPSA-B, Jules Zongo, le projet visait à suivre la mise en œuvre des politiques publiques relatives à la sécurité alimentaire, notamment la distribution des intrants agricoles aux producteurs ainsi que l’assistance alimentaire destinée aux populations vulnérables, en particulier les personnes déplacées internes.
« À travers ce projet, nous avons suivi la mise à disposition des engrais chimiques, de la fumure organique ainsi que l’assistance alimentaire aux personnes vulnérables. Aujourd’hui, nous partageons les résultats obtenus grâce à la collaboration des différents ministères et partenaires », a-t-il expliqué.
Malgré ces progrès, le réseau estime que les efforts restent insuffisants. Les besoins nationaux en engrais sont évalués à près de 1,4 million de tonnes, un niveau encore très éloigné des quantités actuellement distribuées.
Le suivi citoyen a également mis en évidence des insuffisances dans le fonctionnement des boutiques témoins et des points de vente de céréales. Les équipes de terrain ont constaté que plusieurs magasins ne sont approvisionnés que 2 fois par an, alors que 6 approvisionnements annuels sont prévus.
Les participants ont ainsi recommandé une augmentation des quantités de semences améliorées, d’engrais minéraux et organiques, une baisse du prix des sacs d’engrais ainsi qu’une meilleure disponibilité des intrants au niveau des sociétés coopératives et des communes.
Le président du ROPSA-B a par ailleurs salué les efforts de la SONAGES, notamment l’augmentation progressive des stocks céréaliers et les projets visant à porter la capacité nationale de stockage de 100 000 à 500 000 tonnes.
Paul Rouamba, représentant le Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire, a salué le sérieux du travail réalisé par le ROPSA-B. Selon lui, les données présentées reposent sur des éléments vérifiés et constituent un outil d’aide à l’amélioration des politiques publiques en matière de sécurité alimentaire.
La mise en œuvre du projet a bénéficié de l’accompagnement technique du Laboratoire Citoyennetés et de l’appui de la Fondation Hirondelle sur les volets communication et plaidoyer, avec la contribution du ministère de l’Agriculture, du ministère de l’Action humanitaire et de la SONAGES.
À travers ce suivi citoyen, le ROPSA-B entend poursuivre son rôle de veille et de plaidoyer afin de contribuer à des politiques agricoles davantage adaptées aux réalités du terrain. Pour le réseau, les progrès enregistrés sont encourageants, mais devront être consolidés pour garantir une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews
En savoir plus sur Mousso News
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



