SIAO : Des étudiants mobilisés comme interprètes auprès des exposants ghanéens

Au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), la barrière linguistique peut parfois compliquer les échanges commerciaux entre exposants et visiteurs. Pour faciliter la communication entre les artisans ghanéens et le public burkinabè, des étudiants en anglais de l’Université Joseph-Ki-Zerbo se sont mobilisés comme interprètes.
Attentifs aux conversations, ils passent d’un exposant à un autre pour traduire les échanges, renseigner les visiteurs et parfois même contribuer à la promotion des produits.

Étudiante en troisième année de Licence en Anglais à l’Université Joseph-Ki-Zerbo, Ouédraogo Rachidatou participe pour la première fois au SIAO en qualité d’interprète. Elle a découvert cette opportunité à travers un message partagé dans des groupes d’étudiants. Pour elle, c’était l’occasion de mettre ses connaissances à profit, mais aussi de progresser dans sa pratique de l’anglais.
« C’est en même temps une manière de m’améliorer et de les aider », explique-t-elle. Au-delà de la traduction, elle accompagne les exposants dans leurs activités commerciales. Elle interpelle les visiteurs, présente les articles et facilite les négociations. Une présence qui se veut mobile, puisqu’elle intervient auprès de différents stands selon les besoins.

Comme elle, Bambara Zida Jean, étudiant en troisième année de Licence d’anglais, a été informé de l’opportunité par l’intermédiaire d’une amie. Retenu après un entretien avec les organisateurs, il assure principalement l’interprétation entre les commerçants et les clients. Il lui arrive également de participer à la promotion des produits.
Toutefois, l’exercice n’est pas toujours sans difficulté. Certaines négociations commerciales peuvent se révéler délicates, notamment lorsque les propositions de prix des visiteurs ne conviennent pas aux exposants. « On essaie de jongler, de trouver le meilleur moyen de dire certains trucs », confie-t-il. Il évoque également les particularités de certains mots et expressions utilisés par les commerçants, qui nécessitent parfois des explications supplémentaires.

Pour Esther Dabal, également interprète et étudiante en anglais, cette première participation au SIAO constitue une occasion d’apprentissage. Si elle reconnaît qu’il lui arrive d’être bloquée sur certaines expressions, elle n’hésite pas à demander aux exposants de reformuler leurs propos ou à recourir à son téléphone pour trouver le terme approprié. Une manière de renforcer son vocabulaire tout en facilitant les échanges.
Lire aussi : https://www.moussonews.com/siao-2026-la-presidente-du-jury-badolo-agarba-apprecie-la-qualite-des-oeuvr

Bationo Josias, qui intervient lui aussi auprès des exposants ghanéens, relève une autre difficulté : la traduction de certains noms de matériels et d’articles artisanaux. Des termes techniques qu’il ne maîtrise pas toujours en anglais. Il profite alors des échanges pour demander aux commerçants les appellations utilisées dans leur langue et enrichir ainsi ses connaissances.
Au-delà de l’expérience linguistique, les 4 étudiants apprécient les relations nouées avec les exposants. Ils évoquent un accueil chaleureux et des gestes de reconnaissance de la part de certains commerçants. Leur présence contribue également à attirer les visiteurs vers les stands ghanéens.
En effet, cette mission, qui fait l’objet d’une rémunération prise en charge par la partie ghanéenne à travers son Ambassade, mobilise les étudiants durant les journées du Salon, avec des horaires pouvant s’étendre de 8 h à 19 h, voire 20 h selon l’affluence. Pour ces jeunes universitaires, le SIAO dépasse ainsi le cadre d’une simple participation à une manifestation commerciale.
A les entendre, c’est un terrain de pratique, de découverte et d’apprentissage, où les connaissances acquises en salle de cours prennent une dimension concrète. En facilitant le dialogue entre exposants et visiteurs, ils contribuent, à leur manière, à rapprocher les cultures et à donner davantage de visibilité à l’artisanat ghanéen.
Annick HIEN/MoussoNews
En savoir plus sur Mousso News
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



