TGI de Banfora : Un tradi-praticien condamné pour avoir pénétré sa cliente sous prétexte de la soignée

SBM, un marabout à Banfora écope de 7 ans de prison, dont 5 ans ferme pour des faits de viol sur une cliente. Le verdict a été rendu par le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora, après que l’accusé ait pénétré sexuellement sa cliente, dans le prétexte de la soigner d’une maladie.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora a rendu, le mardi 11 août 2026, son verdict dans une affaire de viol impliquant un tradi-praticien. Reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés, SBM a été condamné à 7 ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, ainsi qu’à une amende de 600 000 F CFA ferme. Les intérêts civils de la victime ont été réservés.Les faits remontent au 27 juin 2026 à Banfora. SBM, né en 2001 dans la même ville et exerçant comme tradi-praticien, comparaissait devant la juridiction correctionnelle pour répondre d’une accusation de viol sur une cliente venue solliciter des soins.

Les faits

A la barre, le prévenu a reconnu avoir eu un rapport sexuel avec la plaignante, tout en soutenant que celle-ci était consentante. Selon son récit, la femme s’était d’abord présentée à son domicile, accompagnée de sa belle-mère pour recevoir des soins. Après lui avoir expliqué son problème de santé, elle aurait indiqué souffrir de démangeaisons au niveau des parties génitales.

Le tradi-praticien affirme lui avoir proposé un produit à appliquer sur le pénis avant de l’introduire dans le vagin. Il aurait toutefois conseillé à la cliente d’emporter le produit chez elle afin que son mari puisse procéder au traitement. Celle-ci lui aurait répondu que son mari ne l’accepterait pas. Le prévenu affirme alors lui avoir donné rendez-vous dans l’après-midi afin qu’elle revienne chercher des médicaments. Le soir venu, la cliente serait revenue accompagnée de son beau-frère et d’un enfant. SBM dit avoir demandé au beau-frère de rester à l’extérieur avant d’entrer dans la maison avec la jeune femme. Il reconnaît avoir commencé à lui appliquer des médicaments sur le corps avant d’avoir un rapport sexuel avec elle. Après l’acte, il lui aurait demandé de garder le secret sur ce qui venait de se passer.

« C’était une erreur de ma part »

Interrogé par le président du tribunal sur la possibilité d’administrer le produit directement dans les parties intimes de la femme avec le doigt, SBM répondu par l’affirmative. Il a alors reconnu que le recours au rapport sexuel n’était pas nécessaire et a qualifié son comportement d’erreur.

La version de la victime est cependant tout autre

Elle explique s’être rendue chez sa mère alors qu’elle ne se sentait pas bien, afin que celle-ci l’accompagne chez le tradi-praticien. Après les premiers soins, SBM lui aurait demandé de revenir le soir avec un canari et, surtout, de venir seule.

La victime indique néanmoins être revenue accompagnée de son beau-frère. Une fois sur place, le prévenu aurait demandé à ce dernier de rester dehors avec l’enfant, avant d’entrer dans la maison avec elle.Selon son témoignage, SBM a commencé à lui appliquer des médicaments sur le corps avant de lui expliquer qu’un produit devait être appliqué sur le pénis puis introduit dans son vagin. La femme affirme lui avoir répondu qu’elle préférait emporter le produit pour que son mari puisse effectuer lui-même le traitement. Elle raconte ensuite que le tradi-praticien serait sorti de la pièce avant de revenir poursuivre les soins. Il lui aurait demandé de se retourner. C’est à ce moment, affirme-t-elle, qu’il l’aurait pénétrée contre son gré. Elle dit avoir crié, provoquant le retrait du prévenu.

La victime affirme également que SBM l’aurait menacée après les faits, lui disant que si elle en parlait à quelqu’un, il la rendrait malade. Elle explique finalement avoir informé son mari de l’incident, notamment parce que leur enfant était gravement malade.

Le témoignage du beau-frère

Entendu comme témoin, le beau-frère de la victime a confirmé l’avoir accompagnée chez le tradi-praticien. Il explique que SBM lui avait demandé de patienter à l’extérieur avec l’enfant pendant que sa belle-sœur recevait les soins. Depuis son emplacement, le témoin affirme avoir vu le prévenu sortir à plusieurs reprises de la maison pour se rendre dans une maisonnette où il faisait des incantations, avant de revenir. Il dit avoir observé ses aller-retours à trois reprises. Le témoin précise toutefois n’avoir entendu aucun cri provenant de la maison. Il affirme en revanche avoir constaté un changement de comportement chez sa belle-sœur lorsqu’elle est ressortie du domicile du prévenu. Sur le chemin du retour, elle serait restée silencieuse et aurait eu un comportement inhabituel.

Interrogée par le tribunal sur son éventuelle constitution de partie civile en cas de condamnation du prévenu, la victime a déclaré réserver ses intérêts civils.

Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de retenir SBM dans les liens de la prévention et de le déclarer coupable de viol. Pour la peine, il a requis 7 ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, ainsi qu’une amende de 600 000 F CFA ferme.

De son côté, le prévenu, par la voix de sa défense, a sollicité la clémence du tribunal. A l’issue des débats, le tribunal a finalement déclaré SBM coupable des faits de viol qui lui étaient reprochés. Il l’a condamné à sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme et à 600 000 F CFA d’amende ferme. Le tribunal a par ailleurs réservé les intérêts civils de la victime.

Source: Justice Infos Burkina


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