Bénédicte Reine Kinda : de la communication à la production de fraises

Détentrice de deux licences dont une en communication pour le développement et l’autre en anglais, Bénédicte est la promotrice de “Fraise Bio de Pabré”. Elle développe un amour pour la terre depuis le collègue et elle décide, après deux formations d’incubation, de se lancer dans la production de fraises bio. Les difficultés ne manquent jamais, mais la majeure pour Bénédicte est le problème d’eau. Interview

Présentez-vous à nos lecteurs

Je me nomme Kinda Bénédicte Marie Reine. J’ai une licence en communication pour le développement et une autre en anglais. Je suis, par ailleurs, entrepreneure évoluant dans la production et la vente de fraises bio.

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans la culture des fraises ?

Tout commence par l’amour de la terre. Lorsque j’étais à l’internat, pour les travaux ménagers, j’étais affectée au jardin, c’est de là-bas que naquit mon amour pour la terre. Concernant la fraise, c’était juste une volonté d’essai suite à une formation sur la culture de fraise à laquelle j’ai participé en juillet dernier parce que j’adore ce fruit. J’ai également été bénéficiaire d’une formation de 06 mois sur  la création et la gestion d’entreprise, un projet dénommé GÉNÉRATION FOOD de L’ONG RIKOLTO piloté par la Mairie de Ouagadougou. C’est à l’issue de cette phase d’incubation, que j’ai décidé de reconvertir ma volonté d’essai en une production d’entreprise.

 Vous êtes à vos débuts dans le domaine de l’entrepreneuriat, quelles difficultés rencontrez-vous déjà ?

Le problème d’eau est la difficulté majeure.  j’ai voulu produire les fraises à côté du barrage de Pabré, là je dispose d’un terrain de près de deux hectares, mais l’année surpassée , le barrage a subi des travaux de réaménagement mal fait qui l’a ensablé davantage conduisant à son tarissement.  J’étais donc obligée de produire dans une cour vide clôturée avec  l’eau de l’ONEA, ce qui me revient très très cher les factures d’eau parce que la fraise boit beaucoup surtout pendant sa phase de production.

Bénédicte Reine Kinda : de la communication à la production de fraises 2 Bénédicte Reine Kinda : de la communication à la production de fraises 3

Mais comme on le dit, à toute chose malheur est bon, cette décision de produire dans la cour m’a permis de m’éloigner des zones de contamination parce que je produis du bio et les proximités du barrage exploités par d’autres jardiniers qui produisent des produits maraîchers conventionnels (pesticides et engrais chimiques) pourraient contaminés ma production.

La difficulté de produire avec l’eau de l’ONEA, ce sont les coupures d’eau qui se prolongent des jours durant, et en ce moment, suis obligée de payer pour qu’on m’en apporte avec les polytanks par tricycle. et pour mon champ, il faut au moins 08 polytanks d’eau pour l’arrosage de la journée (04 le matin, 04 le soir) en raison de 2500f par polytank. Actuellement je m’apprête à investir dans la tomate bio  en hors sol pour le  mois de fin mai, juin juillet, mais à penser au problème d’eau, cela me décourage. Mais je trouverai une solution, j’y arriverai.

Vous arrivez à écouler vos fraises?

Bien sûr, j’ai du mal à satisfaire parfois toutes les commandes. Il arrive le plus souvent que  j’exporte mes fraises à l’extérieur du pays ( Côte d’Ivoire, Niger , Ghana). J’ai d’ailleurs une commande pour le Bénin  très bientôt. Je peux même dire que les commandes externes me rapportent plus que celles nationales, parce qu’ici il y a de la concurrence, mais avec le bio que nous produisons on arrive qu’à même à se démarquer et à faire notre place.

Quelles sont les variétés de fraises que vous produisez ?

Dans mon champ, il y a deux variétés de fraises: la camarose et le festival.

Sachant que les fraises sont des fruits saisonniers, qu’est ce que les fraises bio de Padré deviendront après la saison?

Je suis en train de vouloir installer des serres adaptées à la culture de contre saison pour la fraise. Avec ces serres, il y aura en permanence “LES FRAISES BIO DE PABRÉ” en toute période de l’année, certes ces serres sont à des coûts exorbitants, mais j’ai l’espoir d’y arriver “petit à petit”.

Interview réalisée Rachel Bicaba

Moussonews

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