8 mars : “Cœur Solidaire Burkina” mise sur l’autonomisation des femmes plutôt que la fête

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’association Cœur Solidaire Burkina, dirigée par Sandrine Tankoano, a choisi de marquer l’événement autrement. A la place des djandjoba, l’association a consacré la journée à la formation de plusieurs femmes, notamment des déplacées internes, afin de favoriser leur autonomisation économique.

Créée il y a 5 ans, l’association « Cœurs Solidaires du Burkina » mène chaque année des activités qui visent à avoir un impact concret sur la vie des femmes. Pour sa présidente, Sandrine Tankoano, la véritable célébration du 8 mars passe avant tout par l’autonomisation. « C’est bien d’offrir des cadeaux aux femmes ou de les réunir pour manger. Mais le plus important, c’est qu’elles apprennent un métier pour pouvoir subvenir elles-mêmes à leurs besoins. Il y va aussi de leur dignité », explique-t-elle.

Sandrine Tankoano, présidente de l’Association « Coeur solidaire Burkina »

En ce 8 mars 2026, l’association a décidé d’accompagner des femmes et également des déplacées internes de Rayongo. Au total, près d’une quarantaine de participantes ont bénéficié de formations réparties sur deux sites.

Au siège de l’association à Ouagadougou, une vingtaine de femmes ont été initiées à la préparation de l’attiéké, une semoule de manioc très prisée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Sur le site de déplacés à Rayongo, celles-ci ont appris la saponification, notamment la fabrication de savon liquide et du savon traditionnel communément appelé « kabakourou ».

Les femmes ont été formées à la saponification

Ayant débuté le 7 mars 2026, les apprenantes ont déjà acquis des bases solides, selon les encadreurs.

Parmi elles figure Zenabou Kafandon, déplacée interne. Pour elle, cette formation représente une véritable opportunité de reconstruire sa vie. « Si après la formation nous avons des kits de démarrage, je promets d’en faire un métier qui pourra me rapporter des revenus », affirme-t-elle avec détermination.

Zenabou Kafandon, déplacée interne

Assèta Nacoulma, mère de famille sans source de revenus, partage le même espoir. Louche en main, elle s’active autour de la marmite d’attiéké, attentive aux gestes de la formatrice. « Nous remercions l’association. Nous avons bénéficié de formations en pagne koko dunda, en attiéké et en fabrication de savon. Cela sera très important pour nous », confie-t-elle, avant de confier qu’elle compte déjà au sortir de la formation, se lancer dans la commercialisation de l’attiéké, quelle fabriquera elle-même.

Assèta Nacoulma

Les formations sont assurées par des anciennes bénéficiaires de l’association, comme Bibata Nombré/Maïga et Madeleine Daganon. Après avoir elles-mêmes été formées dans des activités génératrices de revenus, telles que le tissage, la confection des pagnes koko dunda, la saponification ou encore la préparation d’attiéké, elles transmettent à leurs tours, leurs compétences à d’autres femmes.

Bibata Nombré/Maïga et Madeleine Daganon les 2 formatrices

« Grâce à ces formations, nous produisons des pagnes tissés, du koko dunda, du savon et de l’attiéké que nous vendons pour générer des revenus. Nous souhaitons que les femmes formées repartent avec un savoir qui leur permettra de s’autonomiser », explique Bibata Nombré/Maïga.

Les bénéficiares avec l’attiéké

Depuis 2021, l’association « Cœur Solidaire Burkina » mène des actions en faveur du bien-être des familles, des femmes et des enfants, avec un accent particulier sur l’autonomisation économique.

Lire aussi: Pabré : Des femmes déplacées internes formées à la saponification pour renforcer leur autonomie – Mousso News

À l’occasion de son 5e anniversaire prévu fin avril, les femmes déplacées internes formées lors de ce 8 mars vont recevoir leurs attestations ainsi que des kits de démarrage pour lancer leurs activités. Les bénéficiaires de la formation en attiéké vont également recevoir le matériel nécessaire à sa préparation, tandis que celles formées à la saponification vont recevoir aussi leurs équipements.

Diane SAWADOGO/ MoussoNews

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