Il était une fois, Célestine Ouezzin Coulibaly, première femme politicienne du Burkina

Institutrice devenue figure politique majeure, Célestine Ouezzin Coulibaly a ouvert la voie aux femmes dans l’univers politique du Burkina. Première femme ministre et parlementaire, elle s’est démarquée par son rôle décisif dans la lutte pour l’indépendance et l’émancipation féminine.
Dans l’histoire politique du Burkina Faso, Célestine Ouezzin Coulibaly, née Macoucou Traoré vers 1910, fait partie de ces femmes qui ont laissé une empreinte. Première femme ministre et parlementaire du pays, elle a consacré sa vie à l’indépendance de la Haute-Volta et à la promotion de la femme africaine.

Originaire de Sindou, dans l’actuelle région des Cascades, Célestine voit le jour en Côte d’Ivoire, au sein d’une grande famille de 39 enfants.
À une époque où peu de filles avaient accès à l’école, Macoucou se distingue par son intelligence et sa persévérance. Après ses études, elle devient institutrice, faisant partie des rares femmes instruites de son époque.
En 1930, elle épouse Daniel Ouezzin Coulibaly, figure politique majeure et cofondateur, aux côtés de Félix Houphouët-Boigny, du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). L’année suivante, elle se convertit au christianisme et prend le nom de Célestine Marie Marthe.
Aux côtés de son mari, Célestine s’engage activement dans la lutte politique contre le système colonial. Elle prend la tête de la section féminine du RDA, d’abord en Côte d’Ivoire puis en Haute-Volta.
Le 24 décembre 1949, elle devient l’une des figures emblématiques de la marche des femmes de Grand-Bassam, un événement historique visant à réclamer la libération de militants du RDA emprisonnés par l’administration coloniale française. Aux côtés de militantes comme Anne-Marie Raggi et Lucie Traoré née Kaboré, elle mobilise des centaines de femmes, affirmant ainsi leur rôle dans la lutte pour l’indépendance.
Après la disparition de son époux en 1958, Célestine poursuit seule le combat politique. Cette même année, elle est nommée ministre des Affaires sociales, de l’Habitat et du Travail, devenant ainsi la première femme ministre du Burkina Faso.
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Entre 1959 et 1961, elle siège au Sénat de la Communauté française, représentant la Haute-Volta. Puis, de 1959 à 1965, elle entre dans l’histoire en devenant la première femme parlementaire du pays.
Son engagement ne se limite pas à la politique : Célestine s’attache également à éveiller la conscience des femmes voltaïques, les encourageant à participer activement à la construction de la nation et à revendiquer leurs droits.
Figure de proue du combat pour l’émancipation des femmes africaines, Célestine Ouezzin Coulibaly a tracé la voie pour de nombreuses générations.
Grâce à son courage et à son sens du devoir, elle a ouvert la porte aux femmes à occuper les hautes fonctions politique au Burkina Faso.
Diane SAWADOGO/ MoussoNews



